Imprimer Envoyer á un ami

État de la banquise

04/05/2018

En avril, l'extension moyenne de la banquise du bassin arctique est restée particulièrement basse, proche du record mensuel. En effet, la glace qui recouvre le bassin arctique en ce printemps est une glace de première année, donc peu épaisse, susceptible de fondre rapidement.

Avril 2018 au niveau du record d'avril 2016

Carte de l'extension moyenne de la banquise durant le mois d'avril 2018

Extension moyenne de la banquise durant le mois d'avril 2018 © NSIDC
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

 

L'extension moyenne des glaces de mer arctiques a atteint 13,7 millions de km² en avril, une valeur très proche d'avril 2016 qui détenait le record de plus basse extension pour ce mois (cf. figure 2). 

Comme après l'hiver 2017, l'extension de la banquise était particulièrement basse en mer de Barent et de Béring (cf. figure 1). La mer de Béring bat tous les records d'extension minimale de banquise depuis cet automne. La banquise fond de plus en plus tôt, de plus en plus fort, et de plus en plus vite, formule qui pourrait résumer l'évolution de la banquise en mer de Béring ces dernières années.  
Évolution de l'extension moyenne des glaces de mer dans le bassin arctique
Figure 2 : évolution de l'extension moyenne des glaces de mer dans le bassin arctique © NSIDC
 

Une banquise plus jeune donc plus fine

Début mars 2018, il n'y avait pratiquement aucune glace de plusieurs années en mer de Beaufort, des Tchouktches, de Sibérie de l'est, de Laptev, de Kara de Barent (cf. figure b). On ne constate qu'une fine langue de glaces pluri-annuelles de l'archipel canadien jusqu'à la région du pôle nord. La situation est comparable à celle de 1984 (cf. figure a). En moyenne sur l'Arctique (cf. figure c), la proportion de glace pluri-annuelle a décliné de 61% en 1984 à 14% en 2018, une proportion record.
 
Par ailleurs, on ne compte cette année qu'1% de glaces d'âge supérieur à cinq ans, ce qui constitue également un record. Ce fait est plutôt étonnant car il n'y a pas eu de record d'extension basse en septembre 2017, on pouvait donc s'attendre à une proportion de glaces pluri-annuelles plus importante en mars.
En fait, cet hiver, une grande partie de ces glaces "moins jeunes" a été exportée hors du détroit de Fram*, par l'effet mécanique des courants. 
L'âge de la banquise étant fortement corrélée à son épaisseur (plus la banquise est jeune, moins elle est épaisse), tout laisse à penser qu'une fonte de grande ampleur et précoce pourrait s'opérer cet été, si les conditions météorologiques sont favorables.
 
répartition de la banquise durant les neuf premières semaines de l'année selon l'âge de la glace (glace d'1 an, de 2 ans, de 3 ans, de 4 ans, et d'au moins 5 ans) en 1984
Figures 3 : répartition de la banquise durant les 9 premières semaines de l'année selon l'âge de la glace (glace d'1 an, glace de 2 ans, de 3 ans, de 4 ans, et d'au moins 5 ans) en 1984 (figure a), en 2018 (figure b), et évolution des différentes catégories de glace depuis 1984 (figure c). La figure d représente simplement le domaine d'étude du bassin arctique © NSIDC
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)
 

* Le détroit de Fram est un détroit séparant le Groenland et l'archipel du Svalbard dans la mer du Groenland.

Actualité par Météo-France