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Un temps instable et orageux bien installé

13/04/2016

(Mise à jour le 14 avril 2016)

Depuis dimanche 10 avril, l'instabilité s'est nettement accrue sur le pays avec une multiplication des orages, parfois accompagnés de chutes de grêle. Après une journée du mardi 12 déjà assez orageuse, la journée du mercredi 13 l'a été encore plus, avec 44 455 éclairs et 6 238 impacts de foudre au sol (source Météorage*). L'activité orageuse sera beaucoup moins intense ce jeudi, avant de repartir à la hausse sur certaines régions, de façon toutefois moins généralisée, à la fin de semaine.

Flux de sud-ouest assez doux et instable

Cette situation météorologique s'explique par la présence de basses pressions sur le proche Atlantique, accompagnées d'air froid d'altitude. Les premières génèrent un flux de sud-ouest qui fait remonter de l'air plutôt doux et humide sur le pays, tandis que le second déstabilise la masse d'air en accentuant le contraste thermique entre les basses et les moyennes couches de l'atmosphère.  Cette situation va perdurer durant la fin de la semaine. A partir de vendredi 15 et jusqu'au week-end, la France sera coupée en deux avec une masse d'air de plus en plus fraîche au nord et beaucoup plus douce en allant vers le sud-est. Sur la zone de transition, généralement située du Sud-Ouest à la façade Est, des passages pluvieux, également accompagnés d'orages, sont attendus.

 

Animation du modèle Arpège du jeudi 14 au lundi 18 avril 2016

Animation Arpege de la pression au niveau de la mer, la température à 850hPa et le cumul de précipitations en 6h du jeudi 14 18h au lundi 18 à 06h UTC. (Cliquer sur l'animation pour l'agrandir)

 

Printemps et instabilité : prévision plus délicate

Le printemps est une saison de transition qui met un peu à mal la prévisibilité du temps : des décrochages d'air froid polaire d'altitude (résiduel de l'hiver), appelés « gouttes froides », se produisent sous nos latitudes, alors que l'air se réchauffe nettement dans les basses couches de l'atmosphère. A la clef, un profil instable de l'atmosphère, favorable aux développements orageux.
En matière de prévision, la difficulté est double : la trajectoire de ces gouttes froides est difficile à prévoir et la formation des orages proprement dite est un phénomène complexe.
Le déplacement des gouttes froides est parfois assez mal appréhendé par les modèles numériques de prévision, même à 2 ou 3 jours d'échéance. Comme elles sont de taille assez modeste (quelques centaines de km), un léger décalage dans leur position peut provoquer de grosses différences au niveau de la prévision. Par ailleurs, une structure orageuse est un phénomène météorologique de petite taille, comparée à celle d'une perturbation. Son développement et son évolution sont influencés par des paramètres ou des phénomènes locaux qui ne sont pas toujours parfaitement représentés dans les modèles, en dépit des progrès importants en matière de prévision numérique du temps. Il est ainsi possible aujourd'hui d'identifier un potentiel risque d'orages sur des zones assez petites -parfois infra-départementales- de façon pertinente. Cela ne signifie pas que la zone identifiée soit menacée dans son intégralité et on peut avoir l'impression d'un écart de prévision : l'orage ne passe pas forcément sur votre commune, mais, bien souvent, il n'est pas passé loin.

 

* Météorage est une filiale de Météo-France.

 

Actualité par Météo-France