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Minimum annuel de la banquise arctique

27/09/2018

Le minimum annuel d'extension de la banquise* arctique a été atteint tardivement cette année. Selon le National Snow and Ice Data Center (NSIDC), il est d'environ 4,6 millions de kilomètres carrés, soit la sixième valeur la plus basse depuis le début des mesures, ex aequo avec 2008. 
 

Un contexte climatique variable au cours de la saison

Le 23 septembre, l'extension des glaces arctiques s'établissait à 4,59 millions de km². Soit 1,81 millions de km² de moins que la normale 1981/2010 pour ce jour de l'année, mais 1,01 million de km² de plus que le record bas pour cette date, établi en 2012. Les conditions plutôt fraîches observées en juillet ont certainement joué un rôle dans le ralentissement du taux de fonte estivale. Si le passage du nord-est (le long de la Sibérie) était ouvert cet été, le passage du nord-ouest (grand Nord canadien) est resté encombré de glace toute la saison. 
Superficie de la banquise de mer arctique le 23 septembre 2018 (en bleu) comparée à la surface de la banquise en 2012 (en blanc), l'année du record de plus faible extension.
© NSIDC
 
Durant la première quinzaine de septembre, le taux moyen de fonte a été de 25 000 km² par jour, soit une valeur voisine de la normale à cette époque de l'année. Les températures sur le bassin arctique étaient souvent proches des normales, à l'exception notable de la mer de Sibérie orientale, où les températures ont excédé les moyennes saisonnières de 7 à 9 °C. Cet excédent thermique a engendré une fonte tardive (jusqu'en dernière décade de septembre) de la banquise dans cette région du bassin arctique. 
 
Anomalie de géopotentiel à 500 hPa sur les 26 premiers jours de septembre. L'anomalie positive centrée sur la mer de Béring est remarquable. © Météo-France 
 
Ces températures particulièrement élevées pour la saison s'expliquent par un blocage de hautes pressions, particulièrement fort en première quinzaine de septembre, centré sur la mer de Béring. Ce blocage, couplé à de basses pressions en mer des Laptev, a conduit à un afflux d'air chaud en provenance du sud sur la mer de Sibérie orientale. 
 

Un minimum tardif

La date du minimum a été de ce fait tardive, 9 jours plus tard qu'en moyenne. Depuis le début des mesures en 1979, seul 1997 a connu un minimum aussi tardif (le 23 septembre). Les minima les plus précoces ont été observés un 5 septembre, en 1980 et en 1987. 
 

Rang

Année

Superficie du minimum d'extension (M km²)

Date du minimum

1

2012

3,39

17 septembre

2

2016

2007

4,14

4,15

10 septembre

18 septembre

4

2011

4,34

11 septembre

5

2015

4,43

9 septembre

6

2008

2018

4,59

4,59

19 septembre

23 septembre

8

2010

4,62

21 septembre

9

2017

4,64

13 septembre

10

2014

5,03

17 septembre

Tableau récapitulatif des 10 plus basses extensions minimales de banquise arctique. © NSIDC
 
*Couche de glace formée à la surface de la mer par congélation d'eau salée.
 

Actualité par Météo-France