Glossaire

maille

La simulation numérique de l'évolution de l'atmosphère fait appel à des modèles de prévision météorologique qui décrivent le comportement de l'air à partir d'un système d'équations mathématiques liant les principaux paramètres atmosphériques : pression, température, vent, humidité... Puisque ce type de système met en jeu de façon continue chacun des points de l'atmosphère, c'est aussi en chacun de ces points qu'il faudrait en trouver les solutions, ce qui est impossible : aussi les modèles recourent-ils à une représentation simplifiée de l'atmosphère, dans laquelle les champs météorologiques ne sont connus qu'aux points d'un quadrillage horizontal et vertical appelé la grille du modèle ; alors, parmi les surfaces horizontales regroupant successivement ces points à différents niveaux, celle qui fait ressortir le plus clairement la disposition et la densité de ce quadrillage est la surface la plus proche de la surface terrestre, et c'est pourquoi l'on caractérise la grille du modèle par sa maille, c'est-à-dire par le dessin de l'un quelconque des quadrilatères élémentaires qui composent cette grille sur la surface horizontale ou quasi horizontale ainsi sélectionnée. Un tel quadrilatère, réunissant deux couples de points de grille successifs dans chacune des deux directions horizontales, est de forme carrée ou voisine d'un carré, et la dimension de la maille, c'est-à-dire la longueur (ou la longueur moyenne) de ses côtés, constitue une donnée descriptive essentielle du modèle, dont elle caractérise la résolution.

Un modèle peut être "à maille fine" : celle-ci est alors de dimension moyenne ou plus ou moins petite, de l'ordre de quelques kilomètres par exemple à mésoéchelle. Dans ce cas, le nombre de calculs à effectuer à chaque pas de temps de la prévision devient élevé, du fait du grand nombre de points de grille répartis au sein de l'atmosphère : aussi ce genre de modèle n'est-il employé que pour des échéances assez courtes — 24 ou 36 heures —, sans quoi le temps de calcul nécessaire à chaque prévision deviendrait excessif.

Un modèle peut aussi être "à maille large", celle-ci étant de grande ou très grande dimension : c'est par exemple le cas du modèle du CEPMMT ; l'échéance, pour un temps de calcul analogue, peut alors devenir plus longue et atteindre 7 à 10 jours. La grille d'un modèle à aire limitée peut d'ailleurs s'insérer dans celle d'un modèle de prévision recouvrant un domaine plus vaste (qui comprend cette aire) et recourant à une maille plus large, de plusieurs dizaines de kilomètres par exemple à l'échelle synoptique : les deux modèles fonctionnent alors de façon conjuguée sur cette aire limitée en qualité de modèles imbriqués , les points de grille du modèle à maille plus large étant inclus parmi les points, plus nombreux, du modèle à maille plus fine ; celui-ci permet ainsi un "agrandissement" de la description de la situation météorologique à l'intérieur de cette aire, à laquelle le modèle à maille plus large apporte des données nécessaires à l'analyse objective et à la détermination des conditions aux limites.

Enfin, la grille d'un modèle peut être tissée à partir d'une maille variable : celle-ci demeure assez large au-dessus d'endroits où la prévision présente moins d'intérêt relativement au domaine et à l'échéance choisis (plus les mouvements et phénomènes atmosphériques sont éloignés de ce domaine, en effet, et plus leurs conséquences mettront de temps à s'y manifester ensuite), tandis que cette maille devient de plus en plus fine à mesure que l'on se rapproche de ce domaine, qui est considéré comme prioritaire en qualité quant à la prévision ; ainsi, la grille du modèle français Arpège est très lâche aux antipodes, mais "zoome" sur la France et les pays limitrophes en y affinant sa maille jusqu'à une dimension d'environ 30 km.