Glossaire

grille

Découpage imaginaire de l'atmosphère en quelques millions de pavés, permettant d'effectuer les calculs dans un modèle numérique de prévision météorologique. Sur une surface horizontale (ou verticale), ce découpage forme une grille, d'où le nom qu'on donne à ce découpage fictif.

Plus précisément, la prévision météorologique à une échéance donnée s'attache à calculer les valeurs qu'adopteront à l'issue de cette échéance un certain nombre de grandeurs physiques dont la connaissance est considérée comme suffisante pour pouvoir décrire le temps sensible à l'intérieur et aux frontières d'un domaine spatial déterminé de l'atmosphère. Que cette prévision soit pratiquée à la main ou, comme c'est le cas aujourd'hui, avec l'aide de modèles numériques de prévision implantés sur ordinateur, une première contrainte impose une condition sine qua non à la réalisation de ce genre d'opération : la donnée de l'état initial du domaine spatial, c'est-à-dire la fourniture des valeurs qu'y prennent les grandeurs utilisées au moment où doit démarrer la prévision (pression atmosphérique, température, vitesse et direction du vent, vitesse de déplacement vertical de l'air, teneur en vapeur d'eau, etc.). Ainsi, la connaissance à un instant donné t des valeurs prises en chaque point de l'atmosphère par tous ces paramètres physiques devrait être nécessaire pour effectuer la prévision météorologique de façon numérique.

Or, il existe en théorie une infinité de tels points : ces mesures sont donc impossibles, et il en va de même pour tous les calculs qui devraient permettre d'obtenir l'état de l'atmosphère un certain laps de temps plus tard. On se contente donc d'une connaissance lacunaire en décomposant l'espace atmosphérique en pavés (par un découpage horizontal et vertical) et en considérant que la connaissance des paramètres d'un des points du pavé représente l'état de tous les points de ce pavé. À partir des valeurs mesurées en s'appuyant sur les données initiales, on calcule alors, grâce à des méthodes d'interpolation assez sophistiquées, les valeurs des paramètres aux différents coins du pavé : ce sont ces derniers que l'on appelle les points de grille. On obtient ainsi l'état initial nécessaire au fonctionnement du modèle, lequel va calculer les nouvelles valeurs que devront prendre les paramètres précédents au bout d'un intervalle de temps de quelques minutes appelé le pas de temps du modèle. Ces nouvelles valeurs deviendront à leur tour les conditions initiales nécessaires au départ d'un nouveau calcul de valeurs — celles qui auront été prises au bout d'un nouvel intervalle de temps, et ainsi de suite jusqu'à l'échéance maximale admise par le modèle (cette échéance peut être de 36, 72, 96 heures, etc.).

Un quadrilatère élémentaire dessiné par la grille au niveau de la surface terrestre est appelé une maille de la grille ; la longueur de ses côtés y mesure la distance horizontale entre deux points de grille successifs, qui est une donnée caractéristique du modèle.

Le découpage de la grille selon la verticale est généralement effectué suivant les niveaux de même pression, ou niveaux des surfaces isobares standards : 850 hPa , 700 hPa, etc.

Le pas de temps, dans un modèle, est lui aussi très important, pour sa finesse comme pour son influence sur le temps global de calcul. Mais il faut souligner qu'il existe une liaison entre maille et pas de temps, qui limite la première en fonction de l'autre et vice versa.

Notons surtout qu'il existe plusieurs sortes de modèles, donc plusieurs sortes de grilles : par exemple, un modèle climatique n'aura pas besoin de disposer de nombreux points, d'autant moins que l'échéance visée, alors, est longue et implique de ce fait des calculs nombreux.