2013

Bilan climatique de janvier à octobre 2013 en France métropolitaine

L'Organisation Météorologique Mondiale a publié le 13 novembre une déclaration provisoire sur l'état du climat en 2013.
A l'échelle mondiale, l'année 2013 est en passe de devenir l'une des dix années les plus chaudes depuis le début des relevés modernes, en 1850.
Les neuf premiers mois de l'année, caractérisés par une température moyenne à la surface des terres et des océans supérieure d'environ 0,48 °C à
la normale calculée pour la période 1961-1990, se situent à égalité avec 2003, au septième rang des plus chauds à ce jour.
Consulter le communiqué de presse de l'OMM

En France, la température moyenne sur les 10 premiers mois de l'année a été inférieure de 0,2°C à la normale.

Au cours des 2 premiers trimestres de 2013, la température moyenne mensuelle sur la France est restée généralement inférieure aux normales (*). Les mois de février, mars et mai ont notamment été remarquablement froids. Les mois suivants ont ensuite été plus chauds que la normale, avec un mois de juillet et un mois d'octobre exceptionnellement chauds.

Les 10 premiers mois de l'année ont été globalement bien arrosés en France. Le cumul moyen annuel de précipitations est ainsi déjà atteint au 1er novembre sur la plupart des régions.

Particulièrement déficitaire de janvier à juin, l'ensoleillement cumulé sur les 10 premiers mois de l'année est légèrement inférieur à la normale (**) sur la quasi-totalité du pays.
 

* : normales concernant température et précipitations : moyenne de référence 1981-2010
** normale concernant l'ensoleillement : moyenne de référence 1991-2010


 

Evènements météorologiques majeurs de l'année 2013

Neige exceptionnelle sur les Pyrénées et abondante sur l'ensemble des massifs français
Une succession régulière d'épisodes neigeux durant cet hiver 2012 – 2013 a permis à tous les massifs de bénéficier d'un bon enneigement. À partir de la mi-janvier, les chutes de neige ont été exceptionnelles sur le massif pyrénéen et, à un degré moindre, sur les Pyrénées-Orientales. Des cumuls supérieurs à 4 mètres ont été mesurés sur plusieurs sites à des altitudes proches de 2000 m dans les Pyrénées centrales où ces valeurs n'avaient pas été observées depuis les années 1980. Le stock nival au 28 février est le plus important depuis 1959, devant ceux de 1981 et 1972.

Un épisode hivernal tardif remarquable du 11 au 15 mars par les quantités de neige tombées dans le Nord-Ouest de la France
Un épisode hivernal tardif est survenu du 11 au 15 mars, sur  la quasi-totalité du pays.
Lors de cet épisode, des chutes de neige exceptionnelles ont touché le nord-ouest de l'Hexagone, des Côtes d'Armor à la Normandie et à l'Île-de-France jusqu'au Nord – Pas-de-Calais. Les hauteurs de neige ont été remarquables, généralement comprises entre 10 et 20 cm. Elles ont même été exceptionnelles en Basse-Normandie où elles ont régulièrement atteint 20 à 40 cm. Un vent de nord-est soutenu, violent près des côtes de la Manche, a favorisé l'accumulation de la neige et la formation de congères de plus de 1 mètre de haut (jusqu'à 2 mètres localement).

Un printemps pluvieux, froid et peu ensoleillé sur la France
Le printemps 2013 a été le plus froid en France depuis 1987 et l'un des plus pluvieux depuis 1959. De plus, l'ensoleillement y a été déficitaire sur toute la France, de manière très sensible sur un large quart nord-est du pays où les déficits dépassent souvent 30 %.  Des records de faible ensoleillement des deux dernières décennies ont été battus.
Le printemps s'est terminé par un mois de mai particulièrement froid et arrosé. La température moyenne en mai a été inférieure de 2.3 °C à la normale*, avec un excédent global de précipitations de 50 % sur la France.
 


Episode de fortes pluies et inondations historiques du 17 au 19 juin dans le Sud-Ouest de la France
Les 17 et 18 juin, des pluies orageuses abondantes et régulières ont touché le relief pyrénéen ainsi que le sud de l'Aquitaine et du Midi-Pyrénées.

