Imprimer Envoyer á un ami

Enneigement en montagne au 4 mars 2020

06/03/2020

L'hiver 2019-20 se caractérise par une douceur générale remarquable, qui prédomine depuis fin novembre et qui s'est encore accentuée en février. En ce qui concerne les précipitations, après un début d'hiver très arrosé, le mois de janvier a été très sec. Depuis, des perturbations pluvio-neigeuses traversent à nouveau à intervalles réguliers la France, mais elles affectent surtout la moitié nord de la France, jusqu'au Alpes du Nord. En outre, du fait de températures souvent très douces, la pluie a souvent remplacé les flocons, parfois jusqu'à haute altitude.
 

Le massif de Belledonne (Isère), le 2 mars 2020, au lendemain de l'importante chute de neige qui a touché l'ensemble des Alpes. © D. Goetz.


L'enneigement en ce début mars présente ainsi une physionomie différente selon le massif et l'altitude :

  • dans les Alpes, grâce aux récentes perturbations neigeuses très actives et enfin plus froides, il est à nouveau satisfaisant à pratiquement toutes les altitudes, devenant même particulièrement abondant en altitude, au-dessus de 1700 m environ ; il reste néanmoins un peu faible en dessous de 1200 ou 1300 m ;
  • dans les Pyrénées, il reste très déficitaire aux altitudes moyennes malgré les récentes chutes de neige, il l'est nettement moins plus haut ;
  • en Corse, les récentes chutes de neige n'ont pas réussi à compenser le très important manque de neige qu'il y avait jusque-là ;
  • dans les massifs de moyenne montagne, le déficit de neige reste très important, malgré les récentes chutes de neige.

Par ailleurs, une caractéristique de l'enneigement commune à pratiquement tous les massifs est une épaisseur de neige souvent très irrégulière au-dessus de la limite de la forêt, à cause de vents violents qui ont dégarni les crêtes et les zones exposées au vent, alors que les pentes à l'abri sont au contraire bien enneigées.

 

Le manteau neigeux en montagne peut évoluer rapidement en fonction des conditions météorologiques.
 
Cette évolution peut être suivie sur notre site Internet, rubrique
« Montagne »
, ainsi que sur les applications mobiles de Météo-France (dont l'application Météo Ski).


 

Alpes du Nord

Après un temps très sec et souvent très doux de fin décembre à fin janvier, les perturbations ont repris régulièrement le chemin des Alpes. Le manteau neigeux s'est ainsi progressivement épaissi au fil du temps, surtout au cours des sept derniers jours, grâce à des perturbations très actives, accompagnées de températures pas trop douces.
Ainsi, l'enneigement peut désormais être qualifié de bon à toutes les altitudes, sauf peut-être les plus basses, et même de très abondant, voire de remarquable au-dessus de 1800 ou 1900 m.
En versant nord, les pentes sont blanchies dès 700 ou 800 m en Haute-Savoie et en Savoie, 900 à 1000 m en Isère. En versant sud, c'est à partir de 1000 à 1300 m.
À 1000 m d'altitude, la couche de neige au sol n'est encore que très peu épaisse : au mieux 5 à 10 cm.
À 1500 m en versant nord, l'épaisseur de neige au sol est déjà le plus généralement importante, comprise entre 1 m et 1,50 m, jusqu'à 1,70 m dans le Beaufortain, mais en revanche guère plus de 70 cm dans le Vercors et en Oisans. En versant sud, ces épaisseurs sont environ moitié moindres.
Plus haut, l'épaisseur de neige au sol devient partout encore plus importante avec l'altitude :
à 2000 m en versant nord, elle est très souvent comprise entre 2 m et 2,50 m, mais entre 1,60 m et 1,70 m dans les massifs de la Haute-Maurienne et de la Chartreuse, et de « seulement » 1,20 m dans le Vercors. En versant sud, elle est le plus souvent comprise entre 1,20 m et 1,50 m, mais n'est que de 80 cm en Haute-Maurienne et dans le Vercors.
À 2500 m, le manteau neigeux est partout très épais : en versant nord, il y a le plus généralement autour de 3,20 m de neige, un petit peu moins toutefois en Maurienne et Haute-Maurienne, entre 2,20 m et 2,50 m ; en versant sud, entre 2,20 m et 2,50 m, un peu moins à nouveau en Maurienne et Haute-Maurienne, autour de 1,70 m. Mais l'épaisseur du couvert neigeux est en fait très irrégulière, les zones exposées aux vents étant généralement très peu enneigées, voire dégarnies.
Quelques hauteurs de neige au sol relevées le 4 mars :
  • à Avoriaz (1770 m, Chablais) : 1,83 m ;
  • au Grand-Bornand (1270 m, Aravis) : 35 cm ;
  • aux Arcs (2040 m, Haute-Tarentaise) : 2,78 m ;
  • à Pralognan (1400 m, Vanoise) : 81 cm ;
  • au Collet d'Allevard (1640 m, Belledonne) : 51 cm ;
  • à l'Alpe d'Huez (1860 m, Grandes Rousses) : 1,88 m.

