Activités et métiers

La prévision météorologique

© Météo-France / Pascal TaburetLa prévision météorologique constitue le cœur de métier de Météo-France. L'établissement produit aussi des prévisions spécialisées concernant l'état du sol en conditions hivernales, l'état du manteau neigeux, les états de mer et les surcotes, pour répondre notamment aux besoins de l'aviation civile et des transports terrestres et des missions de sécurité dans les massifs montagneux (avalanches et autres risques hydrologiques), en mer et en zone côtière.

Les compétences scientifiques et techniques de l'établissement lui permettent de couvrir l'ensemble des étapes de la chaîne de prévision : observation, modélisation, analyse par les prévisionnistes. Météo-France dispose par ailleurs d'un centre de recherche, qui vient en support à l'ensemble des équipes opérationnelles.

Cette approche associant maîtrise opérationnelle et recherches de haut niveau, unique sur le territoire français dans le domaine de la météorologie, permet à l'établissement d'accompagner les pouvoirs publics sur la prévention et la gestion des risques météorologiques.
 

Une expertise sur toute la chaîne de prévision

L'observation

Elle est le point de départ de toute prévision météorologique. Prévoir le temps des jours prochains, même à l'échelle locale, implique de recueillir des observations sur l'ensemble de la planète, au niveau du sol et en altitude. Cette tâche incombe aux services météorologiques nationaux des pays membres de l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Météo-France observe ainsi le temps en métropole et dans les départements d'outre-mer grâce à des stations météorologiques, des radars, des ballons-sondes. L'établissement récolte aussi les observations de l'océan superficiel transmises par ses instruments (bouées, bateaux). Le Centre de météorologie spatiale (CMS) de Météo-France, situé à Lannion (Côtes-d'Armor), reçoit, traite et diffuse par ailleurs les données des satellites météorologiques. Il travaille en lien avec plusieurs opérateurs internationaux comme EUMETSAT, l'organisation européenne d'exploitation de satellites pour la météorologie, ou l'agence américaine NOAA. L'établissement échange en outre certaines observations avec les autres services météorologiques afin de pouvoir réaliser des calculs de modélisation sur toute la planète.

La modélisation

Elle consiste à simuler les évolutions de l'atmosphère à partir d'un instant donné et pour les heures et jours à venir, grâce à des logiciels, les modèles, qui reproduisent les lois fondamentales de la thermodynamique et de la mécanique des fluides. Concrètement, les prévisionnistes commencent à simuler les grands phénomènes atmosphériques autour de la Terre grâce à des modèles globaux, puis zooment sur des portions de plus en plus petites de territoire grâce à des modèles à domaine limité, plus précis sur la zone qu'il couvre.

Météo-France a développé trois modèles complémentaires :
- ARPEGE (en 2015, résolution de 16 km sur l'ensemble du globe et 7,5 km sur l'Hexagone) : il permet de simuler et de prévoir les phénomènes de grande dimension comme les dépressions, les anticyclones ou les systèmes frontaux jusqu'à trois jours d'échéance
- ALADIN (en 2015, résolution de 7,5 km sur un domaine limité à quelques milliers de kilomètres carrés) : il est utilisé pour affiner les prévisions pour les Antilles, la Guyane, la Polynésie française et la Nouvelle Calédonie. Une version spécifique, baptisée ALADIN-REUNION est par ailleurs utilisée pour la prévision cyclonique dans l'océan Indien.
- AROME, modèle à très haute résolution (en 2015, 1,3 km) sur la France métropolitaine. Il permet d'y améliorer la prise en compte des phénomènes locaux et la prévision des phénomènes dangereux pour les échéances comprises entre 3 et 36 heures.

Les prévisionnistes de Météo-France utilise aussi le modèle du CEPMMT (Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, dont la France est État Membre).

Faire « tourner » ces modèles nécessite des calculateurs extrêmement puissants, les supercalculateurs. Depuis janvier 2014, Météo-France dispose de 2 supercalculateurs Bullx B710 DLC, d'une puissance de calcul théorique totale de 1 Pétaflops, soit 1 million de milliards d'opérations par seconde.
 

Copyright Météo-FranceL'expertise des prévisionnistes

Elle est indispensable pour analyser les résultats des modèles sur l'état attendu de l'atmosphère, choisir parmi les différents scénarios simulés celui qui apparaît comme le plus probable et le traduire en informations concrètes pour les utilisateurs (notamment en cartes et bulletins de prévision).

Les prévisionnistes de Météo-France évaluent l'incertitude associée aux prévisions, caractérisent les risques de phénomènes dangereux et prennent les décisions relatives à la vigilance. Ils assurent un contact direct avec certaines catégories d'utilisateurs, comme les services en charge de la sécurité civile en France.