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Juin-juillet secs au Nord

31/07/2018

Malgré les passages nuageux et les quelques averses orageuses de ces derniers jours dans le Nord-Ouest, la tendance inscrite depuis le début de l'été météorologique ne s'est pas démentie avec un temps plus sec que de coutume sur le nord et l'est du pays, bien arrosé ailleurs. Idem pour l'ensoleillement excédentaire au nord et localement déficitaire au sud.
 

Sécheresse remarquable au Nord

Si les orages ont parfois largement arrosé le sud-ouest de la France, au sud et à l'ouest d'une ligne passant de Dinard à Nice, les régions au nord et à l'est de cette ligne connaissent un déficit en pluie, important de la Côte d'Opale aux Flandres où l'on bat parfois des records sur cette période avec un déficit avoisinant 80 à 90 % par rapport aux normales*.
 
Ville Record de faible pluviométrie sur juin-juillet 2018 (en mm) Précédent record (année)
Calais 12 33 (1996)
Lille 21 39 (1945)
Amiens 22 53 (1989)
Dieppe 23 31 (1976)
Dunkerque 24 29 (1921)
 
À la même période, certaines villes du Sud et de l'Ouest battent le record inverse de forte pluviométrie. C'est le cas de Thouars (Deux-Sèvres) avec 241 mm (contre 183 en 1977), Dax (Landes) avec 353 mm (contre 279 en 1977) ou encore Sartène (Corse-du-sud) avec 141 mm (contre 124 en 2014).
Rapport à la moyenne saisonnière de référence 1981-2010 des cumuls de précipitations, en été 2018.
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Des températures élevées, surtout au Nord

À l'échelle nationale, le duo juin-juillet 2018, avec une anomalie chaude d'environ 2 degrés, arrive au 3e rang derrière ceux de  2003 et 2006. Mais la région Nord connaît une anomalie plus importante, de l'ordre de 2,7 °C, ce qui place l'année 2018 légèrement devant 1976 et 2006 pour les mois de juin-juillet les plus chauds. C'est en fait le mois de juillet qui présente cette année une anomalie chaude plus remarquable avec des valeurs parfois très proches du mois de juillet le plus chaud précédemment observé, à savoir 2006. C'est le cas notamment à Lille, Rouen, Saint-Quentin (dans l'Aisne) avec des températures maximales moyennes autour de 28 °C du 1er au 30 juillet, soit 5 degrés au-dessus des normales* (Lille a d'ailleurs battu son record historique de chaleur avec 37,6 °C le 27 juillet).
Écarts à la référence 1981-2010 de la moyenne des indicateurs de température moyenne du 1er juin au 30 juillet de 1947 à 2018.
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Forte chaleur également au nord de l'Europe

L'établissement de conditions anticycloniques ces dernières semaines de l'Angleterre à la Scandinavie a préservé ces régions de l'influence rafraîchissante des vents d'ouest venus de l'Atlantique. Elles ont donc connu une séquence remarquable à la fois par la sécheresse (sur plusieurs mois consécutifs) et par la chaleur. Un paroxysme a été atteint à la fin du mois de juillet avec des maximales de 38 °C localement atteintes au Benelux le 27 (36 °C à Amsterdam et Rotterdam, 37 °C à Anvers), 35 °C à Londres le 26 et 34,6 °C à Oslo le 27 (battant le précédent record absolu de chaleur de 34,2 °C le 3 août 1982). La nuit suivante fut également extrêmement chaude à Oslo avec une minimale nocturne de 23,9 °C pulvérisant un ancien record de 1941. Oslo a connu une température maximale moyenne de 28,6 °C ce mois de juillet, comparable à celle observée habituellement à Carcassonne ou Ajaccio.
 
Animation : anomalies hebdomadaires en juillet 2018 en Europe (source : NOAA)
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*Moyennes climatologiques calculées sur la période 1981-2010.
 

Actualité par Météo-France