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Banquise arctique : encore une fonte estivale marquée

08/10/2015

La saison de fonte de la banquise arctique est désormais terminée. D'après les données produites par le NSIDC* américain, l'extension minimale atteinte au cours de cette saison estivale est la 4e valeur la plus basse depuis le début des relevés systématiques par satellite en 1979, avec 4,41 millions de km2 mesurés le 11 septembre. Les 9 valeurs d'extension de fin d'été les plus faibles ont toutes été observées durant les 9 dernières années. Sur les trois dernières décennies, le recul de la banquise arctique en été a été probablement sans précédent, et les températures de surface de l'Océan Arctique anormalement élevées, au moins dans le contexte des 1 450 dernières années.**

  Graphe d'extension de la banquise arctique

 

 

Graphe d'extension de la glace dans l'océan arctique
(Cliquer sur le graphe pour l'agrandir)


 



Des extensions hivernales et estivales en baisse

Pour le mois de septembre, l'extension moyenne de la banquise arctique a atteint 4,63 millions de km2, ce qui  confirme une tendance marquée à la baisse d'environ 13 % par décennie sur la période 1975-2015.
À la fin de l'hiver 2015, l'extension maximale était, quant à elle, la plus faible depuis le début des observations avec 14,54 millions de km2 atteints fin février.  La banquise a donc vu son extension se réduire de plus de 10 millions de km2 entre son maximum annuel, en février, et son minimum atteint en septembre. Une différence élevée, mais observée tous les ans depuis 2007, qui s'explique notamment par la constitution hivernale d'une banquise particulièrement fine, donc fragile, qui fond alors plus facilement en été.
Outre la finesse de la banquise constituée lors de l'hiver 2014-15, la fonte importante observée cette année s'explique aussi par les températures souvent sensiblement supérieures aux normales de saison relevées sur le domaine arctique, tant dans l'atmosphère que dans l'océan. Le mois de juillet y a ainsi été le second mois de juillet le plus chaud depuis le début des relevés en 1979.

L'Arctique s'est plus réchauffé que le reste du monde depuis le milieu du XXe siècle. Ce réchauffement est lié aux activités humaines, et amplifié par la fonte accélérée des glaces, ce qui amène la région à absorber une quantité croissante de rayonnement solaire.

À l'opposé, la banquise antarctique a connu, pour la première fois depuis 4 ans, une saison hivernale avec une extension proche de la moyenne 1981-2010, voire en-dessous de cette valeur si l'on considère l'extension moyenne du mois de septembre. La saison 2015 y semble donc sensiblement différente des saisons records observées en 2013 et 2014.


* National Snow and Ice Data Center
** source 5e rapport du GIEC, volume 1

 

Actualité par Météo-France