Il y a 50 ans, la France réceptionnait une image satellitaire météorologique : une première en Europe


18/12/2013

Le 24 décembre 1963, le Centre de météorologie spatiale (CMS) de Météo-France, situé à Lannion dans les Côtes-d'Armor, réceptionnait pour la première fois en Europe une image satellitaire météorologique. 50 ans plus tard, les satellites sont devenus des outils d'observation de la Terre indispensables à la météorologie et à l'étude du climat.

À l'aube de la météorologie spatiale

En 1960, la NASA, l'agence spatiale américaine, lance depuis Cap Canaveral son premier satellite météorologique, TIROS 1. La météorologie devient la première discipline scientifique à se doter de moyens spatiaux.
Le Centre de météorologie spatiale de Météo-France (CMS) est créé en 1963 avec pour mission de réceptionner des images du satellite météorologique américain défilant TIROS 8. Le 24 décembre 1963, le CMS réceptionne ainsi pour la première fois en Europe, une image issue d'un satellite météorologique. Le signal est reçu par une antenne au sol, puis dirigé vers un système de décodage. L'image est ensuite reconstituée ligne par ligne, sur un fac-similé à papier chimique. Une grille de restitution géographique, élaborée par calculateur et imprimée sur table traçante, est superposée à l'image. Le travail d'interprétation commence alors…  
Si cette première image laisse à peine deviner une couverture nuageuse sur l'Europe de l'Ouest et le proche Atlantique, elle annonce déjà la révolution que les satellites vont opérer dans le domaine de la météorologie.

 

© Météo-France -  Première image satellite reçue le 24 décembre 1963 par le Centre de météorologie spatiale de Météo-France

Des données indispensables à la météorologie

Aujourd'hui, les satellites fournissent un nombre considérable d'informations en tous points du globe, sur la couverture nuageuse, les flux radiatifs, la température de surface de la mer ou du sol, la quantité d'ozone ou la température de l'atmosphère. Ils sont devenus des outils d'observation de la terre incontournables en météorologie et en climatologie. Les données satellitaires représentent actuellement plus des trois quarts des données d'observation intégrées aux modèles numériques de prévision du temps (93% pour le modèle global de Météo-France, Arpège).


Traiter, élaborer et transmettre les données satellitaires

Depuis sa création, le Centre de météorologie spatiale de Météo-France a largement contribué aux progrès accomplis en matière de produits satellitaires. Devenu centre de production opérationnel en 1966, le CMS se dote en 1977 d'un département recherche qui développe des logiciels de traitement adaptés aux données délivrées par les générations successives de satellites. A partir de 1985, les données satellites traitées par le CMS sont intégrées aux modèles numériques de prévision du temps. En 1986, lors de la création d'EUMETSAT, l'organisation européenne en charge de l'exploitation des satellites météorologiques, le CMS est chargé de développer de nouveaux produits et logiciels au profit de la météorologie ou de l'océanographie.

En 2013, le CMS compte environ 70 ingénieurs, chercheurs et techniciens. Il acquiert, traite et diffuse 7 jours sur 7 les données issues de 18 satellites géostationnaires ou défilants. Entre 600 et 700 types de produits sont élaborés pour répondre aux besoins spécifiques de divers utilisateurs.
L'instrumentation et la puissance de calcul du CMS lui permettent d'assurer en temps réel l'acquisition, le stockage et la diffusion des données, notamment vers le Centre national de prévision de Météo-France basé à Toulouse, le centre opérationnel de la NOAA basé à Suitland (Etats-Unis), ainsi que le centre opérationnel d'Eumetsat à Darmstadt (Allemagne).