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2007-2008 : Année Polaire Internationale

01/03/2007

La quatrième Année Polaire Internationale a été inaugurée mercredi 1er mars 2007 par l'ICSU (Conseil international pour la science) et l'Organisation météorologique mondiale (OMM) à Paris.

Les régions polaires sont des zones clés pour étudier des questions concernant l'ensemble de la planète : l'évolution du climat ou de la biodiversité, le trou d'ozone, la chimie de l'atmosphère, la dynamique des océans, la structure du globe...

Cette nouvelle Année polaire internationale est l'occasion d'organiser des campagnes interdisciplinaires et internationales de grande envergure, capables de faire franchir de nouvelles étapes à la recherche polaire dans les hémisphères nord et sud.

L'Année Polaire Internationale 2007-2008 comprend plus de 220 projets auxquels participeront plus de 50 000 personnes de 63 pays et mobilise un large éventail de disciplines scientifiques, de la géophysique et de l'écologie, aux sciences sociales et économiques.

Présent aux pôles depuis 1950, Météo-France va intensifier ses activités de recherche durant l'Année Polaire Internationale.

Météo-France renforce ses moyens de mesure en mer dans la zone Arctique

Dans le cadre de l'Année Polaire Internationale, le voilier polaire Tara entreprend une dérive de deux ans dans les glaces de l'océan Arctique, équipé par le Centre de météo marine de Météo-France d'une station automatique de mesure Minos. Les données reçues sont intégrées dans le Système Mondial de Transmission de données météo (SMT). Cette station fonctionne déjà parfaitement : elle affiche généralement des températures de – 25°C et a par exemple permis d'enregistrer du 11 au 14 novembre 2006 un réchauffement sur la banquise passant de –25°C à –5°C.

Météo-France va également installer 12 bouées en Arctique dans le cadre du programme européen E-Surfmar. Elles transmettront des mesures de pression et de température durant toute l'Année Polaire Internationale. En 2006, deux premières bouées ont été larguées par avion sur la banquise et fonctionnent depuis parfaitement ; dix autres seront mises en place en 2007, cette fois par bateau.

Concordiasi, améliorer l'exploitation des satellites polaires depuis l'Antarctique
Piloté par Météo-France et labellisé Année Polaire Internationale, le programme international Concordiasi prévoit une campagne de mesures à l'automne 2008 (printemps austral) en Antarctique. elle comprendra des radiosondages à la station Concordia et des lancements de ballons plafonnants pouvant lâcher des « dropsondes », sondes larguées à la demande sous parachute et effectuant des mesures lors de leur descente sur l'Antarctique. Des simulations numériques exploiteront les données de la campagne.

Ces mesures permettront principalement de valider les données des satellites en orbite polaire sur l'Antarctique, notamment les données du sondeur IASI. Installé sur le satellite météorologique européen MetOp-A lancé en octobre 2006, le sondeur IASI observera en détail le spectre infrarouge avec une précision accrue pour la mesure de la température et d'humidité.

Les données de Concordiasi enrichiront également les études météorologiques et climatiques fines du plateau Antarctique, ainsi que les simulations et prévisions de la couche d'ozone.

Concordiasi permettra de définir un système pérenne de surveillance du climat de l'Antarctique tenant compte du potentiel de données de capteurs avancés tels que IASI.

Météo-France partenaire de l'expédition de Jean-Louis Etienne en Arctique

Météo-France est partenaire technique, scientifique et pédagogique de l'expédition Pole Airship menée en 2007 et 2008 par l'aventurier Jean-Louis Etienne. Celui-ci rejoindra l'Alaska en passant par le pôle Nord à bord d'un ballon dirigeable équipé d'instruments de mesure. Durant ces 3 mois, il effectuera des mesures d'épaisseur de la banquise et de certains paramètres météorologiques et les transmettra à Météo-France.
L'océan Arctique constituant un témoin précieux du réchauffement climatique, les scientifiques pourront valider les différents scénarios d'évolution du climat grâce à ces données d'observation.

Météo-France réalisera l'assistance météorologique du vol afin d'optimiser la couverture de la zone de recueil des données. Cette assistance portera sur le vol de rapatriement Moscou/Paris en juin 2007, les vols d'essais sur le territoire français entre juin 2007 et février 2008 et l'expédition proprement dite, de la mi-mars à la mi-mai 2008 (de la France à l'Alaska en passant le pôle Nord).

Météo-France présent en permanence en Antarctique et Sub-antarctique depuis 1950
Depuis 1950, Météo-France est implanté à la station Dumont d'Urville, en Terre Adélie, où règnent des conditions climatiques extrêmes : températures inférieures à -30°C, vents supérieurs à 250 km/h et plus de 100 jours de neige par an.

Relayés tous les douze mois, une équipe de Météo-France y effectue chaque jour des observations au sol, un radiosondage, des relevés climatologiques, des prévisions météo pour les activités de la station et les opérations de ravitaillement (4 fois par an), notamment grâce aux images des satellites à orbite polaire reçues directement. Des sondages ozone sont également réalisés chaque année pour l'Institut Paul-Simon Laplace (IPSL).

Une équipe de Météo-France effectue des tâches similaires aux îles Kerguelen.
Météo-France réalise également des mesures de surface dans les îles australes grâce à des stations automatiques installées à Crozet et Amsterdam, où des sondages en altitude sont également réalisés chaque jour par des Volontaires civils à l'aide technique recrutés par l'Institut Paul-Emile-Victor. Reçues à l'île de la Réunion, ces mesures servent à calibrer les mesures d'ozone conduites par l'Institut Paul-Simon Laplace (IPSL).

Observer la glace aux pôles

Météo-France conduit le centre d'applications satellitaires « Océans et Glaces de mer » (SAF OSI), qui comprend également les services météorologiques suédois, danois, hollandais et norvégien, ainsi que l'IFREMER.

Le SAF "Océans et Glaces de mer" détermine les paramètres de surface des océans et les flux de rayonnement à partir des données des satellites européens Météosat Seconde Génération et METOP : le service météorologique norvégien, en collaboration avec les services danois et suédois, fournit chaque jour l'étendue, le type et la concentration des glaces de mer.

Une représentation de l'étendue des glaces de mer autour du pôle Nord est ainsi régulièrement réactualisée sur le site http://osisaf.met.no/p/ice/.

Actualité par Météo-France