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Brutale dégradation en fin de journée au fond du golfe de Gascogne

16/04/2019

Au passage d'un front froid puissant sur les côtes atlantiques, les conditions météorologiques se sont soudainement et brutalement dégradées, ce lundi 15 avril, en fin de journée, sur le Pays basque, avec en particulier une baisse rapide de la température, associée à une hausse de la pression atmosphérique, et une rotation des vents à l'ouest-nord-ouest avec des rafales très fortes. Une situation qui peut s'apparenter à une galerne. Les rafales maximales ont été observées sur le sud des Landes avec 108 km/h à Messanges et 102 km/h à Biscarrosse.


Observations à la station de Biarritz-Anglet, le lundi 15 avril 2019, entre 16 h et 20 h (14 h TU et 18 h TU). © Météo-France.
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Galerne : danger le long des côtes cantabriques et basques

Tirant son nom du vent de nord-ouest en breton, la Galerne est une brusque détérioration des conditions atmosphériques le long des Cantabriques, se propageant vers la côte basque puis le long de la chaîne pyrénéenne. Elle a essentiellement lieu entre Santander et Pau et s'étend sur une soixantaine de kilomètres vers le large. Elle est due à la configuration particulière du littoral : la chaîne des Cantabriques se prolongeant par les Pyrénées constitue en effet une barrière montagneuse continue de près de 1 000 km d'ouest en est qui longe le fond du golfe de Gascogne. Dans une circulation météorologique propice, il s'y produit des perturbations de basses couches, piégées le long de la barrière littorale et par une circulation stable à des altitudes plus élevées. Un dipôle de basses et hautes pressions se crée alors et un vent d'ouest fort, se dirigeant littéralement des hautes vers les basses pressions, se propage le long de la côte espagnole, puis le long des Pyrénées. Ce modèle de perturbations piégées au littoral, que les modèles numériques appréhendent de mieux en mieux, se décline en de nombreuses régions du monde, telles que la côte sud-est de l'Australie, la côte californienne ou la côte catalane et y fait l'objet d'études régionales.

En effet, c'est un phénomène de petite échelle spatiale et temporelle et qui, de par des conditions de mer et des conditions atmosphériques soudainement dégradées à proximité du rivage, constitue un réel danger pour les activités maritimes.

Il faut distinguer ce modèle de galerne, qui se produit loin des perturbations de grande échelle, de la galerne frontale, associée, elle, au passage d'un front froid.

15 avril 2019 : une galerne frontale

Ce lundi 15 avril 2019, il s'agissait justement d'une galerne frontale, à savoir une aggravation des conditions atmosphériques au passage d'un front instable, exacerbée par la géographie particulière du fond de golfe de Gascogne.

Alors qu'un vaste front froid progressait à la mi-journée en entrée du golfe de Gascogne, les orages ont commencé à se multiplier dans le nord-ouest de l'Espagne. À l'avant, sur le Pays basque et le Béarn, les températures ont grimpé nettement dans un régime d'est à sud-est. Malgré un voile nuageux épais, les températures ont atteint les 25 °C en de multiples stations, entre San Sebastian et Pau.

En cours d'après-midi, le changement brusque des conditions atmosphériques a lieu à Santander vers 14-15 h (baisse de 9 °C, rafales à 70 km/h)  puis se propage vers la côte basque. Le coup de galerne se produit à 18 h sur la côte basque française (voir l'illustration ci-dessus – rafales à 87 km/h), puis entre 19 et 20 h à Pau (baisse de 6 °C, rafales à 82 km/h). Ce coup de galerne a été accompagné de bonnes pluies (en 3 heures, 13mm à Santander ou Biarritz, 10mm à Pau).

Actualité par Météo-France