Glossaire

échéance (de prévision)

La prévision météorologique s'effectue au-dessus d'un domaine géographique fixé où elle fournit les résultats à attendre pour les valeurs des principales grandeurs météorologiques et pour le temps sensible qui résultera de ces valeurs ; à cette fin, elle part d'un certain instant initial t 0 où est supposé correctement décrit l'état initial de l'atmosphère au-dessus du domaine considéré ainsi qu'aux alentours de ce domaine, et elle recourt à des combinaisons de moyens techniques dont les plus connus sont les modèles numériques de prévision , bien que figurent aussi au nombre de ces moyens, par exemple, les cartes pointées, les émagrammes, les calculs statistiques ou les instruments de télédétection. Dans tous les cas, la prévision fournit des résultats décrivant quelle sera la situation météorologique à certains instants futurs t ; si ces résultats sont jugés exploitables opérationnellement sur le domaine géographique pour tous les instants t compris entre t 0 et un moment ultérieur déterminé t E , cette prévision est qualifiée de prévision à échéance Δ t , où Δ t , égal à t E - t 0 , mesure l'intervalle de temps qui s'écoulera de t 0 à t E : toute "sortie" de prévision à un instant intermédiaire t est alors une prévision à l'échéance intermédiaire t - t 0 .

Si maintenant une valeur constante de Δ t peut être associée aux résultats de prévision, cela quelles que soient les valeurs récurrentes t 0 , t' 0 , t'' 0 ... de l'instant initial dans la chaîne opérationnelle, alors c'est la méthode de prévision elle-même qui est dite à échéance Δ t . Par exemple, une prévision partant du 1 er août 2006 à 0 heure UTC pour fournir le temps qui régnera le 3 août 2006 à 12 heures UTC est une prévision à 60 heures d'échéance ; si elle est issue d'une chaîne de prévision qui, à partir des données du jour J à 0 heure UTC, fournit le temps du jour J + 2 à 12 heures UTC, cette chaîne s'appuie sur une méthode de prévision "à 60 heures" (d'échéance). On précise souvent les échéances des "sorties" de prévisions par des notations en heures telles que J + 12, J + 18, J + 48, etc. (ou H + 12, etc.), ou bien en jours, comme J + 1, J + 3, J + 7, etc., dès lors qu'il n'y a pas ambiguïté : "J + 3", par exemple, se lit "à 3 jours" (d'échéance) et est synonyme de "J + 72" (ou "H + 72").

Les méthodes de prévision dépendent fondamentalement de l'échelle spatio-temporelle des phénomènes dont elles cherchent à suivre l'évolution ; c'est pourquoi l'on classe suivant plusieurs ordres de grandeur les échéances qui leur correspondent. Ainsi, la prévision à courte échéance — on emploie aussi le substantif masculin "terme" à la place d'"échéance" et l'expression "brève échéance" à la place de "courte échéance" — est celle qui s'applique couramment aux phénomènes d'échelle synoptique jusqu'à une échéance d'environ 3 jours ; mais plus le délai de prévision se resserre, plus le suivi de phénomènes locaux comme les orages prend de l'importance, exigeant alors, jusqu'à une échéance de 6, voire 12 heures, l'introduction de méthodes de prévision dites à très courte échéance (les modèles non hydrostatiques, par exemple), ou même s'appuyant sur une poursuite instrumentale jusqu'à 2 heures d'échéance dans la prévision immédiate. Dans l'autre sens, le créneau de la moyenne échéance , qui s'étend sur une échéance allant de 3 jours à environ 10 jours, est associé à une prévision à l'échelle suprasynoptique où les phénomènes numériques de chaos ne sont pas absents et justifient l'emploi de méthodes de prévision d'ensemble . Au-delà de 10 jours, enfin, la longue échéance regroupe des méthodes expérimentales, où le cadre théorique de la prévisibilité — inférieur à 20 jours — cède le pas à la prévision de grandes tendances à l'échelle climatologique (telle qu'assumée par la prévision saisonnière), puis à la prévision des évolutions du climat à l'aide de modèles numériques spéciaux : les modèles climatiques.