2017

Hiver 2016-2017 : bilan de l’enneigement dans les massifs français

Dans l'ensemble des massifs, la saison hivernale* 2016-2017 a été courte, marquée par une remarquable douceur des températures qui la classe au 3e rang des hivers les plus doux jamais observés.
Ses autres points marquants sont :
- des premières neiges prometteuses en novembre ;
- un enneigement démarrant en fait très tardivement, à cause d'une absence quasi totale de chutes de neige de fin novembre à mi-janvier ;
- un manteau neigeux se constituant progressivement de mi-janvier à début mars, où il atteint son plus haut niveau de l'hiver, avec des valeurs nettement supérieures à la normale dans les Pyrénées et en Corse, un peu supérieures dans les Alpes ;
- un enneigement resté le plus souvent très déficitaire à basse et moyenne altitude dans les Alpes ;
- une installation partout précoce, rapide et quasi définitive du printemps, qui entraîne une fonte rapide du manteau neigeux, avec environ quatre semaines d'avance ; elle est toutefois temporairement interrompue fin avril et début mai par d'ultimes offensives hivernales.
Le massif de Belledonne depuis Le Bourg-d'Oisans (Isère), au lendemain de l'offensive hivernale tardive et marquée du 25 au 28 avril 2017. © Daniel Goetz
 
 

Alpes du Nord

Un hiver remarquablement doux, une saison courte
Avec une température moyenne de 1,5 à 2 °C au-dessus de sa normale, la saison hivernale 2016-2017 est la 3e plus douce jamais observée, après 1989-1990 et 2006-2007. Les précipitations ont par ailleurs été presque partout très déficitaires : entre -25 et -45 %, ce qui arrive environ un hiver sur cinq à dix ; en Haute-Maurienne, le déficit a toutefois été moindre, entre -5 et -15 %.
L'enneigement se caractérise, comme la saison précédente, par un début très tardif, pratiquement mi-janvier, et une fin précoce. Cela est dû, d'une part, à une très longue période sans chutes de neige en début d'hiver, de fin novembre à mi-janvier, et d'autre part, à une installation du printemps début mars, à la fois précoce, marquée et quasi définitive. Entre les deux, les chutes de neige significatives se sont concentrées sur trois périodes : mi-janvier, première semaine de février et première semaine de mars, la plus neigeuse de ces trois périodes.
L'enneigement est ainsi resté en dessous de la moyenne durant presque toute la saison, hormis début mars, où, alors à son maximum de l'hiver, ses valeurs furent temporairement normales, voire supérieures. Le déficit de neige a par ailleurs été plus marqué en moyenne montagne. À l'inverse, la partie de la Haute-Maurienne proche de la frontière italienne a bénéficié d'un enneigement le plus souvent excédentaire durant la saison, grâce à des épisodes neigeux de « retour d'est ».
 

Alpes du Sud

Une saison courte, avec un enneigement souvent très modeste
Comme dans les Alpes du Nord, la saison hivernale 2016-2017, avec une température moyenne supérieure d'environ 1,5 °C à la normale, se révèle la 3e plus douce jamais observée (après 1988-1989 et 1989-1990). Les précipitations présentent également un déficit en général marqué (-25 à -45 %), ce qui arrive en moyenne une fois tous les 5 à 10 ans ; ce déficit a toutefois été moindre près de la frontière italienne et dans les Alpes-Maritimes (-10 à -20 %).
L'enneigement a en conséquence été à la fois de courte durée (début très tardif et fonte précoce) et très déficitaire durant pratiquement toute la saison, sauf près de l'Italie, grâce à des épisodes neigeux de « retour d'est ». Le déficit de neige a par ailleurs été plus sévère à moyenne altitude.
 

Pyrénées

Une saison courte mais avec un enneigement plutôt bon
La saison hivernale 2016-2017 a été globalement plutôt sèche, douce et ensoleillée. L'enneigement a débuté tardivement, et la fonte printanière a été assez précoce. Entre les deux, l'enneigement a pourtant en général été supérieur à la normale, sauf à basse et moyenne altitude, grâce à quelques épisodes neigeux, celui de mi-janvier étant remarquable.
 

Corse

Un enneigement tardif mais bon
L'enneigement en Corse s'est situé au-dessus des normales, après un démarrage tardif mi-janvier. Nettement excédentaire à toutes altitudes en février, grâce à d'importantes chutes de neige jusqu'à basse altitude, il s'est ensuite assez rapidement réduit à moyenne altitude à cause des températures souvent très douces. Plus haut, l'enneigement s'est maintenu à des valeurs tout à fait correctes jusqu'en mai.
 

Vosges

Un enneigement tardif et peu durable, du fait d'un hiver doux et très sec
La saison hivernale 2016-20176 se caractérise d'abord par une douceur remarquable : décembre, février et mars ont en effet été extrêmement doux, 3 à 4 °C au-dessus de la moyenne. Seul le mois de janvier a été nettement plus froid que la normale, du fait d'une vague de froid marquée : 1,5 °C à 3 °C en dessous de la normale. La saison se caractérise également par la faiblesse des précipitations, avec un déficit de -40 à -60 % durant les trois mois d'hiver (décembre-janvier-février). En conséquence, l'enneigement a été à la fois peu durable et peu important durant cet hiver.
 

Jura

Un hiver peu enneigé car très sec et globalement doux
La saison hivernale 2016-2017 dans le massif du Jura se caractérise, d'une part, par une sécheresse marquée (le déficit des précipitations en décembre-janvier-février est compris entre -40 et -60 %), et d'autre part, par une grande douceur des températures. En conséquence, l'enneigement a partout été modeste : le mètre de neige au sol n'a été atteint qu'aux plus hautes altitudes, et ce de façon temporaire, tandis que le nombre de jours avec au moins 10 cm de neige au sol a été la moitié de la normale. L'enneigement n'a de plus été continu que tardivement, à partir de début janvier, et seulement au-dessus d'environ 1100 m. La fonte printanière a également été à la fois précoce et rapide.
 

Massif central

Une saison courte, un enneigement globalement modeste
La saison hivernale 2016-2017 se caractérise, comme dans tous les autres massifs montagneux français, par sa très grande douceur. La température moyenne durant les trois mois d'hiver (décembre-janvier-février) a ainsi été supérieure de 2 à 3 °C à la normale. Ces trois mois ont également été marqués par un fort déficit en précipitations, entre -40 et -60 %, sauf sur le flanc sud-est du massif (selon un axe montagne Noire - sud de la Haute-Loire, en passant par les Cévennes et le Mézenc), où elles se situent autour de la normale, du fait de la survenue de plusieurs épisodes pluvieux dits cévenols. Tout cela a été le plus généralement défavorable à un bon enneigement, particulièrement en dessous de 1300 m d'altitude environ.
L'enneigement a de plus été tardif (à partir du 10 janvier) et sa fin précoce (entre mi-mars et début avril selon l'altitude). Entre les deux, l'épaisseur maximale atteinte par le manteau a été le plus souvent modeste, sauf aux plus hautes altitudes. Vers 1200 m dans le Cantal, l'hiver 2016-2017 figure au 9e rang des hivers les moins enneigés depuis une quarantaine d'années, ce qui équivaut à une durée de retour d'un tel hiver égale à une année sur 4 ou 5.
 
*15 décembre - 15 avril