2016

Hiver 2015-2016 : bilan de l’enneigement dans les massifs français

Dans l'ensemble des massifs, la saison hivernale 2015-2016 se caractérise par :
- un début tardif, avec une sévère pénurie de neige jusqu'au tout début du mois de janvier, à cause d'un mois de décembre exceptionnellement doux et sec ;
- un manteau neigeux qui s'est ensuite progressivement épaissi durant janvier et février, grâce à des précipitations souvent très abondantes ;
- un enneigement devenu normal dès la mi-février, puis excédentaire en mars, le seul mois de l'hiver plus froid que la normale ; toutefois, l'enneigement est resté déficitaire en moyenne montagne ainsi qu'en Corse, du fait d'une température moyenne durant l'hiver remarquablement douce ;
- une diminution rapide de l'enneigement avec l'arrivée du printemps, sauf en altitude dans les Alpes, où un temps assez frais et généralement très arrosé a retardé la fonte d'environ trois semaines.
 
Massif du Néouvielle (Hautes-Pyrénées), le 19 février 2016.
Massif du Néouvielle (Hautes-Pyrénées), le 19 février 2016 © Club alpin français de Tarbes
 

Alpes du Nord

Un enneigement décalé, bon seulement en altitude
L'enneigement de la saison 2015-2016 est marqué par un début et une fin tardifs. Des valeurs souvent supérieures aux normales ont été atteintes au-dessus de 1 500 à 1 700 m, alors qu'elles sont pratiquement toujours restées inférieures à basse et moyenne altitude, malgré des précipitations plutôt excédentaires. En cause, la douceur générale des températures, qui inscrit cette saison hivernale (15 décembre 2015-15 avril 2016) parmi les cinq ou six les plus douces jamais observées, avec un « cœur d'hiver » (décembre-janvier-février) au deuxième rang des plus doux (généralement derrière 1989-1990).
Après un démarrage plutôt prometteur fin novembre, l'enneigement présente au contraire une très sévère pénurie dans les Alpes du Nord en fin d'année, du fait d'un mois de décembre à la fois très sec et exceptionnellement doux, le plus doux jamais observé. 
Commençant véritablement début janvier, il augmente au fil des semaines grâce à des précipitations souvent très abondantes. Il devient presque partout excédentaire à partir de la mi-février, sauf à basse et moyenne altitude, où il reste déficitaire, à cause des températures globalement très douces en janvier et février. Il se maintient ensuite à ces niveaux durant tout le mois de mars, assez peu arrosé mais frais.
La remontée des températures qui débute fin mars fait rapidement disparaître la neige en moyenne montagne, tandis qu'en altitude, de nouvelles chutes maintiennent un très bon enneigement tout au long des mois d'avril et mai.

Alpes du Sud

Un bon enneigement seulement vers la fin de la saison
Comme dans les Alpes du Nord, l'enneigement a été décalé, avec un début tardif et une fonte également tardive. Le maximum atteint début mars se situe au-dessus des normales, sauf à basse et moyenne altitude. Cela est dû à la douceur globale des températures, la saison hivernale 2015-2016 se révélant parmi les cinq ou six les plus chaudes jamais observées, le
« cœur d'hiver » (décembre-janvier-février) se situant même au deuxième rang des plus doux (généralement derrière 1988-1989).
Après quelques chutes de neige en altitude en octobre, les mois de novembre et décembre sont à la fois très secs et très doux, ce qui génère une absence de neige quasi générale jusqu'à fin décembre.
L'enneigement se constitue ensuite à partir de début janvier, mais il reste déficitaire. Ce n'est qu'à la mi-février qu'il atteint, voire dépasse les normales de saison. Il reste toutefois modeste aux altitudes moyennes, du fait des températures dans l'ensemble assez douces en janvier et février. Il marque ensuite une pause, avant de progresser encore début mars, où il atteint alors à la fois un bon niveau et son maximum de la saison.
La fonte printanière ne se fait qu'assez lentement en mars, un mois frais. Elle s'accentue en revanche en avril, doux, sauf en altitude, au-dessus de 2 500 m, où le manteau neigeux arrive à bien se maintenir grâce plusieurs chutes de neige tardives en avril et en mai.

