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Septembre 2018 : poursuite de conditions estivales

05/10/2018

Les conditions anticycloniques ont perduré sur la France durant ce mois de septembre, s'accompagnant de températures chaudes et d'un ensoleillement exceptionnel. La pluviométrie a été très déficitaire avec ponctuellement des épisodes pluvio-orageux sur le sud et l'est du pays durant la première quinzaine, puis du 20 au 23 le passage de deux perturbations sur la moitié nord.
 

Pression au niveau de la mer. Moyenne du 1er au 30 septembre 2018. © Météo-France
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Les températures sont restées supérieures aux normales durant la quasi-totalité du mois. Les maximales ont été en moyenne sur la France 4 à 8 °C au-dessus du 9 au 12 et du 16 au 20. Du Sud-Ouest au Nord-Est et aux Alpes, la température moyenne a été 2 à 4 °C au-dessus des valeurs de saison. En moyenne sur la France, la température moyenne de 19 °C a été supérieure à la normale de 1.7 °C.
 
Les précipitations, quasi-absentes, ont été très peu abondantes sur le pays. Le déficit a été notamment très marqué, dépassant souvent 80 %, sur le Sud-Est, le littoral atlantique ainsi que de la Bourgogne aux Pays de la Loire. En moyenne sur l'ensemble du pays, le déficit pluviométrique a atteint 70 %. Septembre 2018 se classe ainsi au 3e rang des plus secs sur la période 1959-2018 (derrière 1977 et 1985).
 
Le soleil a été extrêmement généreux sur la quasi-totalité du pays. Ainsi, l'ensoleillement a été excédentaire de plus de 30 % sur une grande partie de l'Hexagone plaçant ce mois de septembre parmi les plus ensoleillés avec septembre 1997 et septembre 1985.
 
Évolution des températures minimales et maximales quotidiennes en France par rapport à la normale quotidienne
© Météo-France
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Écart à la moyenne mensuelle de référence 1981-2010 de la température moyenne en France, en septembre 2018  Rapport à la moyenne mensuelle de référence 1991-2010 de la durée d'ensoleillement

Cumul des précipitations en France, septembre 2018  Rapport à la moyenne mensuelle de référence 1981-2010 des cumuls de précipitations en France, septembre 2018

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Faits marquants

Températures chaudes pour le 6e mois consécutif
 
Les températures sont restées durablement chaudes en France métropolitaine au cours des six derniers mois. Sur la période avril-septembre 2018, l'indicateur national de température moyenne (*) a conservé des valeurs supérieures aux normales de plus de 1 °C. La France a déjà connu d'autres périodes chaudes de plusieurs mois consécutifs. 
 
Depuis 1900, une telle succession de mois chauds a été observée seulement à sept reprises : en 1945, 1947, 2003, 2009, 2015, 2017 et 2018.
 
En 2003, de mars à septembre, les températures sont restées supérieures aux normales avec une anomalie chaude moyenne de +2 °C, comprise entre +0,4 et 4,2 °C selon les mois.  
 
En 2018, sur les six derniers mois, l'anomalie chaude moyenne a été de +1,9 °C comprise entre +1,3 et +2,7 °C selon les mois.
Cette période chaude est remarquable en intensité, mais demeure légèrement en deçà de 2003.
 
(*) : indicateur calculé à partir de 30 stations de référence réparties sur le territoire (sur la période 1900-2018)
 

Températures exceptionnelles en altitude

Il a enfin gelé au Pic du Midi le 1er octobre ! Le mercure n'était pas descendu en dessous de 0 °C depuis le 14 juin, soit une série de 108 jours consécutifs sans gel. Du jamais vu au Pic du Midi à 2880 mètres d'altitude depuis le début des relevés en 1878. Depuis le 1er juin, la température minimale est descendue en dessous du seuil des 0 °C à seulement 6 reprises, comme en 2003, alors qu'en moyenne sur cette période, le thermomètre descend en dessous de 0 °C à plus de 20 reprises.
 
Dans les Alpes, en Haute-Savoie, à l'Aiguille Rouge, à 2365 mètres d'altitude, le nombre de jours de gel a été de seulement 2 jours en 2018 mais le record non égalé date de 2003 avec 1 seul jour de gel sur ces 4 mois.  
 
En Savoie, au Mont-Cenis, à 2032 mètres d'altitude, aucun jour de gel n'a été enregistré durant cette même période, comme en 2003, alors que la moyenne sur les 25 dernières années est de 6 jours de gel.
 
D'autre part, en plaine, sur la moitié sud du pays, plusieurs villes ont connu en 2018 leur mois de septembre le plus chaud : Bourg-Saint-Maurice (Savoie, depuis 1946) avec 18,6 °C de température moyenne mensuelle, Socoa (Pyrénées-Atlantiques, depuis 1921) avec 21.2 °C, Toulouse (Haute-Garonne, depuis 1947) avec 21,7 °C, Ajaccio (Corse-du-Sud, depuis 1949) avec 22,5 °C et Nice (Alpes-Maritimes, depuis 1942) avec 23,1 °C.
 
Les températures maximales ont également été exceptionnellement élevées pour un mois de septembre. Des records du nombre de jours chauds (avec température maximale supérieure ou égale à 25 °C) ont été battus avec 20 jours chauds à Bourg-Saint-Maurice, 21 jours à Ambérieu (Ain), 26 jours à Toulouse et jusqu'à 29 jours à Nîmes (Gard).
 
Assèchement généralisé des sols superficiels en septembre
 
De janvier à mi-juin 2018, la pluviométrie a généralement été abondante, avec un excédent de plus de 30 % en moyenne sur le pays. Sur la période 1959-2018, cet excédent est remarquable, proche du record mesuré en 1988. Ainsi, à la mi-juin, l'indice d'humidité des sols sur la France avait atteint un niveau exceptionnellement élevé. 
 
Le déficit de précipitations a ensuite été important sur une grande partie du pays notamment sur un large quart nord-est : le Grand-Est, le département de l'Aisne, la Bourgogne-Franche-Comté, le nord d'Auvergne - Rhône-Alpes et le Limousin. Il a souvent atteint 50 % sur la période juin à septembre.
 
Ainsi, ce déficit pluviométrique combiné aux températures élevées persistantes depuis six mois a accentué la sécheresse des sols superficiels déjà observée début septembre sur un large quart nord-est du pays. Cette sécheresse superficielle des sols s'est étendue à la quasi-totalité de l'Hexagone.
 
Indice d'humidité des sols agrégé en France au mois de septembre 2018
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Actualité par Météo-France