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Rapport sur le climat de la France au 21e siècle

26/03/2015

Couverture du rapport climat de la France au XXIe siècle volume 5Le volume 5 du rapport «Le climat de la France au 21e siècle» intitulé «Changement climatique et niveau de la mer : de la planète aux côtes françaises» a été remis mercredi 25 mars à Ségolène Royal, Ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Énergie.

Ce rapport, dont la coordination a été assurée par Serge Planton, chercheur à Météo-France, a été rédigé dans le cadre d'une mission confiée à Jean Jouzel par le ministère du Développement durable. Il vise à faire un point des connaissances sur l'évolution passée et future du niveau de la mer de l'échelle planétaire à celle des côtes françaises, et sur les principaux impacts physiques de la montée du niveau marin (submersion marine, érosion côtière, intrusions salines dans les aquifères côtiers et des impacts sur les infrastructures côtières et portuaires). Il s'appuie sur l'expertise du GIEC, le Groupe d'expert d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, et sur les résultats de travaux menés au sein de la communauté scientifique française.

Ce dernier volume a été rédigé en complément au volume 4 du rapport de la mission Jouzel « Scénarios régionalisés. Le climat de la France au XXIe siècle » publié en août 2014.


Les principales conclusions

Observations :

- Au niveau mondial le niveau marin s'est élevé au rythme moyen de 0,5 mm/an au cours des 2-3 derniers millénaires. Au XXe siècle, le rythme s'est accéléré : + 18,7 cm entre 1901 et 2011 et + 6,7 cm entre 1993 et 2014, avec des différences d'une région à l'autre.

- En France métropolitaine, aux Antilles et la Réunion, le taux d'élévation le long des côtes est proche de cette moyenne. En Polynésie, la hausse est de 21 cm entre 1950 et 2010, alors qu'en Nouvelle-Calédonie, elle est de 12 cm.

Projections :

- Selon les projections du Giec, entre les périodes 1986-2005 et 2081-2100, l'élévation du niveau moyen mondial de la mer serait probablement comprise entre 26 et 55 cm pour le scénario le plus sobre en émissions de gaz à effet de serre et entre 45 et 82 cm pour le scénario de plus fortes émissions.

- Au delà du XXIe siècle, les effets de la dilatation thermique de l'océan et de la fonte des calottes polaires sur la hausse du niveau de la mer se poursuivront.

- La montée du niveau marin présentera d'importantes disparités régionales, encore difficiles à estimer, car elles dépendent de l'évolution locale de plusieurs paramètres : température de l'océan, salinité, courants marins, pression de surface, etc.
 
Impacts physiques :

- Submersion marine : l'aggravation des submersions marines est la conséquence la plus immédiate de l'élévation du niveau de la mer, même si localement d'autres facteurs, tels que les vagues, peuvent intervenir.

- Erosion côtière : une part significative des côtes, notamment des plages sableuses, est en recul dans le monde. Les effets de l'élévation du niveau de la mer sur le trait de côte sont aujourd'hui difficiles à quantifier, mais ils sont potentiellement très importants pour le futur.

- Intrusions salines : l'augmentation du niveau marin pourrait accentuer  l'extension des intrusions salines dans les eaux souterraines côtières. De nombreuses incertitudes demeurent cependant, du fait de la complexité des processus en jeu et de la spécificité locale de ces nappes littorales.

- Infrastructures : en France, la conception des ouvrages côtiers et portuaires prend en compte un niveau d'eau extrême et la houle. Le changement climatique est intégré, au moins partiellement, en considérant les scénarios d'élévation du niveau de la mer. Pour conserver les volumes de franchissement actuels, avec une hausse d'un mètre du niveau marin, les ouvrages perméables implantés en faible profondeur doivent être rehaussés de 1,4 à 2 m.


"Le climat de la France au 21e siècle"


Le ministère du Développement durable a sollicité, en 2010, la communauté française des sciences du climat afin de produire une évaluation scientifique des conditions climatiques de la France au 21e siècle. Jean Jouzel a été chargé de diriger cette expertise, réalisée par des  scientifiques de Météo-France, en collaboration avec d'autres équipes en France (équipes du CEA, CNRS, UVSQ et UPMC regroupées au sein de l'IPSL*, et du Cerfacs**), du BRGM, du CEREMA et du CNES. La production de ces données de référence figure comme Action n°1 du Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC).
 
* Institut Pierre-Simon Laplace (CNRS/UPMC/UPEC/Ecole Polytechnique/CNES/IRD/ENS/Université Paris Diderot/UVSQ/CEA), institut de recherche en sciences de l'environnement qui regroupe six laboratoires franciliens en sciences de l'environnement
** Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique (CNRS / CERFACS / Total SA / Safran / EDF/ EADS France SAS / CNES / Météo-France / ONERA)

 

 

Actualité par Météo-France