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Prévention des risques : améliorer la prévision et l’anticipation des épisodes méditerranéens

14/10/2019

À cette période de l'année, le pourtour méditerranéen est régulièrement confronté à des épisodes de fortes pluies et à des crues rapides qui mettent en danger les populations et provoquent d'importants dégâts.

Trois questions à François Lalaurette, directeur des opérations à Météo-France

À l'occasion de la journée internationale de la réduction des risques de catastrophes naturelles, ce dimanche 13 octobre, François Lalaurette, directeur des opérations à Météo-France revient sur les progrès réalisés dans la prévision et l'anticipation de ces épisodes.
 
Inondation-Photo d'illustration
 
    • Les événements extrêmes comme les épisodes méditerranéens font régulièrement des victimes. L'Aude a subi il y a un an des inondations catastrophiques... Comment prévoit-on ces épisodes et à quelles échéances ?
 
Dans ce type d'épisodes, des quantités de pluies exceptionnelles s'abattent sur des zones très localisées : dans l'Aude, il est tombé en quelques heures l'équivalent de 3 mois de précipitations sur une zone de quelques dizaines de kilomètres… Météo-France développe des systèmes de prévision qui permettent d'identifier le risque d'événements extrêmes –  dans le cas de l'Aude, le département avait été placé en vigilance orange pluie-inondation depuis la veille au matin, puis rouge et enfin rouge crues tôt le lendemain matin puis inondation. 

"Les prévisions sont affinées au fur et à mesure que se rapprochent les échéances."

Ces phénomènes extrêmement violents et très localisés restent très difficiles à prévoir précisément. Ainsi, s'il est possible de prévoir plusieurs jours à l'avance les conditions favorables au développement de ces épisodes, la localisation et la chronologie précise de l'épisode ne peuvent être anticipées que quelques heures à l'avance… Les prévisions sont ensuite affinées au fur et à mesure que se rapprochent les échéances. Depuis deux ans, la robustesse de nos prévisions à très fine échelle est testée en multipliant les simulations de manière à permettre à nos prévisionnistes de mieux anticiper le niveau de risque.
 
 
    • Certains épisodes plus anciens sont restées dans la mémoire collective, comme Vaison-la-Romaine en 1992, ou Draguignan en 2010... Quels progrès a-t-on réalisé depuis pour prévenir les populations ?
 
 
Le dispositif de vigilance, créé en 2001, basée sur la prévision et l'observation, vise à informer simultanément les pouvoirs publics, les acteurs du secours, les médias et la population du niveau de danger d'un phénomène prévu dans les 24 prochaines heures. La catastrophe de Vaison-la-Romaine, puis du Gard, 10 ans plus tard, ont motivé de profondes réorganisations dans le système d'avertissements aux populations. Suite à ces épisodes, Météo-France a mis en place la vigilance « pluie-inondation ». Pour appréhender et prévenir des débordements de cours d'eau, le Service central d'appui à la prévision des inondations (SCHAPI) a également été créé, en étroite collaboration avec Météo-France. Il élabore la carte de vigilance « crues » (dispositif Vigicrues).
Suite aux crues de Draguignan, un service d'Avertissement de pluies intenses (APIC) a été développé pour avertir les communes en temps réel. 
Un important effort est également engagé avec les acteurs locaux et la Sécurité civile pour mieux identifier à l'avance les zones et les événements justifiant d'une attention particulière.
 
 
    • Alerter suppose de mieux anticiper… Comment améliore-t-on la prévision de ces épisodes ? 
 
Améliorer la prévision et l'anticipation des événements extrêmes est en effet une priorité pour Météo-France, qui exerce les attributions de l'État en matière de sécurité météorologique des personnes et des biens.
Pour cela, Météo-France n'a de cesse d'affiner ses prévisions et d'améliorer leur fiabilité. Ce n'est en effet que par les progrès de long terme en matière d'observation du temps, de connaissances des phénomènes physiques et de modélisation numérique de ces phénomènes que nous pourrons mieux anticiper ces catastrophes. 

"Météo-France n'a de cesse d'affiner ses prévisions et d'améliorer leur fiabilité."

Depuis les inondations catastrophiques de 2010, des progrès considérables dans l'observation du temps ont permis de développer de nouveaux modèles de prévision, plus fins, d'une précision descendant à l'échelle kilométrique qui permettent de mieux appréhender les événements extrêmes.
 
Concernant l'observation, les moyens de surveillance (pluviomètres et stations hydrométriques mais surtout les radars météorologiques) ont été fortement développés, y compris dans plusieurs zones de relief plus difficiles d'accès. 
Le traitement de ces nouvelles données a été constamment développé et affiné, ce qui a permis d'améliorer la résolution de nos modèles et la qualité de leurs prévisions.
Des tests de robustesse des scénarios prévus sont effectués en temps réel pour dégager les scénarios les plus probables comme ceux auxquels sont associés les risques les plus élevés afin d'améliorer nos capacités d'anticipation. 
Enfin, l'augmentation de la puissance de calcul ces prochains mois avec l'acquisition d'un nouveau super-calculateur en 2020 laisse encore espérer un gain de 1 à 3 heures dans l'anticipation de tels événements.
 
 
Les modèles de prévisions
 
Pour la prévision du temps jusqu'à 3 jours d'échéance, Météo-France utilise principalement deux modèles complémentaires : ARPEGE, pour les phénomènes de grande échelle. Il couvre le globe avec une maille moyenne de 11 km et l'Europe avec une maille de 5 km. AROME, pour les phénomènes localisés jusqu'à un jour d'échéance. Il couvre un domaine limité à la France métropolitaine et les pays voisins avec une résolution de 1,3 km.
La prévision d'ensemble : pour prendre en compte les incertitudes liées aux observations et à la modélisation, Météo-France utilise une technique appelée « prévision d'ensemble », qui permet d'évaluer la probabilité associée à chaque scénario possible d'évolution de l'atmosphère.  

 

Retrouvez les conseils de comportements du Ministère de la transition écologique et solidaire ici. 

Actualité par Météo-France