Le massif de la Chartreuse (Isère), le 2 mars 2020, au lendemain de l'importante chute de neige qui a donné " un bon coup de blanc " sur l'ensemble des Alpes. © D. Goetz.

Alpes du Sud

Cela faisait un mois qu'il n'avait pas neigé de manière significative, et les chutes de neige qui se sont succédé au cours des six derniers jours, surtout celle du 2 mars, ont bien rehaussé un enneigement qui avait régressé. Il est désormais partout bon, surtout en altitude, au-dessus de 1500 à 1800 m, tandis qu'il continue à présenter un déficit plus bas, avant tout dans les versants ensoleillés.
L'enneigement débute dans tous les massifs entre 1200 et 1300 m.
À 1500 m d'altitude, l'épaisseur de neige en versant nord est importante dans les massifs du nord des Hautes-Alpes, 80 cm à 1 m, moins ailleurs, 40 à 50 cm, et même seulement 30 cm dans les massifs des Alpes-Maritimes. En versant sud, il y a le plus souvent 30 à 50 cm de neige, mais seulement 20 cm dans les massifs les plus au sud.
À 2000 m, l'épaisseur de neige au sol est très importante pratiquement partout : en versant nord, elle est comprise entre 1,90 m et 2,40 m dans les massifs des Hautes-Alpes, sauf dans le Dévoluy, où, comme dans les massifs situés plus sud, elle est voisine de 1,70 m. En versant sud, elle passe progressivement de 1,40 m à 60 cm en allant du nord vers le sud.
À 2500 m, le manteau neigeux est très épais : dans les versants nord, il y a entre 2 m et 2,80 m de neige, les massifs proches de l'Isère ou de la Savoie étant les mieux enneigés, et ceux proches de la Méditerranée le moins. En versant sud, il y a une cinquantaine de centimètres en moins.
Quelques hauteurs de neige au sol relevées le 4 mars :
  • à SuperDévoluy (1900 m, Dévoluy) : 90 cm ;
  • à Serre-Chevalier / Le Monêtier (2200 m, Pelvoux) : 2,20 m ;
  • à Puy-Saint-Vincent (1680 m, Pelvoux) : 1,57 m ;
  • à Ceillac (1670 m, Queyras) : 37 cm ;
  • à La Foux d'Allos (1900 m, Haut-Var - Haut-Verdon) : 1,49 m ;
  • à Isola 2000 (1900 m, Mercantour) : 1,10 m.

Corse

Depuis fin décembre, il régnait un temps souvent très doux mais surtout sec, particulièrement en février. À partir des derniers jours de février, le temps est devenu plus froid et plus perturbé, mais les chutes de neige qui se sont produites n'ont pas été suffisantes pour rattraper l'important déficit que présentait jusqu'alors l'enneigement.
Les deux massifs corses sont actuellement blanchis à partir de 1200 m d'altitude en versant nord, 1400 m en versant sud.
À 2000 m, l'épaisseur de neige au sol est encore modeste, partout comprise entre 40 et 45 cm. Plus haut, elle augmente rapidement avec l'altitude, et, dans les plus hautes pentes du massif du Cinto-Rotondo, elle atteint 1,80 m à 1,90 m à 2500 m d'altitude ; ces épaisseurs restent cependant inférieures à la normale pour un début mars.
Quelques hauteurs de neige au sol relevées le 4 mars :
  • à la station automatique de Sponde (1980 m, Cinto-Rotondo) : 5 cm.

Pyrénées

En cette fin d'un hiver sec et doux, surtout en février, le temps est devenu très perturbé depuis le 25 février. Les chutes de neige ont alterné avec de la pluie, et elles ont été systématiquement très ventées. L'enneigement s'est cependant amélioré, mais il reste globalement déficitaire, surtout aux altitudes moyennes. Par ailleurs, il est désormais uniforme d'un bout à l'autre de la chaîne.
L'enneigement débute partout à 1300 ou 1400 m d'altitude, mais, jusque vers 1600 m, il n'est constitué que de 10 à 15 cm de neige récente. Au-dessus, l'épaisseur de neige augmente avec l'altitude, mais de manière progressive.
À 1800 m, l'enneigement reste très déficitaire : l'épaisseur de neige au sol en versant nord n'est le plus souvent que de 30 ou 35 cm, tandis qu'elle se situe plutôt autour de 50 cm dans les massifs d'Aspe-Ossau et de Haute-Bigorre. En versant sud, elle est partout de 25 ou 30 cm. On est encore loin des 80 cm à 1 m relevés en moyenne à cette époque de l'hiver.
À 2000 m, l'épaisseur de neige au sol est un peu plus importante, mais reste déficitaire : en versant nord, elle est voisine de 1 m dans les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées, comprise entre 60 et 80 cm plus à l'est, encore un peu moins dans le massif de Cerdagne-Canigou, 40 cm. En versant sud, les épaisseurs sont moitié moindres.
À haute altitude, au-dessus de 2000 m, l'enneigement est moins déficitaire que plus bas, entre 0 et -40 %. À 2500 m, l'épaisseur du manteau neigeux en versant nord est de 2 m dans les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées et le massif du Capcir-Puymorens, tandis qu'elle est comprise entre 1,40 m et 1,70 m ailleurs ; en versant sud, il y a 60 à 80 cm de neige en moins.
Quelques hauteurs de neige au sol relevées le 4 mars :
  • à Cauterets-Lys (1920 m, Haute-Bigorre) : 1,00 m ;
  • à Saint-Lary (2100 m, Haute-Bigorre) : 80 cm ;
  • à Superbagnères (1760 m, Luchonnais) : 18 cm ;
  • à Beille (1790 m, Haute-Ariège) : 37 cm ;
  • à Porté-Puymorens (2090 m, Capcir-Puymorens) : 60 cm ;
  • aux Angles (2100 m, Capcir-Puymorens) : 1,30 m ;
  • à la station Nivôse du Canigou (2150 m, Cerdagne-Canigou) : 1,23 m, pour une moyenne de 1,05 m.


