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Il y a 150 ans, une étape décisive pour la météorologie française

15/02/2005

Une tempête à l'origine du premier service météo français Le 14 novembre 1854, une tempête cause le naufrage de 38 navires engagés dans la guerre de Crimée. Urbain Le Verrier s'appuie sur ce désastre maritime pour prouver l'intérêt de développer un réseau de météorologie télégraphique.

Une tempête à l'origine du premier service météo français

Météo-France

Le 14 novembre 1854, une tempête cause le naufrage de 38 navires engagés dans la guerre de Crimée. Urbain Le Verrier s'appuie sur ce désastre maritime pour prouver l'intérêt de développer un service météorologique.

En 1854, Urbain Le Verrier (lien vers le dossier Le Verrier) est directeur de l'observatoire de Paris. A la suite de cette catastrophe, il recueille auprès des astronomes et météorologistes européens les observations sur l'état de l'atmosphère du 12 au 16 novembre. Il reçoit plus de 250 réponses et met en évidence la trajectoire de la tempête à travers l'Europe. Il démontre ainsi qu'il existait un espoir de prévoir de tels phénomènes.

Le 16 février 1855

, Le Verrier propose la mise en place d'un vaste réseau de météorologie télégraphique destiné à avertir les marins de l'arrivée des tempêtes.

Le 17 février 1855, M. de Vougy, directeur général des lignes télégraphiques, et Urbain le Verrier sont autorisés à entreprendre l'organisation proposée.

Une lettre émanant du cabinet de Napoléon III stipule : « Proposez avec assurance ce que vous jugerez convenable. La question est trop importante pour que sa Majesté ne désire pas voir vos efforts couronnés d'un plein succès. »

Quelques jours auparavant (le 15 février), une tempête jette sur les roches des Bouches de Bonifacio la Sémillante, vaisseau de guerre en route pour la Crimée. On dénombre 700 morts, aucun survivant. La nouvelle de ce naufrage vient conforter après coup l'intérêt d'un service météorologique.

Le réseau d'observation s'appuie sur le télégraphe

Le Verrier expose en juin 1856 à l'Académie des sciences la répartition des tâches entre les deux administrations : « … il fut convenu avec M. le directeur général De Vougy, que l'Administration des lignes télégraphiques ferait recueillir les observations par ses agents et les ferait transmettre à l'Observatoire impérial de Paris, partie par le télégraphe, partie par la poste ; tandis que de son côté, l'Observatoire fournirait les instruments et les instructions, réduirait les observations et les ferait publier.

« … Pour ne pas trop surcharger les employés, trois observations seulement par jour ont été ordonnées, à l'ouverture du bureau, à 3 heures et à 9 heures du soir, avec invitation d'observer plus fréquemment s'il était possible. »

Le réseau français d'observation météorologique est donc rapidement établi. Hors Paris, le réseau comporte 24 points de mesure tenus par des employés de l'administration du télégraphe. Pour ne pas surcharger le trafic du télégraphe, seulement treize d'entre eux transmettent leur observation par télégraphe. Le 30 juin 1856, Le Verrier signale à l'Académie des sciences que « … le Bulletin météorologique des divers points de la France, recueilli par voie télégraphique, est maintenant complet, et qu'il est publié chaque jour dans le journal du soir La Patrie. »

Visiter l'exposition Mesurer l'atmosphère Le Verrier (Urbain)

Actualité par Météo-France