Glossaire

station (météorologique) automatique

Dire qu'une station météorologique d'observation au sol est implantée sur un site fixe, c'est caractériser ce dernier par la présence en un lieu géographique déterminé d'un ou plusieurs instruments formant, avec le cadre environnemental où ils sont implantés, un parc exactement descriptible. Or, la gestion de la station n'implique pas nécessairement que les personnes ayant pour mission de recueillir, contrôler, transmettre ou exploiter les données fournies par ces instruments soient pour tout ou partie d'entre elles présentes sur ce site, du moins de façon permanente ou fréquente : le ou les instruments peuvent associer capteurs et "centrales" d'acquisition de données afin d'effectuer de façon préprogrammée, sans intervention humaine, l'ensemble des observations ou mesures demandées, et la transmission par câble ou par ondes radio de ces données peut se faire automatiquement elle aussi — éventuellement après stockage — jusqu'à un ou plusieurs lieux d'exploitation plus ou moins éloignés, de sorte que la présence humaine à la station se limitera après installation à des visites de maintenance.

Ce sont les sites fixes au sol comportant de tels systèmes d'évaluation et de transmission automatisées de données que l'on appelle en principe des stations météorologiques automatiques ou, pour simplifier, des stations automatiques. (Il faut cependant souligner que pareille expression qualifie aussi très couramment les désignations génériques à la production de systèmes de ce genre, indépendamment de leurs possibles implantations : en ce sens, plus général, on peut même parler de stations automatiques associées par exemple à des bouées ancrées ou dérivantes, à des ballons-sondes , ou à tout autre type bien déterminé de support stationnaire ou mobile.) Les mises en place de stations automatiques se sont largement développées ces dernières décennies , grâce aux progrès de l'électronique et des transmissions bien entendu, mais d'abord parce qu'elles apportaient une solution à un problème de plus en plus contraignant aux niveaux humain, technique et économique : l'impossibilité pratique d'assurer sur place la gestion de l'ensemble des stations météorologiques au sol par un personnel spécialisé, disponible à tout moment d' observation et suffisamment nombreux.

À cet égard, l'automatisation des stations d'observation s'est révélée très bénéfique dans la gestion de réseaux spécifiques, tels que la climatologie , l' agrométéorologie , la surveillance de la qualité de l' air ou les campagnes d'expérimentation, ainsi que dans l'implantation de sites en environnement hostile, comme les îles inhabitées ou la haute montagne ; un exemple réunissant ces deux aspects — spécialisation et accès — est fourni en France par la vingtaine de stations automatiques du réseau Nivôse , réparties dans les Alpes, les Pyrénées et la montagne corse : ces stations, alimentées en énergie par panneaux solaires et éolienne , transmettent périodiquement par satellite les données qu'elles acquièrent concernant la vitesse maximale du vent et sa vitesse moyenne , la température , l' humidité relative , mais aussi la hauteur de neige au sol, mesurée grâce à un capteur à ultrasons avec une précision de 1 cm.

La précision à attendre des mesures est d'ailleurs un des problèmes cruciaux de l'automatisation, outre le fait que son principe même soulève dans certains cas de délicates interrogations (par exemple, comment mesurer la nébulosité , comment distinguer entre pluie , neige, brouillard ...). S'il est vrai que des réponses — souvent fondées sur la télédétection — ont pu être apportées à ces questions, il reste que l'automatisation d'un réseau météorologique donné réclame au préalable sur le terrain, pour chacun des sites de ce réseau, une évaluation de la précision effective des mesures en fonction de l'environnement du parc instrumental.