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22/10/2014

Retour de la fraîcheur sur l’hexagone

Retour de la fraîcheur sur l’hexagone

Retour de la fraîcheur sur l’hexagone

22/10/2014

Dans la journée du mardi 21 octobre et la nuit qui a suivi, la perturbation liée à l'ancien ouragan Gonzalo a parcouru le pays, apportant de fortes averses, de fortes rafales de vent, et une masse d'air beaucoup plus fraîche dans son sillage. Cette dernière a gagné le pays mercredi 22, mettant fin à la douceur qui régnait généralement jusqu' ici sur la France.

Pression au niveau de la mer et température à 850 h Pa du 21 octobre à 00 UTC au 22 octobre 2014 à 12 UTC - Modèle Arpège du 21 octobre 2014 à 00 UTC

Pression au niveau de la mer et température à 850 h Pa (en bleu et vert les masses d'air froid, en jaune les masses d'air chaud) du 21 octobre à 00 UTC au 22 octobre 2014 à 12 UTC - Modèle Arpège du 21 octobre 2014 à 00 UTC
(Cliquer sur l'animation pour l'agrandir)


En circulant sur l'Atlantique Nord, la dépression issue de l'ancien ouragan Gonzalo a perdu ses caractéristiques tropicales pour devenir une dépression plus classique des moyennes latitudes. Elle a toutefois conservé une certaine vigueur et provoqué un changement de temps marqué sur la plupart des régions.

Le front a circulé principalement sur les régions du nord, en se renforçant sur le quart nord-est, donnant à son passage de fortes bourrasques, tandis qu'un ciel de traîne, porteur d'averses parfois orageuses, lui a succédé sur le nord du pays mardi 21, dans l'après-midi et la soirée. Sur le sud du pays, des vents forts ont balayé les régions méditerranéennes.


Les valeurs maximales des rafales de vent relevées entre mardi et mercredi matin sont les suivantes :
169 km/h à Bastia-ville  (Haute-Corse)
149 km/h au Cap Béar (Pyrénées-Orientales)
148 km/h au Cap Sagro (Haute-Corse)
140 km/h aux îles du Levant (Var)
117 km/h à Strasbourg
116 km/h à Melun (Seine-et-Marne) et  Toulon (Var)
113 km/h à Cassis (Bouches-du-Rhône)
107 km/h à Rocroi (Ardennes)
106 km/h à Calais (Pas de Calais) et l'aéroport Metz-Nancy Lorraine

Les températures ont par ailleurs fortement chuté et la neige a fait son retour sur les hauteurs des différents massifs (Vosges, Jura, Alpes du Nord, et localement Massif Central) à partir de 1000 m d'altitude.
Alors que les températures étaient encore très douces mardi 21 au matin, les valeurs relevées le 22 au matin sont beaucoup plus basses, avec souvent de 5 à 10 degrés perdus en 24 h. On a ainsi enregistré mercredi matin à 8 h :
13,8°C à Perpignan (contre 22,4°C à la même heure mardi 21)
13,3°C à Toulon (contre 18,7°C)
9,9°C à Lyon (contre 16,2°C)
9,4°C à Toulouse (contre 17,3°C)
7,7°C à Clermont-Ferrand (contre 16,4°C)
6,7°C à Bordeaux (contre 17,3°C)
6,2°C à Mulhouse (contre 14,8°C)
6,2°C à Limoges (contre 13,6°C)

Ces valeurs sont souvent proches des normales d'une fin octobre. Cette tendance devrait se confirmer demain jeudi, avant une petite remontée en fin de semaine.

