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Route du Rhum-La Banque postale 2010 : analyse des conditions météorologiques

10/11/2010

Copyright Andrea Francolini / DPPI pour SodeboAu départ de la course, au niveau de la Pointe du Grouin, le vent de secteur Sud souffle modérément entre 12 et 14 nœuds. Il faiblit rapidement entre 6 et 9 nœuds, devenant variable lorsque les bateaux longent les côtes d'Armor, en raison du passage d'une perturbation en phase de dissipation sur la Bretagne.
Sur les côtes du Finistère, le vent commence à fraîchir dans le flux de traîne de Nord-Ouest pour atteindre 25 nœuds avec des rafales à 35 nœuds dans le golfe de Gascogne. Lundi 1er novembre, la mer est très forte dès la sortie de la Manche car la perturbation passée la veille engendre des vents de plus de 50 nœuds et des creux supérieurs à 9 mètres. Heureusement, ce système a déjà atteint l'Espagne et le Pays Basque lorsque les concurrents débutent la traversée du Golfe de Gascogne.


Par le nord ou par le sud
L'Anticyclone des Açores étant peu puissant et positionné entre l'Archipel et le Portugal, les skippers disposent de deux options. Partir rapidement vers le sud avant que l'anticyclone ne barre la route (option suivie en catégorie Ultime par Groupama, Idec et Gitana), sous peine de se retrouver coincé au cap Finisterre. En cas de réussite, les vents soutenus et portants sont au rendez vous. La deuxième option consiste à exploiter les fronts qui se succèdent au nord de l'Anticyclone (option suivie en catégorie Ultime par Sodebo et Oman Air). La route vers l'ouest est beaucoup plus courte, mais impose d'affronter plusieurs fronts actifs et une mer très forte. En catégorie Ultime, seul Sodebo parvient à négocier cet enchaînement délicat et venté.
Coté Sud, Groupama, arrivant à maintenir des vitesses très élevées dans le golfe de Gascogne, atteint le flux d'alizés soutenu au large du Portugal. Ses deux poursuivants (Idec et Gitana) franchissent le cap Finisterre avant l'arrivée des hautes pressions, mais accusent un retard de quelques heures et ne peuvent donc pas atteindre les vents soutenus. Ils doivent composer avec la bordure sud de l'anticyclone des Açores et ses vents, certes portants, mais un peu poussifs.
A mi-parcours, les partisans du sud traversent un front en cours de dissipation avec des fortunes diverses : Groupama et Gitana sont ralentis pendant quelques heures, alors que Idec parvient à traverser sans encombre le système. Plus au nord, Sodebo navigue à vive allure en longeant une dépression sur sa bordure nord dans des vents portants soutenus.

Naviguer en zone tropicale
Pour le dernier tiers du parcours, toutes les routes convergent vers les Antilles françaises mais les prévisions météorologiques des phénomènes sur la Guadeloupe sont incertaines. Le Cyclone tropical TOMAS génère des vents de sud sur les Antilles françaises et, plus à l'est, une onde tropicale se développe avec une activité orageuse intense en bordure. Ces deux systèmes cohabitent de part et d'autre de la Guadeloupe. A proximité de l'île, le vent est piloté à tour de rôle par l'un ou l'autre, en fonction de leur déplacement. Les mouvements de ces phénomènes tropicaux sont difficiles à prévoir, a fortiori lorsqu'ils sont proches et interagissent entre eux.
Seul Groupama parvient, grâce à sa vitesse, à contourner l'onde et rejoindre la bordure des flux de sud associés à l'ex-cyclone. Ses poursuivants Idec, Sodebo et Gitana sont ralentis par des vents faibles, ou alors des vents contraires. Idec parvient néanmoins à traverser les vents faibles de l'onde et s'octroie la deuxième place de la catégorie Ultime derrière Groupama, Sodebo arrivant à la troisième place. Les autres catégories n'ont pas encore livré leurs vainqueurs. Les skippers naviguent toujours et devront encore patienter avant d'atteindre l'arrivée*.

*bilan au 10 novembre 2010

Actualité par Météo-France