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Sécheresse des sols superficiels au 30 mai 2017

31/05/2017

Malgré une pluviométrie en moyenne proche de la normale, la sécheresse des sols* s'est accentuée fin mai, suite aux fortes chaleurs sur la majeure partie du pays. Elle reste toutefois moins sévère et plus localisée que lors de la sécheresse exceptionnelle du printemps 2011.

Alternance de conditions anticycloniques et perturbées en mai

Après un mois d'avril très peu arrosé, le mois de mai a débuté avec un indice d'humidité des sols partout déficitaire, excepté sur le quart sud-est. Jusqu'au 20 mai, les passages perturbés ont apporté entre 30 et 80 mm de pluie sur l'Hexagone, hormis sur les rivages de la Méditerranée, en Corse et le long des frontières du Nord.
Les conditions anticycloniques qui se sont ensuite installées sur l'Europe de l'Ouest ont été accompagnées d'une forte hausse des températures atteignant des valeurs records entre le 24 et le 28 mai.
La fin du mois a été marquée par de fortes pluies orageuses apportant sur la façade ouest entre 5 et 20 mm les 28 et 29, localement plus de la Loire-Atlantique au Cotentin.

Situation au 30 mai : un assèchement des sols localisés mais sous surveillance 

Avec un déficit pluviométrique proche de 30 % les six derniers mois sur l'Hexagone, les sols superficiels sont secs, notamment sur les régions du Nord où la situation reste préoccupante. 
Le déficit d'humidité est marqué du département du Nord et de l'Aisne à la Moselle, du sud des Pays de la Loire au Poitou-Charentes ainsi que du Gers à l'Aude. 
Sur la Corse, après un hiver très arrosé, les précipitations ont été quasi absentes depuis début mars. La sécheresse des sols superficiels atteint d'ores et déjà des valeurs records.
En revanche, de la Bretagne à la Normandie et au sud de l'Île-de-France, l'indice d'humidité des sols revient progressivement à la normale.
Après un début de semaine estival, les précipitations attendues pour la fin de semaine devraient contribuer à une nouvelle amélioration de la situation des sols. Les précipitations des prochaines semaines seront déterminantes pour les Hauts-de-France et le Grand-Est, afin d'éviter une aggravation de la sécheresse sur ces régions. 

Une sécheresse des sols moins sévère et plus localisée qu'au printemps 2011

Au printemps 2011, après une pluviométrie très déficitaire, la sécheresse des sols superficiels beaucoup plus marquée et plus précoce qu'en 2017 avait débuté mi-avril. Suite à un mois de mai 2011 record en matière de chaleur et de faible pluviométrie, l'assèchement s'était aggravé, atteignant des valeurs records durant tout le mois de mai. Cette sécheresse avait concerné le pays jusqu'à mi-juillet.
 
Humidité des sols superficiels au 29 mai en 2017 et 2011
Cliquez sur les cartes pour les agrandir


        

 
Humidité des sols superficiels en 2017 et en 2011
Cliquer sur les graphes pour les agrandir
 
*On distingue plusieurs types de sécheresses :
- La sécheresse météorologique correspond à un déficit prolongé de précipitations.
- La sécheresse des sols, dite « agricole », se caractérise par un déficit en eau des sols superficiels (entre 1 et 2 m de profondeur), suffisant pour altérer le bon développement de la végétation. Elle dépend des précipitations et de l'évapotranspiration des plantes. Cette notion tient compte de l'évaporation des sols et de la transpiration des plantes (l'eau puisée par les racines est évaporée au niveau des feuilles). La sécheresse agricole est donc sensible aux précipitations, à l'humidité et à la température de l'air, au vent mais aussi à la nature des plantes et des sols.
- La sécheresse hydrologique se manifeste enfin lorsque les lacs, rivières ou nappes souterraines montrent des niveaux anormalement bas. Elle dépend des précipitations mais aussi de l'état du sol influant sur le ruissellement et l'infiltration. Le réseau hydrographique et les caractéristiques des nappes déterminent les temps de réponse aux déficits de précipitations observés sur différentes périodes.
Ces « différentes » sécheresses peuvent intervenir à divers moments, non forcément concomitants et ne sont pas forcément systématiques.
 

Actualité par Météo-France