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Miguel : seulement 2% des tempêtes se produisent en été

13/06/2019

La tempête Miguel a touché la France vendredi 7 juin notamment le littoral atlantique et les îles charentaises avec des rafales jusqu'à 129 km/h. Un phénomène exceptionnel à cette période de l'année.

Une tempête exceptionnelle à cette période de l'année

Miguel est une tempête modérée par sa durée et son intensité (au vu de son indice SSIs) : elle a duré de 6 heures et a concerné 2,4 % du territoire métropolitain avec des rafales ayant dépassé les100 km/h. Elle est toutefois exceptionnelle pour un mois de juin.

Seuls 2 % des évènements se produisent en saison estivale (juin, juillet et août), selon les données Météo-France depuis 1980. 

La période la plus propice aux tempêtes en France se situe entre octobre et mars. À cette période de l'année, le courant-jet d'altitude sur l'Atlantique Nord (ou « rail des perturbations » dans lequel se développent les dépressions tempétueuses) est en moyenne plus puissant et plus proche des côtes européennes. Observer une tempête comme Miguel en juin est bien plus rare, car le courant-jet est généralement plus faible et ondule plus au nord, avec des contrastes thermiques nord-sud moins marqués qu'en hiver sur l'Atlantique et des hautes pressions subtropicales qui remontent davantage sur le sud de l'Europe.

 

Tempête estivale : des précédents

_ Le 7 juin 1987 le Sud de la France est touché par des vents tempétueux (126 km/h à Biscarrosse et 122 km/h au Cap-Ferret). Ce fort coup de vent, à la différence de Miguel, était dû en partie à une ligne de grains dans une situation orageuse. 

Il faut remonter bien au-delà de 1980 pour trouver des épisodes comparables à la tempête Miguel.

– Le 6 juillet 1969 : une tempête frappe la moitié nord, surtout la Bretagne, la Normandie puis région parisienne. 

– Le 26 juin 1958 : elle avait une trajectoire plus au sud.

– Le 16 juin 1965 : tempête sur la moitié nord du pays, Île-de-France incluse.

 

 

Des rafales jusqu'à 130 km/h

Les régions les plus touchées par Miguel ont été la Bretagne, les Pays-de-la-Loire, le Poitou-Charentes et le Centre. Les départements de l'Ille-et-Vilaine, la Mayenne, la Loire-Atlantique, les Côtes d'Armor, la Charente-Maritime et l'Indre ont été touchés par les rafales les plus violentes entre 125 et 130 km/h. Des records mensuels de vent ont ainsi été battus.

Estimation des rafales maximales de la tempête Miguel

On a relevé :

  • 129 km/h à l'Île d'Yeu (85) (un record pour un mois de juin depuis 1981) et à la Pointe de Chemoulin (Saint-Nazaire, 44) ;

  • 127 km/h à Ploumanach (Perros-Guirec, 22), record pour un mois de juin depuis mai 1997 ;

  • 124 km/h à Chassiron (Saint-Denis-d'Oléron, 17) ;

  • 123 km/h au cap de la Hève (Sainte-Adresse, 76) ;

  • 122 km/h à Arbrissel (35), record pour un mois de juin depuis juin 2003 ;

  • 120 km/h à Pommerit-Jaudy (22), record pour un mois de juin depuis août 1988 ;

  • 119 km/h à l'Île de Groix (56) et au cap Gris-Nez (Audinghen, 62) ;

  • 118 km/h à Lannion (22), record pour un mois de juin depuis novembre 1993 ;

  • 117 km/h au cap Ferret (33) et Longueville (50, record pour un mois de juin depuis juillet 2008);

  • 116 km/h à Ernée (53), record pour un mois de juin depuis février 1996 ;

  • 111 km/h à Lons-le-Saunier (39), record pour un mois de juin depuis avril 1988.

Comment expliquer cette situation ?

Tempête Miguel : analyse à 500 hPa du jeudi 6 juin 12 h UTC

Le jeudi 6 juin 2019 à 12 UTC la situation perturbée qui s'installe s'explique par la présence d'une forte anomalie de bas géopotentiel sur le proche Atlantique (de l'Irlande au large de la Corogne) associée à des masses d'air plus fraîches que la normale, contrastant avec l'air chaud présent plus au sud au large du Maroc.

Cette zone à fort tourbillon de grande échelle avec contraste thermique marqué participe à un net renforcement du courant-jet au nord-ouest de l'Espagne (environ 200 km/h à 12 km d'altitude ce jeudi), propice au creusement d'une dépression marquée peu commune en juin.

En savoir plus

Pour bien prévoir et caractériser les tempêtes, suite à la tempête Xynthia en 2010, Météo-France a lancé un vaste programme d'étude climatologique sur les tempêtes. En a résulté en 2017 le site dédié http://tempetes.meteofrance.fr en libre accès. Il s'agit d'une base de données inédite sur les tempêtes, qui comptent parmi les événements extrêmes aux conséquences les plus dramatiques en métropole.

 

 

Actualité par Météo-France