Courbes d'enneigement de la Nivôse du Lac d'Ardiden et de la station auto de La Mongie, toutes deux situées dans le massif de Haute-Bigorre (Hautes-Pyrénées). © Météo-France.
(Cliquer sur le graphique pour l'agrandir)

Vosges, Jura et Massif central

Avec la douceur remarquable durant le mois de février, la neige avait presque entièrement disparu dans les massifs de moyenne montagne. Le temps est à nouveau perturbé et plus frais depuis le 25 février et la neige a refait son apparition. Son épaisseur reste néanmoins très modeste, moins toutefois aux plus hautes altitudes. En tout état de cause, l'enneigement reste partout extrêmement déficitaire pour un début mars.

Dans les Vosges, les sols sont blanchis dès 600 m d'altitude en versant nord, 800 m en versant sud. À 1000 m, l'épaisseur de neige est de 20 cm en nord, 10 cm ou 15 cm en sud. À 1200 m, elle est voisine de 40 cm en nord, 25 ou 30 cm en sud.
Quelques hauteurs de neige relevées le 4 mars :
  • à La Bresse (Hautes-Vosges) : 8 cm à 900 m, 30 cm à 1100 m ;
  • au Markstein (1180 m, Hautes-Vosges) : 48 cm ;
  • au Ballon d'Alsace (1150 m) : 27 cm.
Dans le Jura, il a également neigé ces jours derniers, mais ce sont principalement les altitudes à partir d'environ 1100 m qui en ont profité, et l'enneigement reste malgré cela très nettement déficitaire.
Les sols sont quasiment partout blanchis à partir de 800 m, mais ce n'est qu'à partir de 1000 m que l'on peut parler de couche neige, encore modeste.
À 1200 m, son épaisseur est comprise entre 20 et 25 cm selon le massif et l'exposition. Plus haut, à 1300 m, elle est de 50 à 70 cm en nord et 40 cm en sud dans le Haut-Doubs et le Haut-Jura, de 40 et 20 cm respectivement dans le Bugey - Jura gessien.
Quelques hauteurs de neige relevées le 4 mars :
  • à Maîche (830 m, Doubs) : 0 cm ;
  • à Pontarlier (830 m, Doubs) : 5 cm ;
  • à La Boissaude-Rochejean (1220 m, Doubs) : 24 cm ;
  • aux Fourgs (1100 m, Doubs) : 14 cm ;
  • à Chapelle-des-Bois (1100 m, Doubs) : 20 cm ;
  • à Bois-d'Amont/Chalet-Gaillard (1230 m, Jura) : 60 cm ;
  • à La Pesse (1130 m, Jura) : 24 cm.
Dans le Massif central, il a également neigé, mais, là aussi, ce sont seulement les altitudes élevées, supérieures à 1100 ou 1200 m, qui ont réellement bénéficié de cet apport de neige. Mais cela ne change pas la physionomie de l'enneigement, qui reste extrêmement déficitaire pour l'époque de l'hiver.
Les pentes sont partout blanchies à partir de 1000 m ou 1100 m d'altitude, mais il faut monter jusque vers 1200 m pour rencontrer une petite couche de neige.
À 1300 m, elle est encore très modeste dans le massif du Sancy, 5 à 10 cm selon l'exposition, un peu moins dans les monts du Cantal, 15 à 20 cm.
Plus haut, à 1500 m, l'épaisseur totale de neige au sol reste très déficitaire : dans le massif du Sancy, elle est de l'ordre de 50 cm dans les versants nord, 20 cm dans les versants sud. Dans les monts du Cantal, ces épaisseurs sont de respectivement 35 et 25 cm.
Quelques hauteurs de neige relevées le 4 mars :
  • à Chastreix (1400 m, Sancy) : 20 cm ;
  • à Super-Besse (1300 m, Sancy) : 11 cm ;
  • à Prat-de-Bouc (1400 m, Cantal) : 36 cm ;
  • à Saint-Anthème (1260 m, Monts du Forez) : 10 cm.

 

Actualité par Météo-France