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Retour sur les très fortes pluies

03/06/2016

Chronologie et explications

Entre le samedi 28 mai et le mardi 31 mai, de nombreuses régions ont connu des cumuls de précipitations particulièrement importants, dans certains cas exceptionnels.

Deux éléments expliquent le caractère remarquable de l'événement :
•    Le passage d'une perturbation active sur la France, puis son blocage sur le sud de l'Allemagne a eu pour conséquence la mise en place d'une vaste zone pluvieuse persistante sur la France.
•    Cette perturbation très active (plus fréquente en saison hivernale) a été alimentée en air chaud et humide (caractéristique de la fin du printemps) et a produit des cumuls de précipitations très importants, exceptionnels sur la région Centre.

Cet épisode pluvieux, localement exceptionnel, a été suivi d'une accalmie météorologique mercredi 1er juin, tandis que les cours d'eau des régions concernées réagissaient fortement, provoquant des crues centennales sur le bassin du Loing (4,63 m atteints à Nemours dans la nuit du 1er au 2, devant les 4,25 m relevés lors de la crue de 1910). Un nouvel épisode pluvieux, de moindre ampleur, localement accompagné d'orages, est entré sur le pays par les frontières belges et allemandes mercredi 1er juin en fin d'après-midi. Il a concerné le quart nord-est jusqu'au Massif Central. Les cumuls observés ont été nettement inférieurs à ceux relevés lors de l'épisode précédent : souvent de l'ordre de 10 à 20 mm, localement 30 mm en Seine-et-Marne. Vendredi 3, l'onde de crue s'est propagée jusqu'à la Seine dans Paris, où on relevait d'après Vigicrues 6,03 m à 15 h (station Paris-Austerlitz), une valeur proche de celle atteinte lors de la crue de 1982.

Pour suivre l'évolution de la situation, consulter la vigilance météorologique.

Records de précipitations

Sur la période du 28 mai au 1er juin, les départements les plus affectés par ces fortes pluies ont été le Loiret, le Loir-et-Cher, le Cher, l'Essonne et l'Yonne. Sur tous ces départements,  la quantité d'eau tombée en trois jours est sans équivalent sur la période 1960 à nos jours. De tels cumuls sont atteints en moyenne tous les 10 à 50 ans, localement tous les 100 ans. À l'échelle du département du Loiret, on a par exemple relevé 115 mm* et localement 158 mm à Melleroy (plus fort cumul relevé lors de ces 5 jours) proche du Loing amont.

La journée du 30 mai a été la plus pluvieuse : à Trappes (Yvelines) et Orléans, il est tombé  l'équivalent d'un mois de précipitations (autour de 65 mm).

 
Carte France Cumul des précipitations sur 5 jours au 1er juin 2016

Cumul de précipitations observés du samedi 28 à 8 h au jeudi 2 juin 2016 à 8 h locales. © Météo-France
(Cliquez sur la carte pour l'agrandir)

 

Dans sa globalité, le mois de mai 2016 est exceptionnel. De nombreux records mensuels de précipitations ont en effet déjà été battus : à la station de Paris-Montsouris, le cumul mensuel atteint 179 mm, soit environ 3 mois de précipitations** (ancien record : 133 mm en mai 1992). À Orléans, on a relevé 181 mm, soit là aussi environ 3 mois de précipitations (ancien record : 148 mm en mai 1985). Il s'agit du record de précipitations mensuel, tous mois confondus.

À l'échelle de la région Île-de France, la pluviométrie de mai.est proche du record absolu de décembre 1999.

Carte France Rapport à la normale des cumuls de précipitations agrégées - Mai 2016

Rapport à la normale de référence 1981-2010 des cumuls mensuels de précipitations par département en mai 2016  © Météo-France (cliquez sur la carte pour l'agrandir)

 

Quid du changement climatique ?

Il n'est pas possible d'attribuer ce type d'événement (uniquement) au changement climatique. Il s'agit d'événements rares, qui sont principalement la conséquence d'une situation météorologique particulière.
Cependant, on peut se demander si le changement climatique (la perturbation anthropique du climat) est susceptible
de modifier la probabilité d'occurrence d'un tel événement. Nous ne disposons pas d'étude spécifique sur la France. En revanche le consensus issu notamment du dernier rapport du GIEC (Groupe Intergouvernemental d'Experts sur le Climat), indique une intensification des épisodes de fortes précipitations dans un climat plus chaud.

 

* 1 mm équivaut à 1 L/m2
** normales calculées sur la période 1981-2010

 

 

Actualité par Météo-France