Glossaire

isoligne

Il advient sans cesse en météorologie que l'on doive examiner à un instant donné, sur une surface incluse dans une région de l' atmosphère , les valeurs numériques ou bien d'autres caractéristiques quantifiables liées à une grandeur géométrique, physique, chimique ou biologique déterminée ; la surface envisagée peut être par exemple le relief du sol, un plan horizontal, une surface isobare , un plan de coupe verticale, etc. Pour représenter efficacement la répartition spatiale de ces valeurs ou de ces caractéristiques au moment que l'on a choisi, on trace alors sur cette surface des isolignes de la grandeur examinée, c'est-à-dire des courbes dont chacune joint les points en lesquels la valeur ou la caractéristique en question reste égale à un nombre constant (notons que les courbes ainsi tracées ne se coupent pas entre elles).

Les isolignes les plus couramment employées sont les lignes isohypses (qui ne sont généralement associées qu'à des surfaces isobares , où elles joignent les points de même altitude géopotentielle ), les lignes isobares (qui joignent des points de même pression atmosphérique ) et les lignes isothermes (qui joignent des points de même température de l' air ) ; mais la météorologie recourt également à quantité d'autres catégories d'isolignes (pour ne citer qu'un exemple parmi une bonne vingtaine de cas, les isotaches joignent les points de même vitesse du vent ). D'autre part, il faut bien remarquer que l'on désigne par ce terme non seulement les courbes que nous venons de définir, mais aussi leurs représentations planes, sur des cartes notamment, lesquelles présentent l'avantage de faire passer de l'espace tridimensionnel à un espace "manipulable" à deux dimensions, mais n'en sont pas moins distinctes, le plus souvent, des courbes dont elles se déduisent par projection (même sans tenir compte de l'échelle ni de la hauteur) : par exemple, une ligne isotherme sur une surface isobare n'est pas une courbe plane, à la différence de la "ligne isotherme" qui la représente sur une carte en lui "enlevant" la dimension verticale.

Le sens du terme "isoligne" peut être étendu aux courbes d'égale valeur d'une grandeur qui sont tracées sur un schéma ou un diagramme à deux ou trois dimensions, donc sur un plan abstrait ou sur une représentation plane en perspective (de l'espace réel ou d'un espace abstrait). Mais alors, les formes de telles isolignes deviennent complètement distinctes des formes adoptées par les isolignes relatives à une surface réelle ou à une projection plane de surface réelle, comme le montre l'exemple des réseaux d'isolignes d'un émagramme : ceux-ci déploient des isolignes de pression et de température — qui sont des droites parallèles respectivement à l'axe des abscisses et à celui des ordonnées — , des isolignes de température potentielle ou (isolignes) adiabatiques (sèches), des isolignes de thêta prime w encore appelées (isolignes) pseudoadiabatiques ou adiabatiques saturées , enfin des isolignes de rapport de mélange de saturation ; du fait que la température potentielle d'une parcelle d'air dépend uniquement de l' entropie de cette parcelle — plus précisément, elle en est une fonction croissante — , les isolignes adiabatiques non saturées sont pareillement des isolignes d'entropie et s'appellent tout aussi bien des (isolignes) isentropes , de même que les surfaces et les courbes d'égale valeur de la température potentielle, dans l'espace réel ou sur une surface réelle (ou une projection plane de surface réelle), sont de façon équivalente des surfaces et des courbes d'égale valeur de l'entropie et s'appellent des surfaces isentropes et (pour les isolignes d'entropie) des lignes isentropes .