Pyrénées

Un enneigement faible, puis abondant
L'enneigement de l'hiver 2015-2016 peut être séparé en deux périodes bien distinctes. Il est d'abord faible durant la plus grande partie de l'hiver (jusqu'à fin février), du fait de la grande douceur générale des températures (la saison hivernale 2015-2016 se classe parmi les cinq ou six les plus douces jamais observées). Puis, il devient rapidement excédentaire en mars, grâce à une longue période de temps très hivernal. Toutefois, cet excédent ne dure guère, à cause d'une fonte printanière rapide, sauf en altitude.

Corse

Un enneigement très modeste
L'enneigement durant l'hiver 2015-2016 en Corse a été globalement bien faible, particulièrement en altitude, malgré une amélioration en mars. Un tel manque de neige se rencontre environ un hiver sur trois à moyenne altitude, un sur cinq à plus haute altitude. En cause, une très grande douceur des températures durant la saison (la saison hivernale 2015-2016 se situe parmi les cinq hivers les plus doux jamais observés) et un manque de chutes de neige jusqu'à début février.
La neige est quasi absente jusqu'au Nouvel An, du fait d'un mois de décembre à la fois extrêmement sec et exceptionnellement doux, le plus doux jamais observé.
Début janvier, l'enneigement démarre enfin mais très modestement. Puis, grâce à des précipitations abondantes en février et en mars, mais avec des températures globalement douces, il atteint progressivement un niveau correct début mars. Mais c'est alors pratiquement la fin de la saison et une fonte printanière rapide débute dans les derniers jours de mars. La neige disparaît alors rapidement, sauf en altitude où des chutes tardives en avril et encore en mai prolongent la survie du manteau neigeux au-dessus de 2 200 ou 2 300 m jusque vers fin mai.

Vosges

Un enneigement tardif, bon seulement près des crêtes
L'ensemble de l'hiver 2015-2016 est marqué par une douceur remarquable : sur la période allant d'octobre à mars, la moyenne de la température sur le relief vosgien dépasse de 1,9 °C à 2,4 °C la normale. Et décembre 2015, avec une température moyenne dépassant les valeurs de saison de 4 à 5 °C, est le mois de décembre le plus doux jamais observé dans les Vosges, devant décembre 1934 (anomalie de +3,3 °C) et décembre 2000 (anomalie de +3,0 °C). Cette douceur générale n'a bien évidemment pas été favorable à l'enneigement, surtout aux altitudes basses et moyennes.

Jura

Un enneigement tardif mais correct sur les hauts sommets, aléatoire plus bas
L'hiver 2015-2016 se caractérise par une douceur exceptionnelle de novembre à février (seul le mois de mars a été plus frais que la normale). La température moyenne de ces quatre mois est en effet la plus élevée jamais mesurée depuis 1885 dans la région. Le mois de décembre bat lui aussi les records de douceur de décembre 1915 et décembre 1934. Ces conditions extrêmement douces n'ont pas favorisé l'enneigement à basse et moyenne altitude. 

Massif central

Un enneigement bon seulement en altitude et tardif
La douceur remarquable qui caractérise l'hiver 2015-2016 (de décembre à février) a été défavorable à un bon enneigement en dessous de 1 000 m d'altitude. En revanche, au dessus de 1 200 m, l'enneigement a été globalement important, grâce à des précipitations le plus souvent supérieures à la normale, mais avec une neige très souvent lourde et humidifiée, qui a rendu le manteau neigeux temporairement instable.
L'enneigement a d'autre part été tardif. En effet, du fait d'un mois de décembre exceptionnellement doux et sec, il a fallu attendre le mois de janvier pour avoir une épaisseur de neige significative dans le massif. L'enneigement a alors régulièrement progressé jusqu'à mi-mars, où il atteint son maximum de l'hiver. Ensuite, sous l'effet de températures très douces, la neige a rapidement disparu à basse et à moyenne altitude, tandis qu'aux plus hautes altitudes, l'épaisse couche de neige a progressivement diminué.