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État de l'extension de la banquise arctique au 20 février

20/02/2019

En janvier, l'extension de la banquise arctique est restée bien en dessous de la normale, même si les températures ont été beaucoup plus proches de la moyenne que les années précédentes. À quelques semaines du maximum d'extension, on peut d'ores et déjà dire que, contrairement aux 4 hivers précédents, on ne battra pas de record de plus faible extension en mars.

Figure 1 : extension mensuelle moyenne de la banquise arctique - janvier 1979 à 2019 
Figure 1 : extension mensuelle moyenne de la banquise arctique - janvier 1979 à 2019 - © NSIDC
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Janvier plus froid que les mois précédents

L'extension des glaces de mer arctiques moyenne en janvier a atteint 13,56 million de kilomètres carrés, une valeur qui se situe 860 000 km² sous la normale 1981/2010 et 500 000 km² au-dessus du précédent record de janvier 2018. D'après le National Snow and Ice Data Center(NSIDC), janvier 2019 détient la sixième valeur d'extension moyenne la plus basse pour janvier depuis le début des mesures satellites en 1979. La tendance linéaire au déclin de la banquise de mer est de 46 700 km² par année, ce qui correspond encore une baisse de 3% par décade.

Figure 2 : extension de la banquise arctique au 19 février 2019; à cette date, l'extension se situe au neuvième rang des plus faibles extensions avec 14,49 millions km² 
Figure 2 : extension de la banquise arctique au 19 février 2019; à cette date, l'extension se situe au neuvième rang des plus faibles extensions avec 14,49 millions km² - © NSIDC
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Les conditions plus fraîches en janvier que les années précédentes (il faut remonter à 15 ans, janvier 2004, pour avoir un mois de janvier globalement plus froid en Arctique, d'après la Figure 3) ont sans doute permis d'avoir un bon taux d'accroissement quotidien de la glace durant le mois, de l'ordre de 51200 km² par jour, plus élevé que la normale. La banquise s'est accrue principalement en mer de Béring et d'Okhostsk côté Pacifique, ainsi que vers la mer de Kara et la mer du Labrador côté Atlantique. Ce taux "relativement correct" se poursuit en février, et au 19 février (cf. Figure 2), l'extension de la banquise arctique atteint 14,49 Mkm², au neuvième rang des valeurs les plus basses. Février 2019 sera au final bien meilleur que février 2018, dont l'extension moyenne avait été la plus faible depuis le début des mesures satellites.

Figure 3 : classement des mois les plus chauds sur 41 années de mesures (le chiffre 1 correspond au mois le plus chaud, 41 correspond au mois le plus froid); sont prises en compte les zones polaires au-dessus de 70° nord de latitude, pour le paramètre température à 925 hPa (vers 750 m d'altitude)
Figure 3 : classement des mois les plus chauds sur 41 années de mesures (le chiffre 1 correspond au mois le plus chaud, 41 correspond au mois le plus froid); sont prises en compte les zones polaires au-dessus de 70° nord de latitude, pour le paramètre température à 925 hPa (vers 750 m d'altitude) - © Zachary Labe
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Un répit : pas de record d'extension basse cette année

Contrairement aux 4 hivers précédents, dont les trois derniers ont été marqués successivement par des vagues de chaleur exceptionnelles en pleine nuit polaire, cet hiver ne battra pas de record d'extension basse. Il est vraisemblable que la valeur maximale finale soit entre la 7e et la 10e extension maximales la plus basse. 

Actualité par Météo-France