De l'est des Pyrénées-Atlantiques aux Hautes-Pyrénées et à la Haute-Garonne, les cumuls observés,  de l'ordre de 110 à 180 mm en moins de 48h, présentent un caractère tout à fait exceptionnel. Les cumuls dépassent 200 mm en altitude. Cet épisode pluvieux a par ailleurs accéléré le processus de fonte nivale.

Sur le piémont, les plaines et coteaux des Pyrénées-Atlantiques, des Hautes-Pyrénées et de la Haute-Garonne, ainsi que sur les Landes, des précipitations de l'ordre de 30 à 60 mm en deux jours, abondantes mais sans caractère exceptionnel, ont été relevées. Elles sont survenues cependant après plusieurs mois particulièrement pluvieux, notamment le mois de mai, et les sols, totalement gorgés d'eau, n'ont pu absorber cet apport d'eau soudain.

Cet épisode pluvieux a engendré de fortes crues et des inondations d'une ampleur et d'une violence exceptionnelles. On dénombre plusieurs victimes et les dégâts matériels sont importants (destruction de routes et d'habitations). La ville de Lourdes et sa région ont notamment subi de très importants dommages.

Vague de chaleur sur la France durant la deuxième quinzaine de juillet
La chaleur s'est installée sur la France à partir du 15 et un premier pic de chaleur a été atteint du 20 au 23 juillet, avec des températures souvent supérieures à 34 °C. Un second pic de chaleur s'est produit du 25 au 27 juillet, avec des maximales à nouveau supérieures à 34 °C, localement 36 °C. 

Si l'épisode de chaleur a été relativement long, les températures maximales sont toutefois loin d'atteindre les valeurs de 1983, 2006 ou 2003.




Tempête Christian des 27 et 28 octobre 2013
La tempête Christian, qui a pris naissance sur l'Atlantique le dimanche 27 octobre, a balayé l'Europe de l'Ouest, du nord-ouest de la France aux Îles Britanniques, à la Belgique et au Danemark.
Cette première tempête automnale a atteint la Bretagne dimanche 27 en soirée. Elle s'est ensuite décalée dans la nuit vers la Normandie pour atteindre le Nord - Pas-de-Calais dans la matinée du lundi 28. 

Le vent a atteint 130 km/h des côtes bretonnes aux côtes de la Manche mais a rarement dépassé les 100 km/h à l'intérieur des terres. A l'échelle de la France, cette tempête est moins forte que « Joachim », dernière tempête notable à avoir balayé le pays, le 16 décembre 2011. Beaucoup moins étendue géographiquement, la tempête Christian a été toutefois plus marquée que la tempête Joachim sur l'extrême nord du pays.

Quelques rafales de vent remarquables :
147 km/h au cap Gris-Nez (Pas-de-Calais)
130 km/h à Port-en-Bessin (Calvados)
129 km/h au Havre (Cap de la Hève, Seine-Maritime)
128 km/h à Brest (Finistère)
126 km/h à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais)
115 km/h sur l'Ile-de-Groix (Morbihan)
105 km/h à Rennes (Ille-et-Vilaine)

La tempête « Christian » s'est progressivement renforcée lors de sa progression avec des rafales supérieures à 150 km/h sur les côtes du nord de l'Europe. A l'intérieur des terres, des rafales ont souvent atteint 120 km/h dans le sud de l'Angleterre, aux Pays-Bas, dans le nord de l'Allemagne et au Danemark. On a mesuré 111 km/h à Londres, 112 km/h à Amsterdam, 144 km/h à Schönhagen (Allemagne) et jusqu'à 160 km/h sur l'île de Wight (Grande-Bretagne).
En Europe, la tempête a fait une dizaine de victimes, dont une en France, et causé de nombreux dégâts matériels et d'importantes perturbations dans les transports terrestres, aériens et maritimes.
 



Carte de vent instantané maximal les 27 et 28 octobre 2013
(Cliquer pour agrandir)