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Point sur la sécheresse des sols superficiels au 17 juillet 2015

17/07/2015

La France connaît depuis plusieurs semaines des conditions anticycloniques persistantes qui l'ont protégée des perturbations.

L'absence de précipitations depuis un mois, voire parfois plus sur certaines régions, combinée à des températures exceptionnellement chaudes depuis début juillet ont provoqué un assèchement très important des sols.

En cette mi-juillet 2015, le déficit d'humidité des sols superficiels est généralisé sur la France et approche parfois le niveau des records. Le Limousin et l'Auvergne sont les plus touchés, mais la sécheresse des sols est aussi extrêmement sévère sur l'Ile-de-France, la Picardie, la Champagne-Ardenne, la Bourgogne, la Lorraine, l'Alsace, la Franche-Comté, le Centre, le nord de Midi-Pyrénées et le nord-ouest de Rhône-Alpes. A l'exception du département des Bouches-du-Rhône et à un degré moindre le Var et le Gard, les sols superficiels sont partout sensiblement plus secs que la normale d'une mi-juillet.

La sécheresse des sols superficiels (dite "agricole" *) représente une composante de la situation hydrologique globale. En situation estivale, la ressource en eau est en effet aussi assurée par les débits des cours d'eau, les volumes stockés dans les retenues et les niveaux des nappes souterraines.
A ce stade, la situation de ces autres composantes reste tout à fait favorable et la France n'est pas en situation de sécheresse hydrologique. Suite à plusieurs années de précipitations proches de la normale voire au-dessus, l'ensemble de ce réseau a été correctement approvisionné, selon les  analyses fournies par les différents acteurs de la ressource en eau.

Plus d'informations sur la situation hydrologique globale :
consulter le site eaufrance http://www.eaufrance.fr


Évolution des conditions depuis le début du mois de mai

Début mai, les sols superficiels étaient saturés ou proches de la saturation sur une grande partie du territoire, à l'exception de l'extrême nord. Le pays a connu ensuite un mois de mai très sec, notamment sur la moitié sud. De ce fait, les sols se sont considérablement asséchés dès la fin du printemps. A la fin du mois de mai, seules les régions de l'Ouest présentaient encore des sols superficiels plus humides que la normale.

En juin, les précipitations ont été abondantes dans le Sud-Est, relativement proches de la normale dans le Sud-Ouest, mais très déficitaires sur le tiers nord du pays. L'état des sols superficiels s'est donc temporairement amélioré dans les régions arrosées. Il s'est en revanche nettement dégradé sur le reste du pays, notamment sur la région parisienne, la Picardie, le Nord-Pas-de-Calais, la Champagne-Ardenne, la Bourgogne, le Limousin et l'Auvergne.

Il n'a pratiquement pas plu en France au cours de la première quinzaine de juillet. Seules, les régions de la Bretagne au Nord-Pas-de-Calais ont été concernées par des pluies significatives. Simultanément, le pays a connu des températures exceptionnellement élevées qui ont accéléré le phénomène d'évapotranspiration : l'assèchement des sols a été extrêmement rapide durant cette période.
 

Précipitations : rapport à la normale 1981 - 2010

Précipitations : rapport à la normale 1981-2010 - mai 2015Précipitations : rapport à la normale 1981-2010 - juin 2015Précipitations : rapport à la normale 1981-2010 - juillet 2015

(Cliquer sur les cartes pour les agrandir)
Figure 1 : Ecart à la normale des précipitations mensuelles pour les mois de mai, juin et 1ère quinzaine de juillet      

 

Humidité des sols superficiels : indice d'humidité

Humidité des sols superficiels : indice d'humidité - 1er juin 2015Humidité des sols superficiels : indice d'humidité - 1er juillet 2015Humidité des sols superficiels : indice d'humidité - 16 juillet 2015

(Cliquer sur les cartes pour les agrandir)
Figure 2 : Évolution d'humidité des sols entre juin et juillet
 


* On distingue plusieurs types de sécheresses

-    La sécheresse météorologique correspond à un déficit prolongé de précipitations.
-    La sécheresse des sols, dite "agricole", se caractérise par un déficit en eau des sols superficiels (entre 1 et 2 m de profondeur), suffisant pour altérer le bon développement de la végétation. Elle dépend des précipitations et de l'évapotranspiration des plantes. Cette notion tient compte de l'évaporation des sols et de la transpiration des plantes (l'eau puisée par les racines est évaporée au niveau des feuilles). La sécheresse agricole est donc sensible aux précipitations, à l'humidité et à la température de l'air, au vent mais aussi à la nature des plantes et des sols.
-    La sécheresse hydrologique se manifeste enfin lorsque les lacs, rivières ou nappes souterraines montrent des niveaux anormalement bas. Elle dépend des précipitations mais aussi de l'état du sol influant sur le ruissellement et l'infiltration. Le réseau hydrographique et les caractéristiques des nappes déterminent les temps de réponse aux déficits de précipitations observés sur différentes périodes.
Ces "différentes" sécheresses peuvent intervenir à différents moments, non forcément concomitants et ne sont pas forcément systématiques.