Imprimer Envoyer á un ami

Des avions de ligne pour mesurer la composition de l’air (colloque)

15/05/2014

Recueillir des données précises, nombreuses et fréquentes sur la composition chimique atmosphérique est essentiel pour prévoir la qualité de l'air et modéliser le climat. Depuis 1994, grâce au programme MOZAIC, puis à son successeur IAGOS, de telles mesures sont effectuées depuis des avions de ligne embarquant des capteurs et équipements spécifiques.
Près de deux cents chercheurs se réunissent à Toulouse, au centre de conférences de Météo-France, du 12 au 15 mai pour un colloque scientifique célébrant les 20 ans de MOZAIC et dressant les perspectives ouvertes par IAGOS. Ce colloque est organisé par Airbus, qui a accueilli sur son site industriel la session d'ouverture, et le Laboratoire d'Aérologie. Météo-France y est étroitement associé.
 

image IAGOS

        © IAGOS Cliquez sur l'image pour l'agrandir


Qualité de l'air et étude du climat
Météo-France est impliqué dans les programmes MOZAIC et IAGOS depuis leurs genèses. Comme plusieurs services météorologiques, l'établissement a développé et met en œuvre quotidiennement un modèle de prévision de l'air, Mocage, sur lequel s'appuie le dispositif national de prévision de qualité de l'air Prev'Air. Les mesures de la composition atmosphérique sont nécessaires pour valider et alimenter de tels modèles. Elles sont aussi employées par les chercheurs pour la compréhension des mécanismes climatiques et la surveillance des évolutions du climat : les interactions entre le rayonnement, les aérosols et les différents composants chimiques de l'atmosphère – dont les gaz à effet de serre – sont en effet une des clés essentielles du dérèglement climatique actuel. De telles observations, compilées depuis vingt ans, s'avèrent ainsi très utiles à la validation des  modèles du système climatique terrestre utilisés pour les scénarios futurs.
 
Des mesures in situ, fréquentes et régulières
Les avions de ligne sont d'excellents candidats pour transporter des capteurs de composition de l'air. Contrairement aux moyens d'observation traditionnels (réseaux au sol, ballons sonde ou satellites), les avions commerciaux permettent d'effectuer des mesures in situ fréquentes et régulières, sur une gamme d'altitudes allant du sol jusqu'à 12 kilomètres. Les mesures de vent, de pression et de température effectuées par les instruments de bord des avions de ligne sont d'ailleurs déjà utilisées au quotidien dans les modèles de prévision du temps.

MOZAIC : le précurseur
Forts de ces constats,  des scientifiques européens, Météo-France, Airbus et des compagnies aériennes (Lufthansa, Air France, Sabena et Austrian) ont initié en 1994 le programme MOZAIC (Measurement of OZone and water vapour by AIrbus in-service airCraft) afin de collecter des données expérimentales de gaz  tel que l'ozone ou la vapeur d'eau en routine sur cinq avions commerciaux. Le programme a duré 17 ans.
La base de données recueillies a été et est encore utilisée par une cinquantaine de groupes de recherches internationaux pour étudier le bilan de l'ozone troposphérique, pour valider les produits dérivés des observations satellites et les modèles de qualité de l'air, et pour évaluer l'impact du trafic aérien sur le climat.

IAGOS : des données en temps réel
En 2005, l'Europe a décidé de consolider l'action menée dans le cadre de MOZAIC en finançant le programme IAGOS (In-service Aircraft for a Global Observing System), mené par plusieurs centres de recherches en France (Météo-France, CNRS, CNES, Airbus), en Allemagne et en Angleterre. Ce programme vise à disposer d'une flotte de 20 avions équipés à l'horizon 2020.

Le réseau garantira la fourniture d'observations in situ de grande qualité sur les gaz à effet de serre, les gaz réactifs, les aérosols et les particules nuages au niveau de la tropopause. Afin de répondre aux besoins opérationnels de la prévision de la qualité de l'air, ces capteurs ont aussi vocation à transmettre leurs données dans des délais proches du temps réel. Météo-France, seul service météorologique national impliqué dans le programme IAGOS, s'attache à faciliter la mise en place de la diffusion et de la réception des données sur le réseau météorologique mondial. L'établissement a notamment fait développer un système de transmission temps réel par satellite, qui sera installé sur les avions identifiés dans le cadre de IAGOS. Les données recueillies constitueront une base extrêmement riche pour les services météorologiques nationaux effectuant des prévisions de qualité de l'air, ainsi que pour le programme Copernicus, qui vise notamment à mettre en place un système de prévision de qualité de l'air à l'échelle du globe et de l'Europe.

Plusieurs compagnies aériennes sont déjà partenaires du projet (Air France / KLM, Lufthansa, China Airlines, Cathay Pacific, Iberia…) et continuent ainsi d'écrire la longue histoire commune de l'aviation civile et de la météorologie.

 

 

 

Actualité par Météo-France