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Canicule : chaleur nocturne en ville

22/06/2017

Paris la nuit

 

En période de fortes chaleurs estivales, on observe des écarts de températures parfois importants entre les villes et leurs alentours moins urbanisés, surtout pendant la nuit.

Pourquoi  ?

Un exemple, la vague de chaleur précoce de juin 2017

Entre le 18 et le 22 juin 2017, la France a été sous l'influence d'une masse d'air remarquablement chaude pour cette période de l'année, avec à la clef des températures particulièrement élevées en journée, mais aussi pendant la nuit. Si les citadins ont peiné durant cette période à rafraîchir leurs logements la nuit, à quelques kilomètres des grands centres urbains, les nuits étaient plus fraîches.

Prenons un exemple en Île-de-France. Mercredi 21 juin, on avait relevé au plus chaud de la journée 35,9°C à Pontoise, 36,9 °C à Paris, 37,1 ° C à Orly  et 37,6 °C à Fontainebleau. Au cours de la nuit suivante, la température minimale était de 20 ,5 °C à Orly, 17,5 °C à Fontainebleau, 17,1 °C à Pontoise, mais le thermomètre n'était pas descendu en-dessous de 23,9 °C à la station de Paris-Montsouris (record de douceur nocturne pour un mois de juin et 5e température plus chaude la nuit à Paris tous mois confondus). Alors qu'il avait fait parfois plus chaud en périphérie en journée (Fontainebleau), les températures nocturnes étaient donc bien plus basses à l'extérieur qu'au centre de Paris.

De même, on avait aussi relevé mercredi 21 juin des températurs maximales de 36,4 °C à Toulouse-Blagnac et 36,1 °C à Muret et au cours de la nuit suivnate, il avait fait au minimum 21,7 °C à Toulouse-Blagnac contre seulement 18,9 °C à Muret.

L'îlot de chaleur urbain

En cause, un phénomène appelé « îlot de chaleur urbain », notamment lié à l'absence de végétation en ville. En journée à la campagne, la végétation utilise de l'eau et de l'énergie solaire pour la photosynthèse. La végétation « transpire », évaporant l'eau présente en profondeur dans le sol. Grâce à cette évapotranspiration, végétaux et sols n'accumulent pas l'énergie solaire reçue au cours de la journée.  
En ville, l'énergie solaire est au contraire emmagasinée dans les matériaux des bâtiments et le bitume des routes et des parkings, des surfaces imperméables empêchant l'évaporation de l'eau des sols. Lorsque la nuit arrive, cette énergie est restituée à l'atmosphère urbaine. La nuit, l'air au-dessus de la ville se refroidit donc moins vite qu'à la campagne.

Un phénomène essentiellement nocturne

C'est donc au cœur de la nuit que l'écart de température entre ville et campagne est maximum. En général, l'îlot de chaleur urbain commence à croître en fin d'après-midi et augmente au coucher du soleil pour atteindre son maximum au milieu de la nuit. Par nuit calme, il se crée alors une sorte de « bulle de chaleur » sur la ville.
Pour une agglomération comme Paris, on peut observer jusqu'à 10 °C d'écart entre le centre-ville et la périphérie en cas de situation anticyclonique par vent faible et ciel clair, comme c'est le cas lors des canicules. Cet excès de chaleur nocturne peut alors avoir de graves conséquences sur la santé.

Pour en savoir plus sur les risques et les bons réflexes à adopter en cas de fortes chaleurs, consultez notre dossier.

Illustration de l'îlot de chaleur urbain à Paris

Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Modéliser l'îlot de chaleur urbain

Météo-France a développé un "modèle de ville", appelé TEB (Town Energy Balance) qui simule les interactions énergétiques entre ville et atmosphère. Développé à l'origine pour affiner les prévisions du temps sur les villes,  il est également utilisé par les climatologues pour étudier les impacts du changement climatique dans les agglomérations et évaluer les stratégies d'adaptation envisagées pour y faire face.

 

Actualité par Météo-France