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L'épisode de La Niña parmi les plus puissants du siècle écoulé

31/01/2011

L'actuel épisode La Niña, développé rapidement en juin et juillet 2010 après la dissipation de l'épisode El Niño 2009/10, continue d'être observé. Dans le centre et l'Est du Pacifique tropical, les températures de surface de la mer sont en moyenne inférieures de 1,5°C à la normale. La température de l'eau sous la surface enregistrée dans cette zone est inférieure à la moyenne de 1 à 5°C jusqu'à une profondeur de 150 mètres.

Les manifestations atmosphériques de cet épisode La Niña (net renforcement des alizés, forte réduction de la nébulosité et pression au niveau de la mer anormalement basse) sont très marquées. Cet épisode serait ainsi l'un des plus puissants du siècle écoulé.

Cet épisode a entraîné une pluviosité nettement excédentaire dans certaines régions d'Australie, d'Indonésie et d'Asie du Sud-Est. On impute également à l'actuelle Niña les précipitations supérieures à la moyenne observées en Afrique australe et le déficit pluviométrique constaté dans l'Est de l'Afrique équatoriale, dans la partie centrale de l'Asie du Sud-Ouest et dans le Sud-Est de l'Amérique du Sud.

Selon le bulletin de l'Organisation météorologique mondiale du 25 janvier 2011, La Niña devrait persister durant les 2 à 4 prochains mois mais avec une intensité qui devrait décroître. Au-delà, son évolution est incertaine.

El Niño et La Niña

Il s'agit de phénomènes opposés d'un cycle climatique naturel à grande échelle baptisé ENSO pour El Niño/Oscillation australe. Il se traduit par des fluctuations d'une année à l'autre, parfois fortes, des températures de surface de la mer, des régimes de précipitations, de la pression atmosphérique en surface et de la circulation de l'air dans la zone équatoriale de l'océan Pacifique. La Niña se caractérise par des températures océaniques inhabituellement basses dans la zone centrale et orientale du Pacifique équatorial. El Niño, à l'inverse, se caractérise par des températures océaniques inhabituellement élevées.

Ces deux manifestations du même phénomène peuvent perdurer 12 mois ou plus et perturber la configuration habituelle des précipitations ainsi que la circulation atmosphérique aux latitudes tropicales. Les répercussions climatiques du cycle ENSO se font sentir sur tout le globe.

Les impacts connus d'un épisode La Niña

En règle générale, au cours d'un épisode La Niña, les précipitations s'intensifient à l'Ouest du Pacifique (Indonésie et Philippines) et sont quasiment nulles à l'Est. On observe une humidité supérieure à la normale sur le Nord de l'Amérique du Sud et l'Afrique australe de décembre à février et sur le Sud-Est de l'Australie de juin à août. En revanche, les conditions sont plus sèches le long des côtes de l'Équateur, dans le Nord-Ouest du Pérou et dans la région équatoriale d'Afrique de l'Est de décembre à février, et dans le Sud du Brésil et la partie centrale de l'Argentine, de juin à août.

Les épisodes La Niña provoquent également des conditions inhabituellement fraîches sur certaines régions. Les températures sont ainsi inférieures à la normale de décembre à février sur le Sud-Est de l'Afrique, le Japon, le Sud de l'Alaska et les parties occidentales et centrales du Canada ainsi que sur le Sud-Est du Brésil. De juin à août, il fait plus frais qu'en moyenne en Inde, en Asie du Sud-Est, le long de la côte ouest de l'Amérique du Sud, dans la région du golfe de Guinée ainsi que dans la zone nord de l'Amérique du Sud et certaines parties de l'Amérique centrale. En revanche, de décembre à février,  il fait plus chaud qu'en moyenne le long des États américains du golfe du Mexique.

Actualité par Météo-France