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La tempête Xynthia des 27-28 février 2010

05/03/2010

Copyright Météo-France
Image satellite du 28/02/2010 à 02h00 UTC

Après avoir frappé le Portugal et l'Espagne, une violente tempête, baptisée Xynthia, a durement frappé la France les 27 et 28 février. Les rafales de vent les plus fortes ont touché une large bande du territoire, orientée selon un axe sud-ouest/nord-est de la Charente-Maritime aux Ardennes. En bordure de la dépression, des vents violents ont aussi été observés en montagne, au pied des Pyrénées, dès l'après midi du 27, et en vallée du Rhône.

La Vendée (85), la Charente-Maritime (17), les Deux-Sèvres (79) et la Vienne (86) ont été placés en vigilance rouge vents violents, et 70 autres départements en vigilance orange.

Sans être aussi exceptionnelle au plan météorologique que les tempêtes Lothar et Martin de décembre 1999 et Klaus de janvier 2009, Xynthia a produit des élévations importantes du niveau de la mer, qui, se trouvant en phase avec une marée haute à fort coefficient, ont causé  des phénomènes de submersion exceptionnels sur les côtes de Vendée et en Charente Maritime.  

De ce fait, Xynthia a été la tempête la plus meurtrière en France depuis les tempêtes de décembre 1999.

Formation et trajectoire de la tempête

La tempête Xynthia est née d'une dépression atmosphérique située sur l'Atlantique à des latitudes très basses. Cette dépression s'est intensifiée le 27 février au matin, en se déplaçant vers l'île de Madère, puis a évolué en tempête l'après-midi, près des côtes portugaises. Elle est remontée vers le golfe de Gascogne en fin de journée du 27 février, balayant la Galice et le Pays Basque espagnol. Elle a touché les côtes atlantiques françaises dans la nuit du 27 au 28 février, au maximum de son creusement (centre dépressionnaire à 969 hPa), avant de poursuivre sa route vers le Nord de la France. Après la France, ses vents violents ont frappé le Sud-Est de l'Angleterre, la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne et les Pays Bas.

La zone de formation - en plein cœur de l'Atlantique, près du tropique du cancer - et la trajectoire de Xynthia sont atypiques. Il est très rare que des dépressions atlantiques se développent à des latitudes aussi basses et évoluent en tempête en remontant vers l'Europe de l'Ouest.

Une tempête remarquable mais moins exceptionnelle que celles de 1999 et 2009

Du point de vue météorologique, la tempête Xynthia, de taille et  d'intensité peu communes, n'a pas atteint pour autant le caractère exceptionnel des tempêtes Lothar et Martin de décembre 1999, ni celui de  Klaus de janvier 2009. Les rafales maximales relevées en plaine, de 160km/h sur le littoral et de 120km/h à 130 km/h dans l'intérieur des terres, sont inférieures à celles enregistrées lors des événements de 1999 et 2009, où l'on relevait près de 200 km/h sur le littoral et 150 à 160 km/h dans l'intérieur des terres.

De même, Xynthia ne peut être qualifiée de « tempête explosive » : son creusement (une diminution de 20 hPa en plus de 24 h) est « classique » pour une dépression hivernale. Lors des tempêtes de décembre 1999, la pression avait chuté de 32 hPa sur le même laps de temps.

Un phénomène de surcote en phase avec la marée haute

Le centre de basses pressions et les forts vents associés à Xynthia ont provoqué une élévation du niveau de la mer (« surcote ») rarement atteinte, de l'ordre de 1,50 m à La Rochelle selon les observations réalisées par le SHOM. Comme Xynthia est arrivée sur les côtes françaises, dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 février, au moment de la pleine mer d'une marée d'équinoxe à fort coefficient, la coïncidence des deux phénomènes a provoqué d'importantes inondations dans les zones littorales de la Vendée et de la Charente Maritime.

Copyright Météo-France
 

Rafales de vent enregistrées aux cours des samedi 27 et dimanche 28 février

Charente Maritime

160 km/h à Saint Clément Des Baleines (île de Ré),

140 km/h à La Pointe de Chassiron (île d'Oléron) et Saint Agnan

137 km/h à Royan

132 km/h à La Rochelle

Vendée

138 km/h à Sainte Gemme

131 km/h à Fontenay et à La Roche-sur-Yon

Deux-Sèvres

161 km/h à Scille

127 km/h à Niort

130 km/h à Thénezay

Vienne

123 km/h à Poitiers 

Pyrénées et Sud-Ouest

238 km/h au Pic du Midi (2877 m d'altitude, Hautes-Pyrénées)

147 km/h à Luchon (Haute-Garonne)

130 km/h au Cap Ferret

120 km/h à Bordeaux

Lyonnais, Val de Saône, Massif central

209 km/h au Puy-de-Dôme (1415 m d'altitude)

138 km/h à Brindas (Rhône) et Chastreix (Puy-de-Dôme)

105 km/h à Lyon (Rhône)

Centre et Ile-de-France

132 km/h à Blois (record) et Châteauroux (record)

128 km/h à Nangis (Seine-et-Marne)

125 km/h à Bourges

126 km/h à Roissy 

122 km/h à Paris-Montsouris

155 km/h au sommet de la Tour Eiffel

Quart Nord-Est 

148 km/h à Chouilly (Marne)

144 km/h à la Celles-sur-Ource (Aube)

136 km/h à Metz

121 km/h à Reims

172 km/h sur les crêtes vosgiennes au Markstein (1184 m d'altitude)

 

Actualité par Météo-France