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Décryptage : froid et brouillards hivernaux

06/12/2016

(mis à jour le 8 décembre 2016)

Depuis lundi 5 décembre, si les températures ont été à la hausse sur une grande partie de l'Hexagone, un quart nord-est du pays est resté concerné par le froid et la grisaille. Cette grisaille persistante sur la plaine d'Alsace et le nord de la Lorraine a aussi été tenace mercredi 7 du lyonnais au dijonnais. La masse d'air douce, en provenance du Sud-Ouest n'a en effet pas atteint ces régions, toujours sous influence anticyclonique hivernale. Ces conditions anticycloniques, sans flux marqué, favorisent à cette saison les phénomènes dits « d'inversion thermique » dans les basses couches de l'atmosphère, comme  la formation de brouillards.

Une inversion thermique remarquable...

Les conditions anticycloniques sur le quart nord-est du pays, conjuguées à l'absence de flux marqué dans les basses couches de l'atmosphère ont été propices à la constitution d'une couche d'inversion thermique, comme souvent à cette période de l'année où le refroidissement nocturne est plus long. Il s'agit d'une couche d'air, en contact avec le sol, au sein de laquelle la température de l'air croît avec l'altitude : l'air le plus froid est alors situé près du sol, et la température augmente progressivement à mesure qu'on s'en éloigne. Cette couche se comporte alors comme un véritable « couvercle » limitant l'extension verticale des nuages ou emprisonnant les polluants atmosphériques, ce qui explique en partie l'épisode de pollution actuel sur Paris et sa région.

Témoin de cette inversion thermique remarquable, les mesures réalisées par radiosondage à Trappes au cours de la nuit du 5 au 6 décembre faisaient état d'une hausse de la température d'environ 10 degrés sur les 150 premiers mètres de la troposphère, la couche la plus basse de l'atmosphère !

Autre illustration de ce phénomène d'inversion, la différence de températures minimales relevées mardi 6 décembre au petit matin entre le haut de la Tour Eiffel (8°C) et la station de Paris-Montsouris (2°C) soit 6 degrés de plus au sol qu'à environ 300 m d'altitude !

Dans le même ordre d'idées, on relevait lundi 5 après-midi un écart de 14 degrés entre la plaine d'Alsace où la température est restée légèrement négative et les sommets vosgiens !

… propice aux brouillards

Ces conditions météorologiques froides et calmes ont également favorisé la formation de brouillards persistants depuis lundi 5 sur le Nord-Est. Des brouillards givrants se sont ainsi formés en fin de nuit et l'absence de vent - et donc de brassage - a empêché leur dissipation, ce qui a donné lieu à un ciel couvert de nuages bas toute la journée avec des températures maximales restant négatives. Lundi 5, Météo-France a relevé -1°C au cœur de l'après-midi à Metz, Nancy et Strasbourg, ces trois villes connaissant ainsi leur premier jour sans dégel de la saison. Dans ces régions, mercredi 7 a souvent été la troisième journée consécutive sans dégel tandis dans le val de Saône, Dijon et Lons-le-Saunier ont connu leur premier jour de l'hiver sans dégel.

Image du satellite SUOMI-NPP, le 5 décembre 2016 à 12h40 UTC : l'Europe est sous l'influence de conditions anticycloniques et le ciel est globalement bien dégagé. Toutefois, des nuages bas sont présents entre Jura et Alpes, sur l'Alsace et la Lorraine.
Image du satellite SUOMI-NPP, le 5 décembre 2016 à 12h40 UTC : l'Europe est sous l'influence de conditions anticycloniques et le ciel est globalement bien dégagé. Toutefois, des nuages bas sont présents entre Jura et Alpes, sur l'Alsace et la Lorraine. © Météo-France