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Meteosat a 40 ans

22/11/2017

Le premier satellite géostationnaire européen, Meteosat-1, a été lancé le 23 novembre 1977. Depuis, les observations satellitaires se sont enrichies pour devenir incontournables pour la prévision numérique du temps

Le 23 novembre 1977, le satellite Meteosat-1 est lancé depuis la base américaine de Cap Canaveral en Floride et vient se positionner à 35 880 km d'altitude, à l'amont de l'intersection du méridien de Greenwich et de l'équateur. Le 9 décembre 1977, toutes les 30 minutes, des images du disque terrestre comprenant l'océan Atlantique, l'Europe et l'Afrique, dans trois domaines (visible, infrarouge et vapeur d'eau), sont réceptionnées et traitées à Darmstadt (Allemagne), et en France, au Centre de météorologie spatiale (CMS) de Lannion.

Meteosat-1 permet alors à l'Europe de suivre les masses nuageuses au-dessus du continent comme le font les USA au-dessus des Amériques depuis le lancement du satellite SMS (Synchronous Meteorological Satellite) le 17 mai 1974.

Un défi technologique européen

L'aventure Meteosat a mobilisé plusieurs pays européens (Belgique, Danemark, France, Italie, République fédérale d'Allemagne, Royaume-Uni, Suède et Suisse). Leurs efforts conjoints ont permis de développer des lanceurs capables de mettre en orbite des satellites géostationnaires à 35 880 km au-dessus de l'équateur, se déplaçant donc à la même vitesse angulaire que la Terre. La construction en Europe des satellites météorologiques a été confiée à l'Agence spatiale européenne (ESA). Tous les satellites Meteosat, à l'exception du premier, ont été lancés depuis la base spatiale guyanaise de Kourou. Le succès de cette coopération conduira à la création de l'Organisation européenne pour l'exploitation des satellites météorologiques (EUMETSAT) en 1986.

Depuis 1977, le traitement et la technologie des instruments embarqués ont bien évolué. En combinant les canaux, des images en composition colorée voient le jour en 1986. Il s'agit d'images de synthèse apportant aux utilisateurs des informations sur la structure, l'épaisseur et l'altitude des nuages. Dès 1990, les chaînes de télévision les intègrent dans leurs bulletins de prévision météorologique. 

Des images de plus en plus riches

La première série des Meteosat (1 à 7) a été suivie de satellites de seconde génération (MSG) qui continuent à porter le nom de Meteosat (de 8 à 11). Les images sont obtenues à une fréquence plus élevée (toutes les 15 minutes) et les informations se sont considérablement enrichies, avec désormais 12 canaux d'observation, une résolution spatiale de 3 km pour onze d'entre eux et de 1 km pour le canal « visible à haute résolution » (HRV). Ces mesures sont d'une aide considérable pour les prévisions à court terme de phénomènes météorologiques violents ou à développement rapide, tels que la neige, les orages et le brouillard. Actuellement, la surveillance de l'Europe et de l'Afrique de l'Ouest est assurée par des satellites de seconde génération avec Meteosat-10, lancé le 5 juillet 2012, comme satellite principal.

Une 3e génération pour 2021

Une nouvelle génération de Meteosat (MTG) est en préparation, avec un premier lancement à l'horizon 2021. Ce nouveau programme comprend six satellites géostationnaires (quatre satellites pour l'imagerie – MTG-I – et deux satellites de sondage – MTG-S) qui seront placés entre 10° Est et 10° Ouest de longitude. Outre une imagerie de pointe grâce à l'imageur FCI (Flexible Combined Imager), les satellites MTG disposeront de toutes nouvelles capacités de sondage infrarouge et de détection des éclairs afin de déclencher une alerte en cas de développement d'orages violents. Les satellites MTG-S emporteront également la charge utile Sentinel-4. Sentinel-4 est un instrument dédié à la surveillance de la qualité de l'air du programme européen Copernicus qui a pour objectif de rassembler l'ensemble des données obtenues à partir de satellites environnementaux et d'instruments de mesure in situ afin de produire une vue globale et complète de l'état de notre planète. Cela conférera aux satellites Meteosat une capacité nouvelle d'analyse de la chimie atmosphérique et d'identification des concentrations de gaz.

Actualité par Météo-France