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Retour sur la tempête Eleanor des 2 et 3 janvier

04/01/2018

La tempête qui a balayé la France est associée à une dépression creusée à 969 hPa qui a circulé des îles Britanniques vers la mer du Nord et la Scandinavie. Cette tempête a été nommée Eleanor par le service météorologique irlandais car elle a d'abord concerné l'Irlande. Les plus fortes rafales de vent ont été générées par un front froid particulièrement actif sur la moitié nord du pays.

En cours de la journée du 3 janvier, la tempête a gagné les Alpes, puis le Sud-Est et la Corse en soirée.

Les régions les plus touchées ont été le Grand-Est et les Hauts-de-France (58 % du territoire avec des vents supérieurs à 100 km/h), la Corse (56 % du territoire avec des vents supérieurs à 100 km/h) et la Normandie (50 % du territoire avec des vents supérieurs à 100 km/h).

Voir le tableau à la fin de l'article.

Comparaison avec des tempêtes remarquables

Les valeurs mesurées dans l'intérieur des terres sont restées inférieures aux valeurs enregistrées lors des tempêtes historiques. Par exemple, à Paris, les rafales avaient atteint 169 km/h le 26/12/1999 lors de la tempête Lothar (record absolu pour la capitale) et plus récemment 122 km/h le 28/02/2010 lors du passage de la tempête Xynthia.
 

La tempête Eleanor a touché plus de 25 % du territoire avec des vents supérieurs à 100 km/h. Cette tempête est comparable en terme de surface impactée à la tempête Zeus de l'hiver dernier (6 mars 2017) ou encore à la tempête Joachim (16 décembre 2011). Les tempêtes Lothar et Martin de fin décembre 1999 comme la tempête Xynthia des 27 et 28 février 2010 avaient en revanche concerné plus de 50 % du territoire. Les rafales supérieures à 120 km/h ont touché environ 5 % du territoire contre 8 % pour Zeus, 13 % pour Xynthia et plus de 30 % pour Lothar et Martin.

Phénomènes associés

Les fortes rafales ont notamment occasionné de nombreux dégâts, des coupures d'électricité et des perturbations dans les transports.

La conjonction de fortes vagues, d'une surcote importante et de coefficients de marée élevés ont provoqué localement des débordements sur le littoral atlantique et les côtes de la Manche.

Sur le relief des Alpes, le manteau neigeux a été fragilisé par les températures très douces depuis plusieurs jours et par les précipitations abondantes associées au passage des tempêtes Carmen et Eleanor. Le risque d'avalanches de 5 est à son niveau maximal. Les précipitations ont également engendré des coulées de boue.

La valeur observée de 111 km/h à Paris correspond à une durée de retour de l'ordre de 5 ans. Localement des valeurs de durées de retour de 20 ans ont pu être observées comme à Saint-Quentin, voire centennale comme à Cambrai.


(Cliquer sur la carte pour l'agrandir)

Pour en savoir plus sur l'historique des tempêtes en France métropolitaine, consultez notre site dédié

 

Région

Ville

Rafales maximales relevées (km/h)

Littoral de la Manche

 

120 à 140

 

Dieppe (76)

137

 

Cap de la Hève (76)

129

 

Boulogne-sur-Mer (62)

129

 

Brignogan (29)

125

Intérieur des terres

 

>100, localement 110 à 130

 

Cambrai (59)

147

 

Aéroport de Metz-Nancy-Lorraine (57)

134

 

Saint-Quentin (02)

131

 

Nonsard (55)

129

 

Aéroport de Bâle-Mulhouse

127

 

Caen (14)

123

 

Changis (77)

123

 

Saint-Arnoux (60)

120

 

Troyes (10)

117

 

Roissy (95)

117

 

Strasbourg (67)

116

 

Chouilly (51)

114

 

Paris (75)

111

 

Bouleville (27)

111

 

Clermont-Ferrand (63)

111

Massif vosgien

   
 

Markstein (68 – Altitude 1184 mètres)

171

 

Ballon de Servance (70 – Alt. 1213 m)

161

Massif central

   
 

Prat-de-Bouc (15 – Alt, 1405 m)

155

Alpes

   
 

Mont-Cenis (73 – Alt, 2032 m)

158

 

Giez (74 – Alt, 478 m)

143

 

L'Alpe-d'Huez (38 – Alt, 1860 m)

137

Région PACA

   
 

Saint-Cézaire-sur-Siagne (06)

177

 

Saint-Raphaël (83)

152

Corse

   
 

Cap Corse (2B)

196

 

La Chiappa (2A)

180

 

L'Île-Rousse (2B)

179

 

Figari (2A)

125

 

Bastia (2B)

120

 

Actualité par Météo-France