Glossaire

sécheresse

En dehors des mers, des lacs les plus vastes et des surfaces englacées ou enneigées, le cycle hydrologique entretient selon un rythme annuel l'alimentation en eau liquide de la surface terrestre grâce à un jeu de compensations entre deux processus contradictoires : d'un côté, l' infiltration d'eau liquide (ou liquéfiée) liée aux advections d' air humide , à la proximité de plans d'eau et cours d'eau, aux dépôts d'eau atmosphérique et surtout aux précipitations ; et de l'autre côté, l' évaporation (et la sublimation ) de l'eau répartie à travers cette même surface. Pareille évaporation n'atteint pratiquement jamais un état d'équilibre et peut être accélérée ou freinée par les plus ou moins fortes "résistances" que les composantes du milieu environnant opposent à la perte de l'eau superficielle : ces composantes sont d'abord l' air lui-même, en relation avec la vitesse du vent et les caractéristiques du sommet du couvert végétal ; puis le sol, dont le dessèchement fait obstacle à l'évaporation ; enfin et surtout, les différentes sortes de végétaux (du moins ceux pourvus de sève), qui génèrent un espace poreux entre le sol et l' atmosphère et qui régulent les pertes en eau dues à leur transpiration , principalement grâce au contrôle de l'ouverture d'organes microscopiques portés par leurs feuilles, les stomates .

Si puissante est la participation de la végétation dans son ensemble au processus d'évaporation en provenance de la terre ferme, que l'on a coutume d'appeler ce processus l' évapotranspiration ; celle-ci, comme les précipitations, est mesurable en millimètres de hauteur d'eau, équivalents à des litres par mètre carré. Alors, en un lieu et à un instant fixés, différents bilans peuvent s'établir entre les flux d'apport d'eau et d'évapotranspiration, respectivement pour l'air circulant près du sol, pour le sol lui-même et pour chaque sorte de plante qui le recouvre : de ces bilans se déduisent les quantités réelles d'eau que contiennent en ce lieu et à cet instant l'air, le sol et chaque sorte de plante, et ces quantités sont à comparer aux quantités maximales d'eau que pourraient respectivement contenir ces composantes de l'environnement, la différence entre deux quantités correspondantes mesurant le déficit hydrique relatif à la composante considérée. Lorsque sur une région donnée, au cours d'une période déterminée, le déficit hydrique relatif à une composante reste constamment supérieur à une valeur de référence, la situation climatique s'étant instaurée sur cette région durant cette période est une situation de sécheresse, relative soit à l'air, soit au sol, soit à telle sorte de plante ou à la végétation dans son ensemble (la valeur de référence est supposée décrire une situation proche des normales d'un point de vue climatologique, ou bien préférable d'un point de vue agronomique, quant à l'apport en eau dont bénéficie la composante environnementale).

Il existe ainsi de nombreuses qualifications distinctes de la sécheresse, du reste très corrélées, mais c'est la sécheresse relative à l'ensemble de la végétation qui caractérise le mieux ce genre de phénomène. Celui-ci, lorsqu'il est limité en durée et en intensité, n'est pas toujours préjudiciable à la vie des plantes, qui approfondissent alors leurs racines ou bien qui peuvent avoir besoin d'une période de temps sec à certains stades de leur développement ; au-delà, la disponibilité insuffisante en eau affecte le métabolisme végétal jusqu'à apporter le dommage et pour finir la destruction. En fait, la sécheresse est intégrée normalement à l'activité des zones très arides ; tout autres sont ses prolongements en climat tempéré , où des successions déterminées de déficits en précipitations aboutissent à des appauvrissements durables des nappes phréatiques. Une catastrophe d'un autre ordre affecte des milieux tropicaux tels que le Sahel, où les risques de désertification soulèvent les difficiles questions des "causes" de la sécheresse, de sa prévision climatique et de la réversibilité de ses effets sur l'environnement.