Glossaire

crue soudaine

  Curieux  

Parmi les crues capables d'entraîner des inondations qui endommagent ou dévastent une région, les crues soudaines se distinguent par quatre traits marquants qui à la fois les définissent et précisent tout le danger qu'elles présentent pour la sécurité des biens, mais bien plus encore des personnes :
 

  • leur total atypisme par rapport aux données moyennes des cours d'eau concernés. Ceux-ci sont souvent des fleuves ou affluents de débit moyen modeste, qui pour cette raison traversent des villes et des villages où ils apparaissent habituellement comme familiers et sans danger ;

  •  
  • leur difficile prévisibilité. Hormis les accidents d'origine humaine — ruptures de barrage ou de digue — , leurs causes sont à chercher dans des précipitations extrêmement abondantes se concentrant sur des aires très limitées et se prolongeant sur une durée exceptionnelle en amont des cours d'eau en crue. Le cas le plus caractéristique de telles situations météorologiques est celui des violentes averses orageuses associées à certains systèmes convectifs qui, au lieu de se déplacer puis de disparaître, s'auto-entretiennent pendant plusieurs heures au-dessus d'une même région : or, s'il est possible de prévoir l'étendue et la persistance de foyers orageux au-dessus d'une région à l'échelle synoptique, et même le risque que cette situation ne génère des systèmes convectifs de ce type, il est infiniment plus délicat de prévoir la localisation de ces derniers, dont dépend précisément la prévision des phénomènes de crue soudaine. Il arrive d'ailleurs que les hauteurs de précipitation atteignent dans de tels cas des valeurs complètement hors normes en un site de mesure précis, alors qu'à quelques kilomètres de ce site elles gardent des valeurs modérées ;

  •  
  • la rapidité de leur montée, qui sert à les désigner (en anglais : flash flood ). Au contraire de la plupart des crues, le débit et le niveau des cours d'eau qu'elles saisissent s'amplifient à une vitesse spectaculaire, atteignant des valeurs catastrophiques en une durée de l'ordre de l'heure, voire de quelques minutes (c'est le cas lors de la confluence de deux cours d'eau subissant ce phénomène). Une telle brièveté ne permet souvent pas de prendre comme il conviendrait les mesures de protection et d'évacuation auxquelles recourent usuellement les autorités civiles pour parer aux conséquences les plus graves des inondations ;

  •  
  • enfin, corrélativement à cette rapidité, leur puissance et leur violence. Les phénomènes météorologiques à l'origine des crues soudaines se développent et se maintiennent généralement à proximité de reliefs assez importants, de sorte que les fleuves et rivières affectés par les crues soudaines ont souvent en amont une assez forte pente (au moins au début de leur cours), un lit étroit, un caractère en partie torrentiel : dans ces conditions, la vitesse d'écoulement du fleuve ou de l'affluent en crue lui procure une énergie dévastatrice, déclenchant des phénomènes annexes comme les coulées de boue et emportant véhicules, habitations et ouvrages d'art, à commencer par les ponts.

 

Les villes et villages de la ceinture méditerranéenne, en France, sont pour des raisons climatiques particulièrement exposés aux ravages récurrents des crues soudaines. On se doit de rappeler à cet égard, parmi les exemples récents, les événements dramatiques vécus à Nîmes dans le Gard en octobre 1988, à Vaison-la-Romaine dans le Vaucluse et à Rennes-les-Bains dans l'Aude en septembre 1992, à Puisserguier dans l'Hérault en janvier 1996, sur une grande partie du Roussillon et du Languedoc en novembre 1999, dans le Gard, le nord-est de l'Hérault et une partie du Vaucluse et de l'Ardèche en septembre 2002.


  Initié  

La prévision du risque de crues soudaines

Certains régimes de temps, en France, tendent à amplifier les risques de déclenchement de crues soudaines en entretenant des épisodes pluvieux intenses et prolongés : c'est entre autres exemples le cas en automne pour les conditions de temps appelées "épisodes cévenols", dans le Sud-Est, là où des masses d'air chaudes et humides portées par un flux de sud subissent une ascendance orographique brutale qui les confronte à l'air froid d'altitude. Ces épisodes entraînent une saturation des sols qui accroît considérablement les risques de crue, tels qu'ils peuvent être évalués à partir de la prévision de la lame d'eau sur tel ou tel territoire menacé par des situations extrêmes, qu'il s'agisse d'orages violents et stationnaires ou de la simple continuation de fortes chutes de pluie .

Or, dans de telles situations, les modèles numériques de prévision à l'échelle synoptique ont inévitablement tendance à prévoir une lame d'eau trop "lissée", qui sous-évalue les maximums possibles. Cependant, l'application de modèles non hydrostatiques à des échelles moyennes devrait bientôt permettre de surmonter ces difficultés en fournissant des estimations à la fois plus serrées dans l'espace et plus précises, sur lesquelles les prévisionnistes régionaux et locaux — dont l'expérience est primordiale dans ce genre de situation — trouveraient alors un meilleur appui pour confirmer ou affiner leurs conclusions.

Les villes et villages de la ceinture méditerranéenne, en France, sont pour des raisons climatiques particulièrement exposés aux ravages récurrents des crues soudaines. On se doit de rappeler à cet égard, parmi les exemples récents, les événements dramatiques vécus à Nîmes dans le Gard en octobre 1988, à Vaison-la-Romaine dans le Vaucluse et à Rennes-les-Bains dans l'Aude en septembre 1992, à Puisserguier dans l'Hérault en janvier 1996, sur une grande partie du Roussillon et du Languedoc en novembre 1999, dans le Gard, le nord-est de l'Hérault et une partie du Vaucluse et de l'Ardèche en septembre 2002.