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Climat : août contrasté

19/08/2019

Si juillet 2019 s'était montré équitable et généreux dans la répartition de l'ensoleillement à l'échelle nationale, le mois d'août, en tout cas jusqu'à maintenant, se révèle beaucoup plus contrasté puisque les régions au climat océanique pâtissent d'un déficit de soleil tandis que les régions déjà privilégiées par leur climat, à savoir le pourtour méditerranéen, profitent d'un temps encore plus ensoleillé que de coutume. La résultante est un écart très important entre les villes du Nord-Ouest et celles du Sud-Est. Cet écart s'est d'ailleurs accru au cours du week-end que nous venons de vivre, parfois copieusement arrosé sur la moitié nord-ouest du territoire au passage d'une perturbation pluvieuse qui traverse notre pays très lentement. Cette perturbation a par ailleurs provoqué dimanche soir et dans la nuit des orages parfois violents accompagnés de grêle et de fortes rafales comme à Carpach dans le Haut-Rhin (104 km/h), mais aussi de cumuls de pluie importants comme à Villefranche dans le Rhône (69 millimètres soit l'équivalent d'un mois de précipitations).

Cumul des précipitations sur la France les 17 et 18 août 2019

Après un juillet rayonnant, août fait grise mine près de la Manche

Sans atteindre des niveaux historiquement bas, les régions du nord-ouest, notamment Bretagne et Normandie, ont connu un déficit* d'ensoleillement marqué depuis début août, dépassant parfois les 30 %. Ainsi, à Brest, le soleil n'a-t-il brillé que 69 heures du 1er au 18, soit une moyenne d'à peine 4 heures par jour alors qu'il s'était manifesté 11 heures par jour sur la même période en juillet ! Même constat à Dinard qui s'inscrivait en tête des villes de France les plus ensoleillées il y a un mois (12 heures 30 de soleil quotidiens du 1er au 18 juillet) et qui a dû se contenter de 79 heures seulement depuis début août (soit 4 heures 30 par jour). À l'opposé, le soleil n'a pas chômé près de la Grande Bleue, la palme revenant à la ville d'Ajaccio avec 216 heures, soit 12 heures par jour !

Durée d'ensoleillement en France entre le 1er et le 18 août 2019

Le déficit pluviométrique s'aggrave dans le Sud-Est !

Période traditionnellement sèche en Méditerranée, l'été 2019 le fut plus que d'habitude sauf en Roussillon et Corse. Il pourrait même s'avérer localement l'été le plus sec jamais observé si des précipitations significatives n'interviennent pas avant la fin du mois. C'est le cas notamment à Montpellier qui a recueilli seulement 14 millimètres depuis le 1er juin (déficit** proche de 80%), pouvant donc potentiellement battre le record de plus faible pluviométrie pour la saison estivale (juin-juillet-août) qui est de 20 millimètres en 2006. Sur ces mêmes régions, soit entre le Languedoc et l'ouest Provence, on observe également un déficit** important depuis le début de l'année 2019, dépassant parfois les 60 %. Certaines stations connaissent d'ailleurs un record de faible pluviométrie sur la période du 1er janvier au 18 août :

Villes
(département)

Pluie du 01/01 au 18/08/2019
(en mm)

Précédent record depuis 1945
(en mm, année)

Béziers (34)

98,2

146,0 (1998)

Cap Cépet (83)

99,9

102,6 (2005)

Sète (34)

116,5

118,6 (1995)

Nîmes-Garons (34)

142,1

147,2 (1967)

Nîmes-Courbessac (34)

161,8

178,2 (2005)

Avignon (84)

183,1

188,6 (2004)


À signaler que la station de Marseille (Marignane) est la plus sèche en 2019 avec seulement 94 millimètres à la date du 18 août mais cela ne constitue pas un record étant devancé par 1967 avec 86 millimètres.

* : moyennes climatologiques de l'ensoleillement calculées sur la période 1991-2010
** : moyennes climatologiques de la pluviométrie calculées sur la période 1981-2010

Actualité par Météo-France