 

22/10/2014

Aérosols sulfatés et changement climatique

Aérosols sulfatés et changement climatique

Aérosols sulfatés et changement climatique

22/10/2014

Depuis plus d'une trentaine d'années, la quantité d'énergie solaire reçue par la surface terrestre, en Europe et en Méditerranée, a beaucoup augmenté. Or, durant le même temps, la quantité d'aérosols sulfatés présents dans l'atmosphère de ces régions a significativement diminué. Des chercheurs de Météo-France1 et du Laboratoire d'aérologie, en collaboration avec des équipes suisse et espagnole, ont utilisé une nouvelle approche de modélisation afin de sonder le possible lien entre ces deux phénomènes2. Ils ont ainsi pu quantifier l'importante contribution des aérosols sulfatés aux évolutions de la quantité de rayonnement solaire reçu en surface et des températures dans cette région.

Un phénomène d'éclaircissement inexpliqué

Entre 1980 et 2012, l'Europe a connu une augmentation importante du rayonnement solaire reçu par la surface terrestre, un phénomène « d'éclaircissement » qui a succédé à une période marquée par l'effet inverse « d'assombrissement ». Or, la question se pose toujours de savoir quelle pourrait en être la cause. Les variations de nébulosité ne peuvent en effet à elles seules expliquer un tel phénomène, celui-ci étant également observé en l'absence de couverture nuageuse. Néanmoins, il semblerait que les aérosols sulfatés puissent constituer une cause plus probable.

Pourquoi les aérosols sulfatés ?

Les aérosols sulfatés interagissent avec le rayonnement solaire en le renvoyant dans toutes les directions (diffusion), dont une part non négligeable vers l'arrière (rétro-diffusion), et ce sans l'absorber comme peuvent le faire d'autres aérosols (les carbones-suies par exemple). Le rayonnement solaire reçu en surface est donc plus faible en présence de tels aérosols : c'est ce qu'on appelle l'effet parasol. Ces aérosols ont connu une diminution significative de leurs concentrations atmosphériques entre 1980 et 2012. Les émissions de leurs précurseurs3 dues aux activités humaines ont en effet considérablement diminué durant cette période, suite d'une part à la mise en place de nouvelles normes dans l'industrie et le transport pour améliorer la qualité de l'air et d'autre part aux crises économiques des années 1980 en Europe.

Prendre en compte les concentrations en aérosols dans les modèles climatiques

Toutefois, la plupart des modèles climatiques globaux et régionaux peinent à reproduire correctement les variations décennales du rayonnement solaire reçu en Europe, et aussi pour certains à rendre compte du réchauffement observé depuis une trentaine d'années.
Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont abordé la question de la contribution des aérosols sulfatés aux tendances climatiques observées en Europe au cours des trois dernières décennies à l'aide d'une approche originale. Cette approche consistait à utiliser un système de modélisation4  régionale comprenant un couplage complet entre l'atmosphère, la mer Méditerranée, les surfaces continentales et les rivières, tout en imposant comme conditions aux frontières du domaine régional les conditions météorologiques observées à grande échelle. Deux séries de simulations ont été menées sur la période d'éclaircissement (1980-2012), en incluant ou non la diminution des aérosols sulfatés. Elles ont été évaluées à la lumière de séries temporelles, récemment homogénéisées, de données d'observation du rayonnement solaire reçu en surface et de la température en surface.

Les aérosols sulfatés ont un impact notable sur le changement climatique

Les résultats indiquent que la prise en compte de la diminution des aérosols sulfatés conduit à une augmentation plus importante du rayonnement solaire reçu en surface, et ce quelles que soient les conditions nuageuses, et permet de mieux reproduire à la fois la structure spatiale et l'intensité de l'éclaircissement observé en Europe. La diminution des aérosols sulfatés serait ainsi responsable de 81 ± 16 % de l'éclaircissement en Europe. Des tests complémentaires sur les différents effets des aérosols sulfatés montrent que c'est l'effet direct des aérosols sulfatés (diffusion du rayonnement solaire) qui prédomine dans cette tendance par rapport aux effets semi-direct (impact sur la dynamique atmosphérique suite aux modifications du rayonnement solaire reçu en surface) et indirect (impact des aérosols sur les propriétés microphysiques des nuages).
 

