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Antarctique : extension minimale record de la banquise

08/01/2019

Au 1er janvier 2019, l'étendue de la banquise antarctique atteignait 5,47 millions de km². Sur les 40 années de mesures réalisées par satellites, il s'agit d'un record bas à cette date, avec 30000 km² de glace en moins que lors du précédent record de 2017. Le déficit par rapport aux normales 1981-2010 atteint 1,88 millions de km², ce qui représente un manque de 26 % de l'extension moyenne attendue à cette période de l'année.

Durant le mois de décembre 2018, la banquise a fondu à un taux record de 253000 km² par jour, proche de ceux enregistrés en 2010 et 2005, et bien supérieur au taux moyen de 214000 km² par jour, calculé sur 1981-2010. Il reste encore plusieurs semaines avant le minimum annuel mesuré entre fin février et début mars. Si le début de la fonte estivale est alarmant, rien ne laisse présager de la suite, et d'un éventuel record bas de l'étendue minimale en 2019. Le précédent record bas, particulièrement tardif, date du 3 mars 2017 avec une étendue de 2,10 millions de km².

Étendue de la banquise antarctique au 1er janvier
Étendue de la banquise antarctique au 1er janvier 2019 - © NSIDC
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Un comportement plus complexe que l'Arctique

Les anomalies positives de températures observées depuis quelques semaines sur la zone Antarctique ont probablement contribué à ce déficit de la banquise, même s'il y a d'autres facteurs plus difficiles à prendre en compte. L'Antarctique a en effet un comportement plus complexe que l'Arctique. Il y a encore 4 ans, l'étendue de la banquise antarctique était régulièrement excédentaire. Ce n'est que depuis 2017 qu'on constate des déficits plus récurrents.

Étendue de la banquise antarctique durant les 6 dernières années en couleur, médiane sur la période 1981-2010 en trait gris
Étendue de la banquise antarctique durant les 6 dernières années en couleur, médiane sur la période 1981-2010 en trait gris - © NSIDC
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Étendue globale aux niveaux des records bas

Extension de la glace globale
Extension de la glace globale - © NSIDC/NASA
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En considérant la glace totale, englobant Arctique et Antarctique, l'étendue se situe à des niveaux records en ce début 2019.

Ce constat s'inscrit dans un contexte de changement climatique, avec une sensibilité accrue sur les zones de glace, soumises à des rétroactions positives. En effet, la fonte des glaces de mer, qui renvoient davantage de rayonnement vers l'espace que l'eau libre ou un sol déneigé en raison d'un plus fort albédo, entraîne une augmentation de la quantité d'énergie solaire absorbée par la Terre. Elle accélère par conséquent le réchauffement climatique.

L'année 2018 ne fait pas exception. En moyenne annuelle, les anomalies chaudes sont plus marquées en Arctique, en particulier dans le détroit de Béring et autour de l'archipel de Svalbard, mais aussi plus localement en Antarctique, en Terre de Coats.

Anomalie de la température de surface du globe de janvier à décembre 2018 par rapport à la période 1981-2010
Anomalie de la température de surface du globe de janvier à décembre 2018 par rapport à la période 1981-2010 - © Copernicus Climate Change Service / ECMWF
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Actualité par Météo-France