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Climat : la sécheresse de 1976

08/07/2016

Alors que l'Hexagone connaît cette année un printemps et un début d'été parmi les plus arrosés des cinquante dernières années, il y a 40 ans, une partie de l'Europe occidentale et la France notamment subissaient une sécheresse historique, particulièrement sur le plan météorologique*.

Un déficit de pluie record

Dès le mois de décembre 1975, après un automne plutôt humide, les pluies se font rares sur le pays. Entre décembre 1975 et août 1976, l'anticyclone des Açores reste bien installé au-dessus du pays et se prolonge par une puissante dorsale vers l'Allemagne. Les perturbations, qui traversent habituellement la France à cette saison, sont rejetées plus au nord.
L'absence de pluie est encore plus marquée entre le 2 juin et le 7 juillet. Durant cette période, aucune perturbation n'est observée en France alors que plus de quinze passent sur l'Ecosse.
Facteur aggravant, durant deux semaines consécutives, du 22 juin au 6 juillet, une canicule de forte intensité vient accentuer la sécheresse des sols, en renforçant l'évaporation.

Globalement sur la France, le cumul de précipitations enregistré au premier semestre 1976 est le plus faible de la période 1959 à 2016. Depuis, seul le premier semestre 2011, s'est approché de ce record, sans toutefois l'égaler.

 

Animation du rapport à la normale de référence 1981-2010 des cumuls mensuels de précipitations sur la France de novembre 1975 à décembre 1976. En bleu les cumuls de précipitations supérieurs à la normale et en rouge ceux inférieurs à la normale. 
Animation du rapport à la normale de référence 1981-2010 des cumuls mensuels de précipitations sur la France de novembre 1975 à décembre 1976. En bleu les cumuls de précipitations supérieurs à la normale et en rouge ceux inférieurs à la normale. © Météo-France (cliquez sur l'animation pour l'agrandir)


Dès le mois de juillet 1976, la moitié sud retrouve des précipitations normales voire abondantes tandis que la moitié nord, particulièrement le Nord-Ouest, continue de subir une sécheresse qui s'aggrave en août. Le mois de septembre 1976 marque le retour généralisé des pluies.

 
Indice d'humidité des sols agrégés** du 1er janvier au 31 décembre 1976 (courbe en gras) sur la région Pays de la Loire (à gauche) et sur la région Rhône-Alpes (à droite).    Indice d'humidité des sols agrégés** du 1er janvier au 31 décembre 1976 (courbe en gras) sur la région Pays de la Loire (à gauche) et sur la région Rhône-Alpes (à droite).
Indice d'humidité des sols agrégés** du 1er janvier au 31 décembre 1976 (courbe en gras) sur la région Pays de la Loire (à gauche) et sur la région Rhône-Alpes (à droite). Du 7 mai au 8 septembre 1976, durant 4 mois, l'indice d'humidité des sols est très faible et souvent record pour la période depuis 1958 sur Pays de la Loire, cette sécheresse des sols est plus courte du 5 juin au 10 juillet sur Rhône-Alpes. © Météo-France (cliquez sur un graphe pour l'agrandir)

Une sécheresse mémorable

La sécheresse de 1976 a été remarquable par sa durée (9 mois), son intensité et son étendue géographique. Seules quelques régions du pourtour méditerranéen ont été relativement épargnées. Hors de France, l'épisode a affecté le sud de l'Angleterre, l'ouest de l'Allemagne, la Suisse, la Belgique et le Piémont.
1976 est restée dans la mémoire des Français en raison de ses importantes conséquences économiques et sociales, notamment dans les domaines agricole, hydrologique, de l'énergie … et aussi du fait de la création de "l'impôt sécheresse".

* Une sécheresse se décline en plusieurs composantes : des composantes météorologique (déficit de pluviométrie) et hydrologique (niveau anormalement bas des rivières) mais aussi une composante dite "agricole"  (déficit des réserves en eau des sols superficiels).

** L'indice d'humidité des sols quotidien agrégé est constitué de la moyenne sur le département considéré (ou la région) des indices d'humidité des sols quotidiens. Cet indice, d'origine agronomique, est représentatif du contenu en eau du sol superficiel. Sans unité, il varie généralement entre 0,0 et 1,5. Lorsqu'il est proche de 0, le sol est très sec. Lorsqu'il est voisin ou supérieur à 1, le sol est très humide et tend vers la saturation.

 

Actualité par Météo-France