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La banquise arctique a atteint son maximum annuel

02/04/2019

Le maximum d'extension de la banquise arctique a été atteint le 13 mars 2019. Selon le National Snow and Ice Data Center (NSIDC), il est de 14,78 millions de kilomètres carrés, soit la septième valeur la plus basse depuis le début des mesures, ex æquo avec 2007.

Superficie de la banquise de mer arctique le 13 mars 2019, avec la bordure médiane des glaces selon la normale 1981-2010 en orange (et en jaune les données manquantes). © NSIDC.
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Le 13 mars dernier, l'extension des glaces arctiques s'établissait à 14,78 millions de km², soit 860 000 km² de moins que le maximum moyen sur la période 1981-2010 (15,64 Mkm²), et 370 000 km² de plus que le plus bas maximum de 14,41 millions de km² établi le 7 mars 2017 (voir le tableau ci-dessous). Avant 2019, les quatre plus basses extensions maximales se sont produites entre 2015 et 2018.
On peut noter que la date du minimum (13 mars) a été très proche de la date médiane sur 1981-2010 qui est le 12 mars.

Rang

Année

Surface (Mkm²)

Date

1

2017

14,41

7 mars

2

2018

14,48

17 mars

3

2016
2015

14,51
14,52

23 mars
25 février

5

2011
2006

14,67
14,68

9 mars
12 mars

7

2007
2019

14,77
14,78

12 mars
13 mars

9

2005
2014

14,95
14,96

12 mars
21 mars

Les 10 plus basses extensions de la banquise arctique depuis le début des mesures satellite en 1979 (source : NSIDC).


Un début de fonte rapide pour la saison


En dernière décade de mars, un temps très chaud pour la saison s'est installé en Arctique, avec une baisse rapide de l'étendue des glaces dans les mers périphériques du bassin arctique, et notamment en mer de Béring. Cette situation se poursuit en ce début d'avril, les plus fortes anomalies de températures délaissant cette fois les mers de Beaufort et de Béring pour toucher les mers de Kara, de Laptev et de Sibérie Orientale.

Évolution quotidienne de l'étendue de banquise arctique au 1er avril 2019. En jaune : la courbe de 2019 ; en pointillé : celle de 2012, année du record minimum historique ; en gris : médiane sur 1981-2010. © NSIDC.
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Simulation des anomalies de températures moyennes moyennées sur les 10 prochains jours par le modèle GFS. © Climate Change Institute.
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Au 31 mars 2019, déjà plus de 600 000 km² de banquise sont partis, essentiellement dans les mers périphériques (Béring, bassin du Saint-Laurent, Okhotsk). De manière plus surprenante, la banquise de la mer des Tchouktches pourrait avoir entamé sa fonte. Ces 600 000 km² représentent une diminution de l'extension par rapport au maximum de près de deux fois la normale. C'est aussi une diminution de 4,1 % au 31 mars 2019 par rapport au maximum, une valeur inédite depuis 1979. À l'époque, qui coïncidait avec le début des mesures satellite, au 31 mars, on avait perdu l'équivalent de 4,3 % du maximum alors beaucoup plus élevé (16,59 Mkm²).

À noter qu'avec ce début de fonte rapide, l'extension de la banquise arctique est à un niveau record pour un 31 mars et un 1er avril : jamais l'étendue des glaces de mer n'avait été si faible pour un tout début avril !

 

Actualité par Météo-France