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Pluie et soleil : un contraste nord-sud très marqué début mars

15/03/2019

Après un mois de février très sec, cette première quinzaine de mars 2019 a été très perturbée et humide au nord et très sèche au sud-est. Le changement de type de temps a en effet été très net, avec l'installation de conditions dépressionnaires et d'un flux océanique humide, venteux et doux concernant une large moitié nord de l'Hexagone.

Ce régime de temps, dit « NAO+ » ou « oscillation nord-atlantique positive », est caractérisé par des basses pressions plus intenses que la moyenne climatologique sur le nord de l'Atlantique (ici plus particulièrement sur le nord des îles Britanniques) et, à l'inverse, des hautes pressions plus intenses plus au sud entre les Açores et la péninsule Ibérique.

 

Pression atmosphérique moyenne (réduite au niveau de la mer) du 1er au 14 mars 2019.
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Le « rail des perturbations » atlantiques débordant sur une large moitié nord du pays a donc apporté un excédent bienvenu de pluie (et de neige en montagne sur les massifs de l'Est et les Alpes du Nord) accompagné d'un déficit d'ensoleillement. Au contraire, sur le pourtour méditerranéen, le temps est resté très sec et bien ensoleillé (effet de « foehn » par vents d'ouest à nord-ouest).

Néanmoins, un changement de temps est en vue pour la semaine prochaine, avec le retour très probable de conditions anticycloniques sur la France à partir du mardi 19 mars et ce au moins jusqu'au vendredi 22, ce qui devrait favoriser le retour du soleil sur une grande partie du pays, avec des conditions plus sèches, au moins temporairement.

Un début mars bien arrosé sur une large moitié nord...

Sur la moitié nord et surtout au nord de la Loire, les cumuls de pluie sur la première quinzaine de mars approchent ou dépassent la moyenne d'un mois de mars entier, donc correspondent parfois à plus de 2 fois les cumuls d'une première quinzaine de mars « moyenne ».

* 101 mm à Belfort ;
* 75 mm à Lille (1,3 fois le cumul d'un mois de mars entier « moyen »), première quinzaine de mars la plus arrosée depuis le début des mesures, battant les 66 mm de 1981 ;
* 71 mm à Nancy, approchant de près son record de la première quinzaine de mars la plus arrosée, datant de 1971 ;
* 65 mm à Châteaudun (1,5 fois le cumul d'un mois de mars entier « moyen »), première quinzaine de mars la plus arrosée depuis le début des mesures, battant les 58 mm de 2018.

...contrastant avec une sécheresse méditerranéenne durable

Pendant ce temps, sur les régions du Sud-Est, le temps sec qui s'est durablement installé depuis la fin décembre 2018, s'est poursuivi en ce début mars.

Cumuls de pluie très faibles depuis le début du mois de mars :
* 0,0 mm (« pas une goutte ») à Nice, Le Luc, au Cap Cépet (Var), à l'Ile Rousse, à Figari ou au Cap Corse ;
* 0,2 mm à Cannes, Istres, Béziers ou Sète ;
* 0,6 mm à Marseille-Marignane.

 

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Mais c'est surtout depuis le début de l'hiver astronomique (ou hiver calendaire, qui avait débuté le 21 décembre) que le déficit de pluie est remarquable : l'hiver astronomique 2018-2019 devrait se placer parmi les plus secs sur certaines villes situées entre le Roussillon, le Languedoc, la Provence et l'est de la Corse.

Quelques cumuls de pluie du 21/12/2018 au 14/03/2019 (c'est-à-dire depuis le début de l'hiver astronomique) (sachant qu'aucune pluie significative, ou très peu, n'est prévue d'ici l'équinoxe de printemps du 20 mars, sauf quelques averses en Corse) :

14,6 mm à Béziers (depuis l'ouverture récente de la station en 1993, c'est le 2e hiver astronomique le plus sec derrière les 6,2 mm de l'hiver 2011-2012) ;
15,1 mm à Marseille-Marignane : depuis le début des mesures en 1921, seul l'hiver astronomique 1999-2000 avait été plus sec (6.2 mm) !
19,4 mm à Perpignan, où il devrait s'agir de l'hiver astronomique le plus sec depuis le début des relevés fin 1924 (battant les 25,0 mm de 1994-1995) puisqu'un temps sec y est prévu jusqu'à l'équinoxe ;
30,4 mm à Solenzara (côte orientale de la Corse), battant provisoirement le record de l'hiver 2006-2007 (44,6 mm ; mesures depuis fin 1961) mais quelques averses y sont prévues mardi ou mercredi prochain.


Ensoleillement contrasté

Le régime océanique perturbé de ce début mars et son lot de perturbations et de passages nuageux se traduit aussi naturellement par un ensoleillement déficitaire sur la moitié nord, contrastant avec le mois de février qui avait été exceptionnellement ensoleillé sur une grande partie de la France.

Quelques durées d'ensoleillement contrastées en ce début mars, cumulées sur la période du 1er au 14 mars (entre parenthèses, les déficits ou excédents par rapport à la moyenne climatologique sur cette même période) :

21 heures à Rouen (-61 %) ;
23 heures à Charleville-Mézières (-57 %) ;
26 heures à Luxeuil (-60 %) ;
26 heures à Saint-Quentin (-54 %) ;
27 heures à Saint-Dizier (-57 %) ;
28 heures à Nancy (-52 %).

 

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Le pourtour méditerranéen a en revanche poursuivi la tendance ensoleillée déjà en place depuis le début de l'année.

Ensoleillement remarquable dans le Sud-Est depuis le début de l'année (durée d'ensoleillement cumulée du 1er janvier au 14 mars, quelques exemples notables) :
530 heures au Luc, Var (+26 %), un record sur la période, battant les 499 heures de 1998 ;
489 heures à Bastia aéroport (+29 %), un record sur la période, battant les 457 heures de 1961 ;
526 heures à Nice (+23 %) ;
516 heures à Marseille-Marignane (+21 %).

Actualité par Météo-France