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Mi-mai : on attend encore un signe de l'été

17/05/2019

La première quinzaine de mai nous a offert des visages très différents avec une alternance équitable entre des journées parfois maussades et pluvieuses et d'autres très ensoleillées. Le dénominateur commun de cette période fut la fraîcheur assez récurrente et qui a parfois revêtu un caractère exceptionnel. Ce fut le cas de la nuit du 5 au 6 mai (la plus froide depuis 40 ans) qui connut de nombreuses gelées ou encore le 15 mai avec de nouveaux records de froid et des chutes de neige à basse altitude en Corse. Si Toulouse a connu un peu tardivement son premier jour de chaleur1 le 10 mai, ce fut de justesse avec 25,1°C et ne s'est pas reproduit depuis. À l'échelle nationale, cela se traduit par un déficit thermique2 assez notable sur les 16 premiers jours de mai (de l'ordre de 1,7 degré en température moyenne mais plus marqué sur les minimales -2,0 degrés que sur les maximales -1,4 degré) qui tranche avec la tendance observée depuis avril 2018.

Ecart à la moyenne mensuelle de l'indicateur de température moyenne sur la France entre janvier 2018 et mai 2019 
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Plus de gelées que de chaleur

Le nombre de jours de gelée n'a en général pas dépassé 1 ou 2 jours en plaine mais les gelées ont concerné de nombreuses stations et parfois des villes inhabituelles (comme Auch qui a connu sa première gelée pour un mois de mai ou Brest qui en a connu deux, ce qui n'était jamais arrivé en mai). Certaines stations, réputées pour connaître des minimales froides, ont eu un nombre de jours de gelée significativement plus important comme Mourmelon (dans la Marne, station ouverte en 2004) avec 6 jours, ce qui n'était jamais arrivé en mai (précédent record 4 jours en 2011). Inversement, le seuil de chaleur1 n'a été dépassé que dans de rares villes méridionales comme Toulouse déjà citée, Nice, Dax ou Auch. La palme de la chaleur revient non pas à Cannes (26,6 °C le 11 mai) mais au Luc-en-Provence (27,5 °C le 10 mai). De nombreuses villes n'ont même pas atteint le seuil des 20 °C comme Lille, Alençon, Tours, Orléans, Reims, Nancy, Dijon, Besançon ou Paris-Montsouris (maximale de 19,7 °C le 1er mai, cela n'est arrivé que 4 fois sur les 60 dernières années, en 2019, 2010, 1991 et 1977). À signaler que la chaleur a parfois pris des chemins de traverse comme le 15 mai où l'on atteint 25,3 °C en Ecosse dans la petite ville d'Aviemore.

Des pluies très hétérogènes

Le nombre de jours de pluie est resté assez limité sur la période, mais avec localement des quantités importantes. Ce fut le cas par exemple en région parisienne du 10 au 11 mai où l'on a battu un record de précipitations en 24 heures à la station d'Orly (91). Le total pluviométrique y atteint 90 mm3 du 1er au 16 mai, du jamais vu sur cette période (précédent record 71 mm en 2009, début des mesures en 1946). Au sud, les précipitations ont souvent été déficitaires, mais les pluies attendues cette fin de semaine vont remettre en cause cette première tendance. La Haute-Corse, suite notamment aux précipitations du 15 mai, connaît néanmoins une pluviométrie très excédentaire, parfois 2 à 4 fois la normale4, comme à l'Île Rousse avec 46 mm, Pietralba (510 m d'altitude) avec 92 mm (presque 4 fois la normale), Calvi avec 57 mm ou Corte avec 53 mm. Ces cumuls sont amenés à augmenter encore significativement ces prochains jours.

 Rapport à la moyenne mensuelle des cumuls de précipitations en France du 1er au 16 mai 2019
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Un ensoleillement malgré tout correct

Grâce à des séquences bien ensoleillées, la durée d'ensoleillement a souvent dépassé la normale climatologique5, parfois de façon significative, avec des excédents de 20 à 30 % près des côtes de la Manche et de la mer du Nord ou près des Pyrénées. On note localement quelques déficits dans l'Est ou en Corse. Sur la période du 1er au 16 mai, on a enregistré plus de soleil sur les côtes de la Manche (131 h au Touquet et Cherbourg, 128 à Dinard, 126 à Caen, 121 à Saint-Brieuc) qu'à Bastia (111 h).Si l'on s'intéresse à l'ensoleillement depuis le 1er mars (début du printemps météorologique), c'est par contre l'ensemble du pays qui connaît un ensoleillement excédentaire, les plus forts excédents se situant dans l'ouest (+32 % à Saint-Brieuc avec 480 h de soleil du 1er mars au 16 mai, ce qui place 2019 en 4e position sur ce critère derrière 1990, 1997 et 2011). Même constat à Dinard avec 504 h (+30%). Malgré ces bons scores, sur cette période, les villes méditerranéennes monopolisent naturellement les premières places du classement, la première position revenant à Marseille avec 708 h (2019 en 4e position derrière 1961, 1997 et 1955). Le mistral accompagne souvent les périodes de Grand Bleu en Méditerranée mais cette année, il s'est montré particulièrement fréquent et violent dans la première quinzaine de mai. Ainsi, en Avignon, le mistral a dépassé les 70 km/h à 7 reprises avec à deux reprises des valeurs record (118 km/h le 5 mai puis 126 km/h le 12 mai).

Rapport à la moyenne saisonnière de la durée d'ensoleillement en France du 1er mars au 16 mai 2019 
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1 on parle d'une journée de chaleur lorsque la température maximale du jour est supérieure ou égale à 25 °C

2 écart à la moyenne de l'indicateur national calculé à partir des normales partielles sur la période du 1er au 16 mai

3 1 mm = 1 litre d'eau/m2

4 moyenne de la pluviométrie calculée sur la période 1981-2010

5 moyenne de l'ensoleillement calculée sur la période 1991-2010

Actualité par Météo-France