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Recherche : atténuer le changement climatique avec des cultures intermédiaires

13/04/2018

Les mesures de limitation des émissions des gaz à effet de serre permettront difficilement de limiter la hausse de température à la surface du globe dans les proportions arrêtées lors de la COP 21 (au-dessous de 2 °C). Les techniques dites de géo-ingénierie, c'est-à-dire de manipulation du climat, peuvent se révéler être un recours essentiel dans la lutte contre le changement climatique. Ainsi, des chercheurs du Centre national de recherches météorologiques* et du Centre d'études spatiales de la biosphère** ont quantifié l'atténuation climatique qui pourrait être obtenue si l'on ajoutait des cultures intermédiaires sur les parcelles agricoles. Ces cultures intermédiaires seraient ajoutées pendant les périodes où le sol est généralement à nu. 
Champ de blé en herbe, en Beauce. © Météo-France, Pascal Taburet 
 

Recouvrir les sols agricoles nus

Les techniques de géo-ingénierie, mises en œuvre pour agir sur le climat de notre planète, consistent soit à réduire la concentration de CO2 dans l'atmosphère en le piégeant dans le sol ou la végétation, soit à augmenter la part de rayonnement solaire vers l'espace. Déployer des cultures intermédiaires sur les terres agricoles permettrait de cumuler les deux effets. Recouvrir ces sols de végétation augmente en général leur albédo, c'est-à-dire la fraction d'énergie solaire qu'ils renvoient. De plus, en enfouissant les cultures intermédiaires dans le sol, après plusieurs mois de développement, on améliorerait sa fertilité tout en stockant du carbone.
 

Des effets cumulés qui compensent partiellement les émissions de gaz à effet de serre

A l'aide d'observations satellites, les chercheurs ont quantifié l'effet albédo auquel ils ont ajouté l'effet du stockage de carbone et de la réduction des besoins en engrais. L'introduction de cette pratique en Europe permettraient de compenser près de 7 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre*** du secteur agricole et forestier en Europe, où les surfaces cultivées représentent 20 % du territoire. Cette technique présente l'avantage d'être à tout moment réversible et de pouvoir être mise en place progressivement. La viabilité de cette solution reste à être approfondie au regard des rétroactions possibles au niveau climatique et écologique, de contraintes économiques et de critères éthiques en comparaisons à d'autres techniques de géo-ingénierie (telle l'injection d'aérosols dans la haute atmosphère). 
 
 
*CNRM, Météo-France/CNRS/Université de Toulouse.
**CESBIO, Université Toulouse III - Paul Sabatier/CNRS/CNES/IRD/INRA.
***En prenant les émissions de l'année 2011 comme référence.

Actualité par Météo-France