Évolution moyenne du rayonnement solaire en surface entre 1980 et 2012

Évolution moyenne du rayonnement solaire reçu en surface (W/m²/décennie) entre 1980 et 2012, simulée en incluant (b) ou non (a) la diminution des aérosols sulfatés (épaisseur optique en isolignes noires) et observée (points colorés, réseau GEBA). © Météo-France – P. Nabat

 

Ce travail révèle aussi que l'augmentation du rayonnement solaire reçu du fait de la diminution des aérosols sulfatés entraîne un réchauffement supplémentaire en surface, non seulement dans les régions où les émissions de leurs précurseurs ont diminué (Benelux, Europe centrale, vallée du Pô), mais aussi dans les régions voisines (sud de l'Italie, Grèce, Turquie).
La comparaison avec les séries temporelles homogénéisées prouve que la diminution des aérosols sulfatés doit être prise en compte pour pouvoir reproduire correctement l'intensité et la structure spatiale de l'augmentation des températures de surface en Europe et des températures des eaux de surface de la mer Méditerranée. Cette diminution serait responsable de 23 ± 5 % de l'augmentation des températures en surface en Europe depuis 1980 et aurait donc contribué de manière notable au réchauffement climatique régional.

Ces travaux soulignent l'importance du rôle des aérosols sulfatés dans le changement climatique en Europe et en Méditerranée. Pour savoir si ces résultats peuvent être généralisés à l'ensemble de la planète, d'autres travaux similaires devront être menés dans d'autres régions. Ils confirment néanmoins la nécessité de mieux représenter les variations des aérosols sulfatés dans les modèles climatiques globaux.

 

1. Ce travail est une contribution aux programmes HyMeX (HYdrological cycle in the Mediterranean EXperiment) et ChArMEx (Chemistry-Aerosol Mediterranean Experiment) développés dans le cadre du programme MISTRALS du CNRS.
2. Nabat, P et al. (2014) Geophys. Res. Lett., doi:10.1002/2014GL060798.
3. Les aérosols sulfatés sont issus de réactions chimiques faisant intervenir différents composés soufrés (dioxyde de soufre, diméthlysulfate, hydrogène sulfuré…). Ces précurseurs sont émis à la fois par des sources naturelles (volcans, phytoplancton…) et par certaines activités humaines (combustion du charbon, transport…).
4. Ce système de modélisation est constitué de 4 modèles : NEMO pour l'océan, ALADIN-Climat pour l'atmosphère, ISBA pour les surfaces continentales et TRIP pour les rivières.

 

 

21/10/2014

Traqueurs de tornades

Traqueurs de tornades

Traqueurs de tornades

21/10/2014

Jeudi 23 octobre, la chaîne RMC Découverte diffusera un documentaire intitulé « Traqueurs de tornades », consacré aux périples de quatre chasseurs de tornades français, effectués en 2011 et 2013, à travers une douzaine d'États Américains sur la « Tornado Alley ».  
 


Parmi ces quatre férus de météo et de tornades, Tony le Bastard, élève ingénieur à l'École nationale de la météorologie (ENM), nous fera partager sa passion pour les conditions météorologiques extrêmes et sa quête de l'image parfaite. Michaël Kreitz, enseignant à l'ENM, au département Prévisions et applications de la météorologie, apportera son éclairage scientifique sur ce phénomène météorologique particulier.

Traqueurs de tornades (production : RMC Découverte – Peignoir Prod)
Jeudi 23 octobre sur la chaîne RMC Découverte à 20h45
Durée : 90 minutes

 

21/10/2014

Vague de chaleur record en Amérique du Sud

Vague de chaleur record en Amérique du Sud

Vague de chaleur record en Amérique du Sud

21/10/2014

La Bolivie, le Paraguay, le sud du Brésil et le nord de l'Argentine ont connu la semaine passée une intense vague de chaleur, avec à la clef des records absolus de température. Les températures ont atteint des valeurs jamais relevées dans de nombreuses villes, avec 42,9°C à Coxim (Brésil) le mercredi 15 octobre, 44,4°C à Resistencia (Argentine) et 43,6°C à Yacuiba (Bolivie) le jeudi 16, 46,1°C à Presidencia Roque Saenz Peña (Argentine) et 44,8°C à Pozo Colorado (Paraguay) le 17.  

