Glossaire

front

Région de la troposphère constituant une zone de transition dynamique et thermique entre deux masses d'air différentes par leurs caractéristiques de masse volumique, de température et d'humidité.

En l'absence d'autre précision, il est usuel de restreindre dans chaque hémisphère l'application de ce terme à un certain nombre de régions — dont l'Atlantique nord-est et l'Europe occidentale — appartenant à la zone dépressionnaire des latitudes tempérées, et au-dessus desquelles une des masses d'air contient une advection d'air "chaud" de direction générale ouest venu des latitudes subtropicales tandis que l'autre apporte un air "froid" venu des latitudes subpolaires. Dans ces régions, en effet, il survient fréquemment qu'une zone frontale apparaisse au sein d'une perturbation qui se développe par instabilité barocline : cette zone peut rester stationnaire, mais aussi évoluer en s'associant à des plages de valeurs élevées du tourbillon, soit dans le voisinage du courant-jet, soit près de la surface terrestre.

À maturation, pareil développement se traduit par un système nuageux "en lambda" (car rappelant la forme de la lettre grecque λ) qui témoigne de l'inclusion dans l'air froid d'un volume tourbillonnaire d'air chaud par enroulement autour du centre de la dépression associée à la perturbation, cela dans le sens inverse des aiguilles d'une montre pour l'hémisphère Nord, dans l'autre sens pour l'hémisphère Sud. La croissance de la branche supérieure du λ correspond à une zone de jonction entre deux volumes d'air froid, qui isole le volume d'air chaud de façon telle qu'il ne touche plus la surface terrestre : ce phénomène d'occlusion, créant en altitude un front occlus, enclenche généralement le comblement de la dépression et la disparition progressive de la perturbation. Déjà bien développées avant que ne soit apparue cette branche supérieure, les branches inférieure droite et inférieure gauche du λ, qui recouvrent respectivement le front chaud et le front froid de la perturbation, marquent sur la surface terrestre deux bandes étroites de variation spatiale rapide, presque discontinue, de la direction du vent et du tracé des lignes isobares et isothermes.