2019

Bilan climatique outre-mer en 2019

Si 2019 a été en métropole la 3e année la plus chaude depuis le début des enregistrements, l'outre-mer n'a pas été en reste. En effet la plupart des territoires ultramarins ont connu une année 2019 plus chaude que la normale et des précipitations plus faibles. La Réunion et Mayotte ont même battu leurs records de température depuis 50 ans. 2019 est classée au 4e rang des années les plus chaudes depuis 1955 en Guyane. La moyenne des températures maximales en Martinique en 2019 a été la plus élevée depuis 1953. 7 mois sur 12 ont connu des températures au-dessus des normales au nord de la Polynésie française. Seules la Guadeloupe et les îles de Polynésie française au sud du 18e parallèle ont eu des températures dans les normes.

Ces faits marquants s'expliquent notamment par le réchauffement de long terme lié au changement climatique global. Sur les territoires d'outre-mer français (notamment à La Réunion), on a constaté une hausse des températures moyennes au cours des 50 dernières années, avec une accentuation sensible du réchauffement depuis les années 2000. Les projections climatiques indiquent une poursuite du réchauffement au 21e siècle, quel que soit le scénario d'émission de gaz à effet de serre.

  1. Antilles-Guyane
  2. Océan Indien (La Réunion et Mayotte)
  3. Nouvelle Calédonie
  4. Polynésie française

Antilles-Guyane

Le temps a été généralement plus chaud, plus sec et plus ensoleillé que la normale sur les départements français de la région Antilles-Guyane.

Aucun cyclone n'est venu impacter les îles ni aucune perturbation sévère en Guyane, même si l'ensemble de ces départements a enregistré quelques épisodes de pluies très intenses.

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Sommaire

Guadeloupe et îles du Nord : année déficitaire en pluie et bien ensoleillée

Durant les premiers mois de l'année, le relief et le piémont exposés aux alizés ont connu des précipitations dans les normes, voire légèrement au-dessus. Ailleurs, la saison sèche a été un peu déficitaire. Sur Saint-Barthélémy et Saint-Martin, la sécheresse est même devenue exceptionnelle ! Durant la saison des pluies, les îles ont connu des déficits mensuels remarquables de pluie. Seul le mois de septembre a apporté des pluies importantes par endroits (région pointoise et Saint-Martin) avec la proximité du cyclone Jerry. Au final, le bilan annuel des précipitations a été particulièrement déficitaire sur les îles du Nord ainsi qu'à la Désirade (699 mm alors que la normale est de 1 326 mm), un peu moins ailleurs (-10 % au Raizet avec 1 441 mm).

Avec 2 490 heures de soleil au Raizet, l'année a été l'une des plus ensoleillées depuis 20 ans, derrière 2007.

Les températures sont restées habituelles (26,6 °C de moyenne annuelle au Raizet), même si les derniers mois de l'année (de septembre à décembre) ont été particulièrement chauds et peu ventilés. Pourtant globalement sur l'année, le vent a soufflé un peu plus fort que d'habitude.

Faits marquants 

  • Températures extrêmes de l'année 

    • 35,0 °C le 13 septembre aux Abymes ;
    • 15,1 °C le 18 janvier à Morne-à-l'Eau et sur le relief 10,0 °C le 26 janvier à la Citerne.  

  • Maximum de précipitations  

    • 122 mm en 24 heures le 28 août à Petit-Bourg ;
    • 112 mm en 1 heure le 24 octobre à Sainte-Rose.      

  • Rafales maximales 

    • 92 km/h le 24 septembre à Saint-Barthélémy (proximité de la tempête tropicale Karen) ;
    • 82 km/h en août à Pointe-Noire.

 

 

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Martinique : une année chaude, très ensoleillée mais déficitaire en pluie

Jusqu'en mai, la pluviométrie a été déficitaire sur la majeure partie de l'île particulièrement durant la saison sèche. D'ailleurs, le déficit cumulé de janvier à mai s'apparente à celui des « Carêmes » les plus secs de 2001 et 2003. Malgré une reprise des pluies en juin et surtout juillet, la saison des pluies est restée déficitaire, même si octobre a été plus arrosé que la moyenne.