Depuis deux semaines, un dôme d'air particulièrement chaud et sec était présent sur cette partie du continent sud-américain. La chaleur s'est brutalement accentuée en fin de semaine dernière et un léger vent de nord a déplacé cette masse d'air chaud vers des régions méridionales (nord-Argentine), où on a enregistré ces chaleurs parfois extrêmes, alors qu'on se trouve au cœur du printemps austral !

Amérique du Sud - Pression au niveau de la mer et température à 850 h Pa du 16 octobre à 06 UTC au 20 octobre 2014 à 06 UTC - Modèle Arpège du 16 octobre 2014 à 00 UTC

Pression au niveau de la mer et température à 850 h Pa (en bleu et vert les masses d'air froid, en orange les masses d'air chaud) du 16 octobre à  06 UTC au 20 octobre 2014 à 06 UTC - Modèle Arpège du 16 octobre 2014 à 00 UTC © Météo-France  (Cliquer sur l'animation pour l'agrandir).

 Dans les très basses couches de l'atmosphère, on observe localement des zones de basses pressions, au niveau des zones les plus chaudes. L'air surchauffé y est moins dense qu'aux alentours, et la pression plus faible que sur les zones voisines. Ce phénomène de dépression thermique est caractéristique des vagues de chaleur ou de canicules.

 

D'autres records absolus ont été battus en fin de semaine dernière. Le thermomètre a grimpé jusqu'à :
44,6°C à Mariscal Estigarribia (Paraguay) jeudi 16 et vendredi 17
43,7°C à Formosa (Argentine) vendredi 17
43,6°C à General Bruguez (Paraguay) jeudi 16
 42,4°C à Jujuy (Argentine, 921 m d'altitude) jeudi 16
42,0°C à San Jose de Chiquitos (Bolivie) jeudi 16,
41,8°C à Asuncion (Paraguay) jeudi 16.

La station Mirante de Santana, au nord de la ville brésilienne de Sao-Paulo, a enregistré elle aussi vendredi 17 un record de chaleur historique avec 37,8°C. Une valeur très élevée dans cette zone où le climat local est naturellement tempéré par l'altitude (environ 800 m), et l'humidité souvent présente. Le seuil des 35°C, rarement atteint, a été franchi 4 fois au cours de ce mois d'octobre 2014.

Bien que les températures aient retrouvé un niveau plus conforme aux normales de saison sur ces régions, la chaleur devrait être marquée cette semaine sur une bonne partie de l'Argentine, avec des valeurs souvent supérieures à 30°C, dignes d'un plein été.

 

20/10/2014

14-18 : aérostation et sondages aérologiques

14-18 : aérostation et sondages aérologiques

14-18 : aérostation et sondages aérologiques

20/10/2014

Pendant le conflit, les aérostiers réalisent des observations météorologiques lors de leur ascension, afin de pouvoir permettre à l'artillerie de bien régler ses tirs. Ces informations se révèlent cependant  trop peu nombreuses et trop irrégulières pour disposer en routine des observations nécessaires au tracé des cartes de vent en altitude. Or, ces dernières sont indispensables pour la prévision et l'aviation. Les sondages aérologiques apparaissent donc comme incontournables.

 

Saucisse Observatoire de Trappes

Saucisse. Observatoire de Trappes. © Météo-France


Découvrez le rôle de l'aérostation et le développement de l'observation météorologique par sondage dans notre rubrique La science météo au temps de la Grande Guerre.