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Une première moitié d’automne estivale au nord

17/10/2018

La première moitié de l'automne météorologique (qui s'écoule du 1er septembre au 30 novembre) a été marquée sur le quart nord-est de la France par une pluviométrie très déficitaire, un ensoleillement généreux et des températures souvent au-dessus des normales. Cette situation s'explique par la persistance de hautes valeurs de pression liées à un anticyclone sur l'est de l'Europe ainsi que par la présence des dépressions atlantiques. Celles-ci détournent le mauvais temps soit vers le nord des Îles britanniques, soit vers le bassin occidental de la Méditerranée où elles ont généré plusieurs épisodes pluvio-orageux aux conséquences dramatiques ces dernières semaines entre l'Espagne et le sud-est de la France.




Anomalie normalisée du champ de pression à moyenne atmosphère (niveau 500 hPa : environ 5500 mètres)

La sécheresse météorologique joue les prolongations dans le nord et l'est

La combinaison d'un manque de pluie et d'un ensoleillement important couplé à des températures élevées en journée entretient la sécheresse superficielle des sols qui se situe parfois à des niveaux record pour la saison comme c'est le cas du nord du Massif central à la Franche-Comté, l'Alsace et la Lorraine comme le montre la carte ci-dessous :



Au niveau ensoleillement, l'excédent dépasse 50 % près des frontières belge et allemande. Même si on n'atteint pas l'ensoleillement exceptionnel de l'automne 1959, la station de Charleville-Mézières (qui dispose de données seulement depuis 1990) a largement battu son record pour la période du 1er septembre au 16 octobre avec 334 heures de soleil contre 308 heures en 2003. Même constat pour les précipitations : même si le déficit pluviométrique dépasse parfois les 80 %, le début d'automne avait encore été souvent légèrement plus sec en 1985 à quelques exceptions près comme Saint-Etienne qui n'a vu que 22 mm du 1er septembre au 16 octobre (contre 28 en 1985).


Une mi-octobre exceptionnelle en France et en Europe

A l'échelle nationale, les journées du vendredi 12 et plus encore samedi 13 octobre ont été les plus chaudes jamais observées pour une deuxième décade d'octobre avec des valeurs record dans de nombreuses stations :

Ville : Température maximale  (Précédent record (date)
Strasbourg : Le 12 octobre 27,4°C (26,3°C le 16/10/2017)
Calais : Le 13 octobre 26,3°C (26,1°C  le 16/10/2017)
Metz : Le 13 octobre 26,5°C (25,2°C le 16/10/2017
Nancy : Le 13 octobre 27,1°C (25,4°C  le 14/10/1990)
Paris : Le 13 octobre 27,2°C (26,4°C le 11/10/1921)
Bourges : Le 14 octobre 28,8°C (26,8°C  le 13/10/1990)
Châteauroux : Le 14 octobre 29,5°C (28,0°C le 15/10/1930)

En Europe, de nombreux records sont également tombés sur la même période entre le Benelux, l'Allemagne et la Scandinavie, il s'agit parfois de records mensuels comme en Finlande qui n'avait jamais franchi la barre des 20°C en octobre :

Pays-Bas : 28,1°C à Ell
Allemagne : 28,3°C à Lingen et Münster/Osnabrück jour de chaleur* le plus tardif à Berlin, 25,6°C le 13
Norvège : 25,5°C à Tafjord
Suède : 24,0°C à Malilla
Finlande : 20,9°C à Kruunupyy
 
En fait, c'est quasiment toute l'Europe, de la France à la Russie occidentale qui connaît une douceur tardive remarquable :
 


Anomalie de température au sol en Europe du 10 au 16 octobre (C) Karsten Haustein

A Paris, une séquence chaude inédite !

La station de Paris-Montsouris a connu 7 jours de chaleur* consécutifs du 10 au 16 octobre, du jamais vu aussi tardivement à la station (on avait connu une séquence aussi longue mais début octobre en 1921, du 2 au 8 octobre, et plus récemment une séquence plus longue de 9 jours en 2011 entre le 25 septembre et le 3 octobre). Ajouté aux chaleurs observées depuis fin avril, l'année 2018 avec 98 jours de chaleur bat largement le précédent record de nombre de jours de chaleur datant de 1947 (87 jours), ce qui est le cas de nombreuses villes françaises en 2018.

* : température maximale supérieure ou égale à 25°C
 



 

Actualité par Météo-France