Le bilan annuel au Lamentin (1 692mm de pluie) traduit un déficit de presque 20 %. Une pluviométrie aussi faible arrive une fois tous les 6 ans en moyenne. Les jours de pluies ont été moins nombreux que d'ordinaire (192 jours pour une normale de 208 par an).

Déficit de pluie, mais excédent de soleil : c'est l'année la plus ensoleillée de ces 25 dernières années avec 2 618 heures au total à la station du Lamentin.

La température annuelle (27,3 °C) arrive au 6e rang des plus élevées. La Martinique n'a jamais connu une période aussi durablement chaude et peu ventilée entre septembre et décembre. La moyenne des maximales a été la plus élevée depuis le début des mesures en 1953, décembre 2019 étant même le mois de décembre le plus chaud de ces dernières années. Les journées de forte chaleur (>32 °C) sont beaucoup plus nombreuses que d'ordinaire (70 jours sur l'année pour une normale de 28).

Quant aux alizés, il est peu fréquent qu'ils s'affaiblissent aussi durablement entre septembre et novembre (cela se produit 1 fois tous les 8 ans sur la côte atlantique). Les plus fortes rafales de l'année ont pour origine la tempête tropicale Dorian.

Faits marquants

  • Températures extrêmes de l'année 

    • 35,8 °C le 14 septembre à la presqu'île de la Caravelle, et 15,5 °C le 10 janvier à Morne-Rouge.      

  •  Maximum de précipitations  

    • 63 mm en 1 heure le 27 août à Rivière-Pilote au passage de Dorian (111 mm en 24 heures) ;
    • 75 mm en 2 heures le 31 octobre à Rivière-Pilote et 92 mm à la Caravelle (200 mm en 24 heures).   

  • Rafale maximale 

    • 100 km/h le 27 août à la Caravelle (passage de la tempête tropicale Dorian).

 

 

 

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Guyane : un temps chaud et bien sec

L'influence de El Niño s'est surtout ressentie au cours des premiers mois de l'année (janvier-avril) qui ont été remarquablement secs. C'est la première fois depuis le début des mesures en 1955 qu'il pleut aussi peu durant ces 4 mois consécutifs, entraînant un déficit de pluie de 54 % sur cette période à l'échelle de toute la Guyane. Même si plusieurs mois ont ensuite été excédentaires (notamment de mai à août ainsi que décembre), la pluviométrie annuelle du département est déficitaire de 20 %.

L'année 2019 se classe ainsi au 5e rang des années les plus sèches depuis 1955.

Concernant les températures, l'année 2019 figure au 4ᵉ rang des années les plus chaudes depuis 1955. La température moyenne annuelle de 27,5 °C est supérieure à la normale (+0,6 °C). Quelques stations affichent des températures mensuelles (moyennes et maximales) 1 à 2 °C au-dessus des normales. À noter que depuis le début des mesures (1955), la température augmente progressivement en Guyane. Avant 1975, la température moyenne annuelle était souvent inférieure à 26 °C, puis de 1976 à 2001 elle était généralement comprise entre 26 et 27 °C (ne dépassant que 2 fois les 27 °C, en 1987 et 1998). Depuis 2002 elle est systématiquement supérieure à 27 °C.

Avec une durée d'insolation annuelle d'environ 2 143 heures à Cayenne-Matoury, l'ensoleillement est supérieur à la normale (2 003 heures) de 7 %.

Le vent moyen annuel reste faible et conforme à la normale (autour de 9 km/h). La pointe de vent maximale mesurée en 2019 s'est produite à Cayenne-Matoury le 10 septembre, atteignant 74 km/h.

Faits marquants

  • Depuis le début des mesures, dans de nombreuses communes : mois de mars et de septembre les plus secs, mois de juin et septembre les plus chauds       
  • Températures extrêmes de l'année :

    • 37,3 °C le 19 septembre à Saint-Laurent ;
    • 18,9 °C le 24 janvier à Charvein ainsi que le 28 février à Saül.

  • Maximum quotidien de précipitations  :

                • 146 mm le 8 décembre à Dégrad des Cannes.

  • Rafale maximale 

    • 74 km/h le 10 septembre à Cayenne-Matoury.

 

 

 

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