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Décryptage : Pourquoi les orages sont-ils difficiles à prévoir ?

18/08/2014

En France, les orages se produisent dans toutes les régions avec une plus grande fréquence en été. Ils se forment lorsque l'atmosphère est instable et sont toujours liés à la présence de cumulonimbus, dit aussi nuages d'orage. Souvent accompagnés d'autres phénomènes violents (rafales de vent, pluies intenses, grêle, trombe et tornade), les orages figurent parmi les phénomènes météorologiques les plus difficiles à prévoir. Explications.

Des phénomènes atmosphériques complexes
Les processus physiques à l'origine des orages sont complexes et font intervenir de nombreux "ingrédients". Outre l'état de l'atmosphère, leur formation dépend beaucoup des conditions locales très variables de température et d'humidité des sols, conditionnées par la nature du sol, le type de végétation, mais aussi la configuration du relief.
Les orages sont par ailleurs de courte durée (de quelques dizaines de minutes à quelque heures) et concernent des zones limitées (quelques dizaines de kilomètres) comparés par exemple aux tempêtes.

Des modèles pour améliorer la prévision des orages
Les modèles numériques de prévision d'échelle globale simulent imparfaitement ces phénomènes locaux et brefs. Ils permettent d'identifier les zones géographiques qui réunissent les conditions favorables au développement des cumulonimbus et donc le déclenchement des orages, mais pas de déterminer leur localisation précise, ni leur intensité. De nouveaux modèles numériques à aire limitée et à "maille fine", tels que le modèle Arome de Météo-France, permettent cependant de progresser dans la prévision des orages. Grâce à une résolution spatiale de 2,5 km en 2014, Arome prend mieux en compte les effets du relief et de la nature des sols, les diverses observations disponibles et en particulier celles issues des radars hydrométéorologiques. Il décrit aussi plus précisément les processus physiques responsables du déclenchement des orages. Leur développement et leur évolution sont ainsi simulées de manière plus réaliste. Toutefois, l'erreur de localisation reste encore de l'ordre de grandeur de la taille du phénomène, soit quelques dizaines de kilomètres.

La vigilance : une information sur un risque à l'échelle du département
La vigilance orange pour orages signale un risque de survenue d'orages organisés et violents sur un département. Un risque d'orages isolés (même s'ils peuvent être localement puissants) se traduit par une vigilance jaune.
L'évaluation de ce risque est réalisée par les prévisionnistes à partir de l'analyse des différents scénarios proposés par les modèles de prévision numériques et de leur connaissance du climat local, et comporte nécessairement une part d'incertitude. Ainsi la vigilance fournit une cartographie des départements qui seront a priori les plus concernés par le phénomène.
Or, même organisés, les orages touchent généralement une zone géographique restreinte, plus petite que le département. C'est pourquoi la vigilance orange peut alors nous sembler, après coup, peu pertinente alors qu'un risque était bien présent et que de violents orages ont éclaté à quelques kilomètres du lieu où on se trouvait ou dans des zones inhabitées.

Des orages forts se produisent dans 80% des cas de vigilance orange
La vigilance météorologique fait chaque année l'objet d'une évaluation conjointe par Météo-France, la Direction de la Sécurité civile, la Direction Générale de la Prévention des Risques et tous les partenaires *. Chaque situation orageuse significative ayant donné lieu ou non à l'activation de la vigilance orange est analysée en détail en tenant compte des impacts observés et des retours des partenaires.
Sur les quatre dernières années, dans 80% des cas, un département placé en vigilance orange pour orage a bien été concerné par ce phénomène météorologique : des orages forts ou violents se sont produits sur tout ou partie du département. Ce "taux de pertinence" de la vigilance pour orage est en hausse régulière. Sur la période 2004-2009, il atteignait 70%. Cette progression a été rendue possible par les progrès de la prévision obtenus grâce notamment à l'apport des nouveaux modèles numériques à maille fine.

 

* Les partenaires de la Vigilance :
- la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (ministère de l'Intérieur)

- la Direction générale de la prévention des risques (ministère du Développement durable)
- la Délégation à la sécurité et à la circulation routières (ministère du Développement durable)
- l'Institut de veille sanitaire (sous tutelle du ministère en charge de la Santé)
- le Service hydrographique et océanographique de la marine (sous tutelle du ministère de la Défense)
 

Actualité par Météo-France