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Octobre : atypique au niveau européen

21/10/2016

Depuis le début du mois d'octobre, un anticyclone s'est positionné sur le nord-est de l'Europe, entre la Scandinavie et l'ouest de la Russie avec des pressions très élevées avoisinant parfois les 1050 hectopascals. Au niveau européen, cette situation s'est traduite par un temps sec dans des régions habituellement très arrosées comme les fjords norvégiens : Bergen n'a recueilli que 7 millimètres de pluie du 1e au 20 octobre alors que la moyenne mensuelle s'établit à 270 millimètres ! Par ailleurs, les courants d'est à nord-est dirigés par l'anticyclone se sont accompagnés de températures fraîches sur une grande partie du continent.

Carte d'analyse Pmer moyenne du 1 au 19 octobre 2016
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

En France : davantage de pluie en Méditerranée, toujours très sec dans l'Ouest

Cette situation, dite de « blocage », a influencé le temps sur la France. En effet, les perturbations atlantiques au lieu de se déplacer dans un flux d'ouest classique, ont été soit bloquées sur l'Atlantique au voisinage de l'Islande, soit déviées vers le bassin méditerranéen. 
Les pluies ont ainsi été excédentaires sur les régions de climat méditerranéen, avec notamment un épisode de fortes pluies du 13 au 17 octobre. A contrario, les régions de l'Ouest n'ont pas connu les passages perturbés habituels à cette époque venant de l'Atlantique. Le déficit de précipitations s'inscrit dans la continuité des mois précédents (depuis juillet) et aboutit à une situation exceptionnelle dans le centre-ouest de la France. A Tours et Poitiers, il n'est tombé que 46 millimètres de pluie du 1e juillet au 20 octobre 2016, ce qui représente un déficit de 75 % par rapport aux normales * et constitue un record sur la période. 
 

Deux premières décades fraîches, mais bien ensoleillées dans le Nord-Ouest

Comme l'Europe, la France a connu un déficit de température sur les deux premières décades d'octobre. Le déficit provisoire atteint 1,4°C à l'échelle nationale. Il est plus marqué au Nord qu'au Sud et plus prononcé au niveau des températures minimales, avec de nombreuses gelées durant la première quinzaine. 
Grâce aux hautes pressions scandinaves, l'ensoleillement a été plus généreux que la normale sur les régions du Nord-Ouest, notamment en Bretagne. Brest, avec 119 heures de soleil du 1er au 20 octobre, dépasse déjà la moyenne mensuelle d'octobre (108 heures). Il dépasse également celui de nombreuses villes du sud qui ont connu un ensoleillement plus proche de la normale, voire déficitaire près des Pyrénées (seulement 73 heures de soleil à Tarbes).
 
Carte France - Rapport à la moyenne mensuelle de la durée d'ensoleillement - 2 premières décades octobre 2016
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Vers une fin d'octobre plus douce

L'anticyclone scandinave va s'éloigner vers la Russie au cours des prochains jours. Une nouvelle zone de hautes pressions va se positionner sur l'Europe occidentale à partir de mercredi assurant un temps sec et ensoleillé sur une grande partie du pays. Entre-temps, la France aura connu un passage perturbé entre dimanche et mardi avec des pluies, plus durables dans l'Est et le Sud. Le changement notable viendra des températures qui repasseront au-dessus des moyennes saisonnières la semaine prochaine.
 
 
 
* Normales calculées sur la période 1981-2010
 

Actualité par Météo-France